Les Dernières Nouvelles du Jazz


Mardi 4 septembre 2012 2 04 /09 /Sep /2012 07:26

 

En ces temps de rentrée, deux disques sortent à quelques jours d’intervalles, avec aux baguettes notre génial et helvétique batteur. Deux albums aux esthétiques totalement différentes et deux occasions d’y entendre le drive toujours incroyable de Daniel Humair.

 

 

NICOLAS FOLMER & DANIEL HUMAIR PROJECT : «  Light s»

Nicolas Folmer (tp), Alfio Origlio (p), Daniel Humair (dm), Laurent vernerey (cb)

Cristal Records 2012

 folmer-humair.jpg

 

Avec le trompettiste Nicolas Folmer ( l’album est sous son nom) , l’association née au travers de plusieurs concerts donnés au Duc des Lombards est assez surprenante. L’esthétique des deux musiciens est en effet assez éloignée l’une de l’autre même si au final il y a le goût du jazz et du swing comme commun dénominateur. Chacun y joue alors sur son propre terrain. Chacun dans une logique qui pourrait être propre au contraste fécond. En liaison des deux, un (trop rare) Alfio  Origlio remarquable y assume un rôle de pianiste de transition. Les compositions, apportées essentiellement par Folmer et Humair sont tirées de leurs précédents répertoires. C’est dire que cette rencontre n’a pas donné lieu à la création ex-nihilo d’un projet, ce qui, en soit est tout de même un peu dommage.

Cette rencontre-là qui suppose beaucoup d’écoute de la part de chacun des protagonistes, nous laisse un peu sur notre faim même si l’on sent bien que le quartet pourrait fusionner dans de beaux moments de groove ( sur Attrape-moi si tu peux, thème composé par Folmer pour un précédent album, où l’on sent que la machine pourrait bien s’envoler et nous embarquer).

Mais l’ensemble donne quand même l’impression d’une union un peu contre-nature de deux grands musiciens  chacun soucieux de définir avec beaucoup de respect pour l’autre un espace musical qu’ils doivent partager pour les besoins de la cause.

Sans chercher à surprendre, l’album reste agréable mais semble néanmoins très encadré sans jamais réellement sortir d’une sorte de round d’observation.

 

 

 

DANIEL HUMAIR QUARTET : «  Sweet & sour »

Emile Parisien (ss, ts), Vincent Peirani (acc), Jérôme Regard (cb), Daniel Humair (dm)

 daniel-humair-quartet.jpg

Rien d’équivalent en revanche avec le premier album du batteur pour le label Laborie Jazz.

Pour le coup marqué d’un vrai projet musical, d’une rencontre explosive entre 4 musiciens de très grand talent et surtout d’une énergie partagée que l’on sent capable de dynamiter toutes les frontières. Là où nous restions sur des sentiers très battus dans l’album du trompettiste nous sommes ici dans le large champ des possibles. Là où tout peut arriver. Où le blues prend des allures de free dans un esprit mutin que ne dédaignerait pas Ornette Coleman ( Care 4, Shubertauster). C’est foisonnant. L’invention est au bout de chaque note. Sous le drumming énergique et éblouissant de Daniel Humair et la pulse de Jérôme Regard, ça fourmille, ça change de rythme, ça accélère, ça ralentit comme sur des montagnes russes. Et les manèges ici enchantés (7A3) emportent le tourbillon et se dérèglent gentiment.

Emile Parisien, que l’on a le plaisir d’entendre aussi au ténor, crée avec Vincent Peirani   un véritable son et un univers à nul autre pareil. L’association soprano /accordéon est un coup de génie. La musique vit, vibre, vibrione d’une force tellurique irrésistible. Emile Parisien reste celui que l’on connait, torrentiel et fougueux, soucieux d’exploser les lignes. Il trouve en Vincent Peirani une réplique formidable. Rarement d’autres accordéonistes ont manié la science de l’improvisation avec autant d’esprit « free » dans le geste autant que dans l’intention, avec une science rare de l’harmonie « jazz ».

La rythmique est exceptionnelle. Là encore Humair, sensationnel. Au sens propre du terme. Au sens de celui qui éveille le sens par son drumming riche et toujours varié, jamais encadré, totalement libre. Il trouve avec Jérôme Regard  un partenaire à l’écoute. Il faut l’entendre sur un thème comme Schubertauster où le blues palpite, où le beat lent s’accélère.

Ce groupe qui avait fait le bonheur des spectateurs du Paris Jazz festival à Vincennes durant l’été (http://www.lesdnj.com/article-la-belle-ouverture-de-daniel-humair-106681107.html) nous revient avec cet album qui marque assurément la rentrée musicale. Ceux qui étaient au Parc Floral retrouverons assurément le charme et l’intensité de cette musique étonnante où l’invention le dispute à l’inventivité et où 4 grands musiciens, génies de l’improvisation se jettent à corps perdus dans la musique en général  et le jazz en particulier avec le même souci de cohérence. Jubilatoire

 

Jean-Marc Gelin

 

http://jazz.abeillemusique.com/CD/Jazz-Blues/LJ19/0810473014158/Laborie-Jazz/Daniel-Humair-Quartet/Sweet--Sour/cleart-61823.html

Voir les 2 commentaires
Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Recevoir les dnj

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés