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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 23:06

 

TZADIK 2012

Guillaume Perret (sax), Philippe Bussonet (b), Yoann Serra (dm), Jim Grandcamp (g), Mederic Collignon (cnt, vc), Sir Alice (vc)

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 Voilà bien un OVNI qui surgit sur la scène du jazz hexagonal ! Enfin pas si hexagonal que cela puisque, pour son premier album, ce jeune saxophoniste de 32 ans à peine est pris sous son aile par le label Tzadik, rien moins que le label de John Zorn. Excusez du peu ! Et lorsque l'on sait le niveau d'exigence du génial New-yorkais, on ne s'étonne pas de ce qui va suivre. Car, ny allons pas par quatre chemin cet album est un véritable choc au plexus !

Guillaume Perret a a déjà eu, malgré son jeune âge loccasion de multiplier les collaborations en tous genre ( Le Bocal, Miles Okasaki et Damion Reid, Sangoma Everett, Linley Marthe, Falvio Boltro etc...) ainsi que les expériences transfrontalières à travers le monde. Et son premier album est le fruit dun travail de près de deux ans quil a eu loccasion de peaufiner au cours de multiples résidences.

L'esthétique relève ici bien sûr de l'univers zornien, notamment celui de Painkiller ou de Nirvana, dont Guillaume Perret se garde bien pour autant de n'en livrer qu'une caricature. Le saxophoniste nous bouscule, nous convoque au choc esthétique sur le registre fantasmatique des fables antiques. On est dans une mythologie imaginaire, un voyage d'Ulysse revisité. Emotions terrifiantes sorties dont on ne sait quel enfer. Guillaume Perret n'hésite pas et taille dans les chairs. Et si les avant-propos peuvent sembler légers (voire l'intro de Kakoum) c'est oublier qu'une forme de démence est prête a surgir et à disparaitre aussitôt, laissant l'auditeur totalement désarçonné.

Des arrangements à couper le souffle mettent en évidence la force de ce groupe concentré avec intelligence sur l'expressivité de la musique, sur sa théâtralité. Chacun porte une part de la dramaturgie. Et l'on serait bien en peine de parler de chacun des musiciens isolement tant l'oeuvre est collective.

A la différence de Zorn, Guillaume Perret ajoute au jazz et à l'heavy metal, un composante techno (Lego) qui apporte aussi une autre forme de modernité hallucinée. On peut être un peu agacés par Ethiopic Vertigo,sorte de référence acculturèe aux ethiopiques devenant une sorte de tarte à la crème dans le jazz actuel. Mais lorsque Guillaume Perret revient à ses fondamentaux (Circé, Thème pour le rivage des morts, Massacra),  on reste scotchés par l'assimilation des codes zorniens et par cette capacité du groupe "Electric Epic" à créer un imaginaire et à construire une scène presque sensorielle.

7 titres seulement pour un album d'une densité exceptionnelle. Rentrer dans cet expérience unique est en soit une aventure aux émotions palpables. Un choc absolu garanti.

Jean-Marc Gelin 

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Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
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commentaires

chris charpenel 02/08/2012


Jean Marc, c'est super écrit: c'est tellement vrai. Un choc tellurique lorsque je les ai vu au Jazzmix de Jazz à Vienne... Enormissime :)