Les Dernières Nouvelles du Jazz
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Live at the Rome Auditorium
ECM 2012
Que le trompettiste prête la voix de sa trompette à cet exercice concocté par PM Jazz Lab (big band) montre bien toute sa générosité. Car force est de constater que seules chacune de ses interventions vient sérieusement élever un niveau dans l'ensemble bien faiblard. En partant de Michael Jackson pour l'essentiel et des arrangements qui lui sont proposés, le trompettiste "romain" parvient à inscrire ce patrimoine de la pop dans une vrai culture du jazz. Et sauve par là même les meubles.
Car justement, ce ne sont pas ces arrangements qui y sont pour grand chose tant ils s’ y montrent poussifs et lourds. On croirait un exercice de style donné comme sujet de devoir à des élèves de dernière année de conservatoire. Rien de catastrophique (quoique) mais certainement pas de quoi justifier d’en faire un album à le vente et sortir ces bandes des placards où ils auraient dû rester.
On pourrait faire l’inventaire à la Prevert. Prendre ce Thriller par exemple, où une fois l'intervention de Rava finie, on a la fâcheuse impression que le groupe ne sait pas quoi faire de ce matériau. Ça se termine en eau de boudin simplement parce que le groupe n’a pas d’idées de développement. Un peu comme si le simple fait d’avoir Rava avec soi justifiait tout. Idem pour They don't care about us qui commence façon reggae kitschissime et se termine en rock lourd-lourd. Rythmique très moche sur Privacy. Puis un smile qui tombe là comme un cheveu sur la soupe ! Un smooth criminal comme sorti d'un balloche du samedi soir. Mais qu'est venu faire Rava dans cette galère !
De ce big band aucun musicien ne parvient réellement à sortir du lot et l'on se demande bien pourquoi ECM a voulu mettre ce live enregistré à Rome en novembre 2011 à son catalogue. Il y avait pourtant dans le nom de Jazz Lab, quelque chose promis à l’invention, à la création. Ce laboratoire-là ne fait pourtant que (mal) ressasser de très vieilles recettes
Il faut pourtant aller jusqu'au bout de cet album sans idée et sans réelle énergie, aller jusqu'a ce blood on the dance floor et boire la coupe jusqu'a la lie en se disant qu'il y a des batteurs a qui il serait salutaire ( dans le sens « salut public ») de trouver d'autres hobbies que la musique. Et enchaîner sur un history arrangé façon fanfare et auquel, a l'extrême rigueur on pourrait trouver une pointe d'humour décalé. À l’extrême rigueur.
Jean-Marc Gelin
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