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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 08:58

 

Naim Jazz 2012

Jim Barr (b), Clive deamer ( dm), Pete Judge (t), Jacke McMurchie (saxs), Tobert Wyatt (vc sur un titre), Adrian Utley (g), clair Hiles (p), Richard Barnard ( p.arr)

 

 

 

Get The Blessing, le groupe anglais de Bristol commence à se faire un nom dans l’univers du jazz. On en parle comme l’un des emblèmes du jazz d’Albion qui serait révélateur d’un certain savoir-faire de cette musique d’Outre Manche puisant ses ingrédients dans le jazz, le rock ou le pop climax. On en parle donc beaucoup, à tort ou à raison et l’on admettra qu’il y a certainement matière à débat. Et le marketing un peu lourd et franchement agaçant n’y est pas pour rien qui martèle le nom du groupe comme l’émanation de Clive Deamer et Jim Barr respectivement batteur et bassiste du groupe mythique de trip hop, Portishead. Ce qui serait censé donner l’onction sacrée, gage d’une modernité dans le monde du jazz.
On pourrait ainsi s’arrêter à cet argument de vente si l’on oubliait qu’au-delà de cette figure imposée elle révèle une réalité :  force est de constater en effet que ces deux-là son bel et ben la pièce maîtresse de ce groupe qui portent sur le plan rythmique un son nouveau, un peu inattendu sur la scène du jazz.  Deamer et Barr sont bien la pierre angulaire sur laquelle se construit une nouvelle esthétique post-rock-jazzy.

On a parfois le sentiment que cette recherche esthétique, voire un peu esthétisante, traduit une certaine linéarité dans les compositions et dans le jeu voire une certaine monotonie à l’écoute. Et ce n’est pas forcément la voix de Robert Wyatt sur American Mecano qui viendra rompre cette langueur qui pourrait s’en dégager lorsque l’on porte une attention distraite à l’album. En revanche une écoute plus attentive révèle des petits bijoux comme cet Adagio in Wot Minorou Torque ou encore le titre éponyme, OCDC qui nous fait entrer dans l’esthétique du groupe pop de Bristol. Écouter sur ce titre par exemple le gros travail de Jim Barr à la basse. On y entend aussi quelques influences des Ethiopiques sur Pentopia, références un peu tarte à la crème des nouveaux groupes de rock-jazz depuis que Jim Jarmush s’était fait le porte voix de Mulatu Astatke dans « Broken flower ».

D’accord aussi pour admettre que cela manque parfois de fond de jeu et ceux qui s’attendraient à des prouesses de solistes chorusant comme des dieux en seront pour leur frais.

Mais admettons que ce jeune groupe ouvre des voies, des portes séduisantes pour un jazz en mouvement.

D’abord un peu sceptique, croyant à un groupe un peu surfait tel que je l’avais préjugé, je suis petit à petit entré dans l’univers de Get The Blessing jusqu’à finalement être totalement convaincu. Peut être manque t-il simplement à ce groupe un peu d’esprit « jazz » dans le lâcher prise pour qu’au delà de l’esthétique il puisse s’ouvrir largement les portes du live.

C’est ce que nous verrons le 4 mai au Sunset. Pour ma part j’en serai avec les oreilles esbaudies de celui qui a véritablement le sentiment de découvrir. Ce qui en soi est déjà fondamental.

Jean-Marc Gelin

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 Retrouvez la précédente chronique de Bugs in Amber

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