Les Dernières Nouvelles du Jazz


Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 16:21

JJJJ Louis Armstrong : « rétrospective 1923/- 1956 »

Saga 2007

(1901-1971)

armstrong.jpg  Un petit bijou que l’on regrette de ne pas vous avoir conseillé avant les fêtes. Bien sûr les spécialistes ne trouveront aucun inédit, aucune perle inconnue sur lesquelles se ruer. Et pourtant, grâce à une sélection judicieuse sur une période assez large qui démarre logiquement avez King Oliver (1923) et s’achève en 1955 avec un morceau qui clôturait un concert donné en Espagne avec Trummy Young ou Edmond Hall les instigateurs de ce bel ouvrage nous proposent en trois volumes un remarquable parcours en pays Pops.

Qui n’a pas entendu le contre chant de Louis Armstrong derrière Bessie Smith sur Saint Louis Blues en 1925 n’a rien entendu. Oui derrière la trompette de Louis il n’ y a pas que la rage de vivre, il u a l’érotisme de la morsure à pleine dent. C’est chaud bouillant et c’est pas plus tard les enveloppements dans le manteau de Johnny Dodds qui vont vous rafraîchir. Ça non ! Il y en a qui prétendent que la qualité des très grands musiciens de jazz tient aussi de ceux dont ils s’entouraient. Ben on peut pas vraiment leur donner tort lorsque l’on entend cette formation exceptionnelle que constituait le Hot Five puis le Hot Seven. Comme in dit aujourd’hui : ça joue grave mon pote ! Replongez vous dans le fameux Potato head Blues. Pas un seul aujourd’hui qui arrive  jouer comme ça. Même maintenant. Epoustoufflant ! Ou encore ce West end Blues avec Earl Hines les deux rivalisant d’ingéniosité dans l’improvisation après une intro que personne, ni Armstrong lui-même ne parviendront à reproduire. Un morceau qui pour beaucoup reste encore aujourd’hui la quintessence du jazz.

Il est émouvant aussi d’entendre Lionel Hampton alors batteur dans le groupe Sebastian new Cotton Club orchestra, faire à la demande du trompettiste ses premières armes de vibraphoniste sur Memories of you. Cette version de Stardust si émouvante ou encore cette énergie incroyable avec laquelle Stachmo enchaîne sur Swing That music pas moins de 17 contre ut (piano). Et d’entendre avec quelle simplicité Louis interprète Nobody nows the trouble I’ve seen en 1938 avec une chorale de Gospel, j’en ai encore le frisson qui me parcours de haut en bas.

Travail remarquable et surtout travail de grande qualité qu’il s’agisse du remastering et du nettoyage absolument remarquable des bandes. Qualité du support aussi avec un très beau fonds documentaire au niveau du crédit photographique mais aussi et c’est assez rare dans ce genre de travail, des liner signées Daniel Nevers qui présentent le coffret mais aussi commentent et éclairent chacun des 63 morceaux de ce beau coffret. On regrettera simplement que dans ces liners, Daniel Nevers semble enterrer la période créative de Louis à 1930 soit quelques temps après la disparition des Hot Five. Les deux derniers volumes de ce coffret illustrent à quel point Armstrong ne cessa toute sa vie durant d’insuffler au jazz son génie que l’on se plaît à écouter comme des monuments toujours insurpassables aujourd’hui.                                                                                      Jean-Marc Gelin

 

Voir les 1 commentaires
Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Recevoir les dnj

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés