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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 07:52

Bill Evans (piano), Eddie Gomez (contrebasse), Jack DeJohnette (batterie)

Villingen (Allemagne), 20 juin 1968

Resonance Records HCD-2019 / Socadisc

Franchement..... C'est l'été, il fait beau et chaud et même si les soirées raccourcissent, je vous imagine bien là, buvant un dernier verre sur votre terrasse, un cigare à la main, la tête dans les étoiles, écoutant cet album de Bill Evans dont Xavier Prevost se faisait l'écho dans ces colonnes il y a quelques semaines .

Seul enregistrement en studio de ce trio qui a marqué l'histoire du jazz par le célèbre album de Montreux, "Some Other Time "tutoie les sommets dans l'art du pianiste. Bill Evans semble ici encore plus relâché que jamais, maître dans l'art de la phrase bondissante, rebondissante, maître dans l'expression du swing harmonique, de la conduite de la mélodie hors de ses sentiers battus. Bill Evans fait danser son piano. Et même si l'on peut regretter comme le souligne Xavier, que la prise de son éloigne ( voire efface) Jack De Johnette, reste que cette relecture de ces standards est une véritable montée au ciel.

Un double CD a prendre absolument pour enchanter vos nuits d'été et regonfler à bloc votre amour du jazz.

Voilà, c'est juste un soupir d'amour que je partage avec vous. Pour le reste, je vous renvoie à l'excellent article de Xavier et à l'écoute lascive de Bill Evans.

Bises et bel été !

Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 12:05
JAZZ FOR KIDS

Jazz For Kids

L’autre Distribution

Manu Hermia (saxophones et flûtes), Sam Gerstmans (contrebasse), Pascal Mohy ( piano) 1er CD d’une série qui paraîtra sous le nouveau label KIDS AVATAR

En précommande sur itunes dès le 1er juillet et sur toutes les plateformes via Believe à partir du 22 juillet

www.manuel-hermia.com

www.tetesdejazz.eu

Excellent saxophoniste et flûtiste, coltranien dans l’âme, qui délivre un jazz « free », engagé dans son époque comme le prouve son dernier opus avec le même trio Austerity and…What About Rage ? ( label Igloo), Manu Hermia n’est pas un inconnu pour moi. Je l’avais retrouvé au Belgian Jazz Meeting en 2011, en trio avec Manolo Cabras (cb) et Joao Lobo (dms) mais la première rencontre remonte au Flemish Jazz Meeting, toujours in Bruges en 2007, et à Avignon avec la formidable opération Le jazz perd le nord, montée conjointement par l’AJMI avec le Théâtre des Doms enclave belge au sein de la cité papale, dans un programme raga, libertaire et métissé, Rajazz en 2007.

Le projet au cœur de ce tout nouvel album, n’est pas moins libre : trois jazzmen s’adressent aux enfants et à tous ceux qui ont envie d’aimer le jazz. Des improvisations à partir de standards que connaissent petits et grands, les comptines. Que vous ayez ou non l’âge des kids, le résultat est étonnant et franchement convaincant, des premières notes de « Frère Jacques » jusqu’au final « Bonsoir tout va bien » tendrement mélancolique d’Yves Barbieux. Moi qui ai dépassé la limite depuis longtemps et que ce genre de rengaine ennuie en général, j’ai dû remballer mes préjugés : ces rengaines éculées ont une vie propre et sonnent jazz, si on sait en jouer. Après tout, Coltrane a repris jusqu’au vertige « My favorite things ». En jazz ce n’est pas tant ce que l’on joue mais comment on l’interprète qui fait la différence Ecoutez une petite suite de 3 pièces sur… « Une Souris Verte » dont les qualificatifs pourraient décrire cette musique «Speed», "triste", "libre".

Les arrangements de Manu Hermia nous aident à saisir mélodie et harmonie par tout un dispositif ingénieusement expliqué et dessiné dans la pochette : on reconnaît très vite la mélodie et on peut même la chanter mais les couleurs et les rythmes diffèrent, ce qui donne du goût et d’une saveur nouvelle à ces antiennes même pas viriles, comme aurait soufflé Brassens. Je songe au Sétois car figure en fin d’album une version revigorante d’ « A La Claire Fontaine ».

Lignes de saxophones légères, dessinées avec fluidité, flûte qui chante et danse (« Meunier, Tu dors » ou sur « Une Souris Verte et Triste »), piano élégant, romantiquement evansien, contrebasse soutien efficace et discret du trio, voilà les points forts, ce qui fait tout le charme de ce Jazz for Kids.

Ajoutons que le groupe vient d’animer pour le plus grand bonheur de tous, sur quelques jours les après midis des Têtes de Jazz de l’AJMI, pendant le off du festival d’Avignon. Chaque chanson était prétexte à raconter le jazz au travers d’une histoire ou d’une devinette, à décortiquer ce qu’est l’improvisation. En s’amusant et de façon interactive. Ce qui est essentiel avec les enfants. Réjouissant et ludidactique donc.

Sophie Chambon

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 07:45
@jmgelin
@jmgelin

Steve Coleman (Saxophone alto), Jonathan Finlayson (Trompette), Sean Rickman (Batterie), Anthony Tidd (Basse), Miles Okazaki (Guitare)

C'etait hier soir. Paris. Chaleur de boeuf. Une heure d'attente dans la file qui s'étire sur la rue des petites Ecuries. Les femmes s'éventent avec des flyers et tout le monde prend son mal en patience.

Quelques jours plus tôt, Steve Coleman avait donné un concert privé quelque part dans Paris mais je n'avais malheureusement pas pu y aller.

Steve entre sur scène avec son éternelle casquette à l'envers. Depuis quelques temps déjà il orne le bout de son nez de petites lunettes fines.

Les 5 éléments sont sur scène et démarrent assez mollement le concert. Coleman ne trouve pas vraiment son Son. On se dit que la soirée risque d'être longue dans cette salle bourrée à craquer.

Et puis au 3ème morceau, le déclic se fait et le groupe face à la mollesse de la salle monte d'un cran. Et alors le groove s'installe. Coleman s'enflamme.

Et tout à coup la mathématique savante de Five Elements, ce langage qui lui est propre s'éclaire et emballe tout sur son passage.

Steve Coleman est décidément un grand, un immense. Un qui a révolutionné le langage du jazz.

Une grande et belle soirée au New-Morning où la chaleur se faisait soudainement très très légère.....

JM Gelin

Published by Jean-Marc Gelin - dans Compte-rendus de concerts
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 00:06
JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

Le festival gardois, bien connu pour la qualité sélective de sa programmation, donnait cette année ses trois premières soirées à Vauvert. La soirée du 16 juillet, parrainée par la Spedidam, offrait trois visages et trois générations de la scène hexagonale.

JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

Juilien Touéry (piano), Ivan Gélugne (contrebasse), Julien Loutelier (batterie)

Le quartette d'Émile Parisien était prévu en ouverture à 21h, mais le saxophoniste, qui jouait la veille avec Airelle Besson, Anne Paceo, Vincent Peirani, Thomas Enhco et quelques autres français au festival d'Istanbul, s'est trouvé bloqué en Turquie, dont les aéroports ont fermé suite au coup d'état avorté. C'est donc en trio que ses partenaires ont joué, avec le répertoire du groupe adapté à cette nouvelle configuration. Avec audace, il nous ont fait profiter de leur belle connivence, et après une introduction hardie en forme de paysage sonore, ont exploré quelques voies du trio, depuis l'esprit de Paul Bley dans les années soixante jusqu'aux choix de leur génération. Ce fut vivant, tendu, plein de surprises et d'aspérités, et aussi très lyrique : une belle découvert en somme, qui transforme en bonheur la déception de n'avoir pas eu le groupe au complet.

JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

L'après midi, sous le soleil, les gradins attendent un public qui ne viendra qu'avec la nuit

.

Éric Séva (saxophones baryton & soprano), Daniel Zimmermann (trombone), Bruno Schorp (contrebasse), Matthieu Chazarenc (batterie)

Puis ce fut le groupe « Nomade Sonore » d'Éric Séva : lyrisme également, bâti sur des mélodies mélancoliques dont l'apparente simplicité s'exaltait dans des développements très subtils. Chaleur et émotion étaient au rendez-vous, servies par la belle cohésion de ce groupe très rôdé, saisi au vol d'une tournée d'été de douze dates (privilège rare pour le jazz hexagonal en ces temps de pénurie....). Fougue virtuose, au service de la musicalité, chez les deux souffleurs, avec une mention particulière à Daniel Zimmermann pour son talent à mettre en relief, par ses contrepoints, le discours de son partenaire.

JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

Les Arènes ont leurs secrets au détour des coursives

.

Richard Galliano (accordéon, accordina), Philip Catherine (guitare), Philippe Aerts (contrebasse), Hans Van Oosterhout (batterie)

Et la soirée trouva sa conclusion avec le « New Musette » de Richard Galliano, magnifié par la présence de Philip Catherine. Le guitariste est décidément un orfèvre qui traverse tous les langages du jazz avec une finesse confondante, faisant chanter son instrument dans tous les idiomes. Lui et ses compères du Nord de l'Europe donnaient à l'homme du Sud une réplique impeccable. Beaucoup de valses, des mélodies accrocheuses et sentimentales, jouées sans mièvrerie mais le cœur simple. Le public ne s'y trompait pas, qui fut conquis. Un solo de l'accordéoniste dans son répertoire fétiche (dont Piazzola), un trio sans guitare et un autre sans accordéon apportèrent la touche de diversité qui vint renforcer encore la joie des auditeurs. Et le fête se conclut par La Javanaise, d'abord en impro très libre, puis à la lettre en chant choral de tout l'auditoire. Le festival reprend le 19 juillet à Junas même ( suivre le lien pour le programme : www.jazzajunas.fr ).

Xavier Prévost

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 18:30
aquarelles de Carmen Tercero

aquarelles de Carmen Tercero

La semaine dernière au Parc Floral nous avons la chance d'assister au concert d'Omar Sosa, toujours joyeux et dansant, le plaisir de rencontrer une croqueuse de diamants.

Parmi les spectateurs, une femme que je ne connaissais pas s'amusait à dessiner au pastel les musiciens sur scène.

Lorsque dans les loges je l'ai vue présenter son carnet pour le seul plaisir de la faire dédicacer, j'ai trouvé cela injuste qu'elle vous prive de son fort joli travail et je voulais juste lui rendre un petit hommage, comme ça en passant, en pensant à tous ces amoureux anonymes du jazz.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 17:51
Bobby AVEY : «  Inhuman Wilderness »


Innervoice 2016
Bobby Avey (p), Thomson Kneeland (cb), Jordan Perlson (dms), John O'Gallagher (as)

Le label New-Yorkais Innervoice que vient de fonder le pianiste Marc Copland et sur lequel il a déjà publié son propre album ( « Zenith ») s’enrichit aujourd’hui d’une nouvelle signature avec le tout jeune pianiste Bobby Avey, inconnue ici mais figure montante de la scène de Big Apple.
Fort de son premier prix de composition au fameux concours Thelonious Monk il y a 5 ans, le jeune pianiste multiplie les collaborations avec les stars du jazz de la grande ville comme Miguel Zenon, Rudresh Mahanthappa ou encore Darcy Argue James dont il est l’un des membres du fabuleux big band.
La belle surprise qui nous vient de ce nouvel album est double.
Elle vient d’une part de la découverte de ce pianiste total, engagé, qui doit se situer quelque part entre Cedar Walton et Matthew Shipp dans une veine rythmique basée sur des structures impaires que ne dénierait pas Steve Coleman.
Les compositions qu’il présente sont toutes de très haute volée. Car l’essence même de la musique du pianiste est d’aller chercher au delà des structures mélodiques ou harmoniques , des structures à tiroirs et des atonalités pour tailler dans le vif des motifs rythmiques. Il y a dans sa musique quelque chose de réellement fascinant tant par sa propension à créer un univers hypnotique que par son engagement intégral dans ce qu’il joue. Engagement aussi dans sa force d’expression, entre colère et passion, martelant le groove comme on assène certaine vérités. Comme une forme d’affirmation de son parti pris. Car il y a de cal chez Bobby Avey, l’affirmation d’une ligne musicale à laquelle il se tient. Et ça , nous on aime.

La deuxième surprise de cet album est celle de la découverte du saxophoniste alto John O’Gallagher qui l’accompagne sur 4 titres. Ce saxophoniste est, à 52 ans un des piliers du Smalls, le petit club de New-York. Impérial dans son discours, il s’affiche comme un saxophoniste tranchant, puissant, à la souplesse féline et bourré d’idées musicales dans ses improvisations. De la veine des héros New-Yorkais de cette scène post-free comme Tim Berne dont il semble très proche musicalement. Comment avouons nous pu passer à côté d’un tel musicien !


Voilà quelques jours que cet album tourne en boucle dans mon casque et ne cesse de m’accrocher, comme prisonnier volontaire dans une sorte de toile. Il y a dedans la marque d’un futur grand compositeur qui porte en lui une rare maturité musicale.

A découvrir séance tenante.

Jean-Marc Gelin

PS : en vidéo, le teaser de son travail sur le vaudou et la révolution haïtienne qu’il avait mené avec Miguel Zenon dans l’album « Authority melt on me ».

Bobby Avey

Bobby Avey

Teaser du précédent album avec Miguel Zenon et Ben Monder

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 16:00
CHRISTOPHER ZUAR ORCHESTRA « Musings »

Dave Pietro (saxophones alto & soprano, flûtes), Ben Kono (saxophones alto & soprano, flûte, hautbois, clarinette), Jason Rigby (saxophones ténor & soprano, flûte, clarinette), Lucas Pino (saxophone ténor, clarinette), Brian Landrus (saxophone baryton, clarinette basse), Tony Kadleck, Jon Owens, Mat Jodrell, Matt Hollman (trompettes & bugles), Tim Albright, Matt McDonald, Alan Ferber (trombones), Max Siegel (trombone basse), Pete McCann (guitares), Franck Carlberg (piano, piano électrique), John Hébert (contrebasse & guitare basse), Max Ferber (batterie), Rogiero Boccato (percussions), Jo Lawry (voix), Christopher Zuar (composition, arrangements, direction).

Brooklyn, New York, 4-5 septembre 2014

Sunnyside SSC 1434 / Naïve

Cet ancien trompettiste, qui a choisi la composition et l'orchestration, a été bien formé (New England Conservatory de Boston, Manhattan School of Music de New York) par des Maîtres avérés de l'arrangement de jazz (Bob Brookmeyer, Jim Mc Neely, et le pianiste qui l'accompagne dans cet orchestre, Franck Carlberg, très réputé lui aussi). En publiant le premier disque de son grand orchestre le jour de son 29ème anniversaire, en avril dernier, il signe assurément l'avènement d'un nouveau (grand) talent. Il déploie une science étonnante des couleurs, un grand savoir-faire dans les alliages de timbres, un indiscutable goût pour les surprises qui font surgir l'inouï là où l'on croyait deviner le fil conducteur. Sa maîtrise se préserve du défaut que connaissent parfois les grandes compétences, qui débouchent si l'on n'y prend garde sur le convenu. Rien de tout cela ici. Les thèmes sont longuement développés, métamorphosés, recomposés. Au fil des plages on pense à Gil Evans, Thad Jones-Mel Lewis, ou plus près de nous Maria Schneider. Mais ces analogies n'épuisent pas la réalité de ce que nous écoutons, qui va au-delà de ces souvenirs d'amateur. La première plage, assez classique en apparence, dévoile progressivement ses atouts d'orchestration, avec de courtes relances de solistes pour baliser l'itinéraire. Ensuite une bien nommée Chaconne emprunte plus à l'esprit romantique qu'à la danse baroque, nous entraînant loin de sa source. Dans Vulnerable States le dialogue entre la voix limpide de la chanteuse Jo Lawry et la masse de l'orchestre dévoile des trésors d'expressivité. Les méandres de So Close, Yes So Far Away, nous entraîne d'incertitude en suspens, nous rappelant que la bonne musique se doit de n'être pas prévisible. Les solistes sont de haut vol, dans cet orchestre où de nouveaux talents côtoient des musiciens rompus au métier et aux meilleurs big bands (Alan Ferber, Jon Owens, Tony Adleck....). La seule présence de John Hébert à la basse nous indique que l'on est dans un univers où l'exigence musicale ne se marchande pas. Bref ce compositeur, cet orchestre et ce disque sont à découvrir d'urgence !

Xavier Prévost

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:42
3 minutes pour Comprendre les 50 concepts, styles et musiciens du Jazz

3 minutes pour Comprendre les 50 concepts, styles et musiciens du Jazz
Dave Gelly
Le courrier du Livre - 160 pages - 18 euros

Parler du jazz c’est bien. En parler de manière didactique c’est bien aussi.
Nous sommes donc tout attentifs lorsque nous recevons ce petit ouvrage qui affirme, un poil présomptueusement en titre « 3 minutes pour comprendre les 50 concepts, styles et musiciens de jazz ». Attentifs mais néanmoins passablement dubitatifs. Parce que, certes 3 minutes c’est peu mais c’est aussi très long pour tomber dans tel un monceau de creux.
Parce que pour arriver à nous faire comprendre en express ce qu’est le jazz, l’auteur Dave Gelly, critique de jazz anglais autrefois à The Observer et aussi à la BBC est obligé de tout mélanger et tout confondre avec un enthousiasme qui n’a d’égale que sa naïveté confondante et un parti pris très très aléatoire.
Et le pire c’est qu’ils s’y sont mis à 6 pour sortir ce livre.
Tout cela est allègrement mélangé dans une sorte de pot-pourri indigeste. Les poncifs se bousculent.
Jazz vocal : « plusieurs chanteurs perpétuèrent la tradition du jazz vocal traditionnel , par exemple Grégory Porter et la chanteuse et pianiste canadienne Diana Krall. Bien sûr certains électrons libres comme Bobby Mc Ferrin échappent à toute forme de classification, hormis peut être celle de la virtuosité ».
Un page sur les « trios avec piano : « si le répertoire des trios avec piano moderne peut aller des comédies musicales de Broadway aux grands classiques, leur public apprécie surtout les créations originales et les reprises inventives de standards de la pop » : ??
Tout cela emballé dans un ouvrage fade où si les photos sont bien créditées en fin d’ouvrage, elles ne sont en revanche pas renseignées. Et bien sûr aucun CD pour accompagner la lecture.

Voilà, voilà, tout ça tout ça
Mais je me rends compte que je vous ai pris 1mn à peine pour vous faire comprendre la nullité de cet ouvrage. Je trouve que c’est déjà beaucoup…. trop.
Jean-Marc Gelin

Published by Jean-Marc Gelin - dans Livres - BD
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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 10:37
Tony Hymas joue Léo Ferré

Tony Hymas (piano)
2016. Studio de Meudon. Nato/L’autre distribution

C’est une déjà ancienne histoire d’amour entre Tony Hymas et Léo Ferré. Le pianiste britannique a inscrit à son répertoire peut-être la plus forte des 480 compositions de l’anar-poète « Avec le temps » dès 1997 soit quatre ans après la disparition du chanteur en 1993, le 14 juillet. Il avait alors confié à un confrère : « C’est une magnifique pièce au piano comme la Sonate au clair de lune de Beethoven ». Il va mûrir son interprétation quelque temps avant de l’enregistrer en 2011 avec les Bates Brothers, pour le label fidèle Nato (Blue Door). Avec le producteur Jean Rochard, la collaboration, le compagnonnage serait plus exact, se manifeste depuis plus de trente ans. Aujourd’hui, c’est encore Ferré qui est à l’honneur. Chacun sait que jouer la musique de Léo le magnifique n’est pas sans risques. On se souvient de l’hommage donné par le chanteur Marcel Kanche (« Et vint un mec d’outre-saison ». Cristal 2012) avec un quartet qui respirait toute la force décapante du poète. Ici Tony Hymas est seul face à son piano. Il en joue avec générosité et tendresse pour extraire tout le suc de quinze compositions de Ferré qui sont presqu’autant de tubes inoxydables, C’est extra, Jolie Môme, Le pont Mirabeau (d’après Apollinaire), , Thank you Satan, Les anarchistes, L’amour fou... Impossible de choisir parmi ces titres, le plus simple (et le plus épanouissant) étant de faire confiance à Jean Rochard et de suivre l’ordre retenu d’entrée en scène, de La vie d’artiste (enregistré par Ferré dès 1953) à Est-ce ainsi que les hommes vivent ? (texte d’Aragon). Laissons-nous transporter par cet ouragan de passion.
Jean-Louis Lemarchand

Published by Jean-Louuis Lemarchand - dans Chroniques CD
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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 06:24
Pharoah Sanders au New Morning

Pharoah Sanders au New Morning
12 juillet. New Morning (75010)
Pharoah Sanders (Saxophone ténor), William Henderson (Piano), Oli Hayhurst (Basse), Gene Calderazzo (Batterie).
Un confrère, de toute confiance, m’avait mis en garde. Il avait gardé un exécrable souvenir de son dernier concert au festival de Coutances au printemps 2015 : présence minimum sur scène et implication modeste qui avaient conduit les organisateurs à publier (une Première dans la vie des festivals) un communiqué d’excuses auprès des spectateurs. Le même confrère avait donc « séché » sa prestation au récent North Sea Festival et préféré ce mardi 12 juillet rester sur son canapé. C’était donc avec une certaine appréhension que je prenais le chemin du New Morning pour écouter et voir Farrell, alias Pharoah, Sanders. Surprise, le club de la rue des Petites Ecuries était comble, comme aux plus belles heures des Jamal, Jones (Elvin, Hank) et autres Barretto. Serait-ce par défaut, me disais-je, le géant Rollins n’étant plus en mesure de se produire sur scène. On sait l’attrait du public pour les « légendes » surtout chevronnées, le natif de Little Rock approchant les 76 ans. Et de fait les spectateurs représentaient toutes les générations, ceux qui avaient entendu Coltrane en concert et beaucoup de jeunes y compris des teenagers et même des bambins du primaire. Le temps que ces quelque 250-300 fans s’installent, le groupe fait son entrée, y compris le leader qui ne laisse pas ses comparses du trio « chauffer » la salle. De bon augure. Pharoah a délaissé sa chasuble africaine pour un t-shirt immaculé et se lance d’entrée de jeu. Il met le public dans sa poche en l’engageant à frapper dans ses mains. C’est bien entendu à contretemps. Qu’importe, le courant passe et certains en profitent pour grimper sur des chaises et ne pas rater une expression du saxophoniste ténor. Il est un peu courbé et n’affiche plus cette flamboyance qui assura sa renommée. Mais le fond est là. Pharoah est revenu au style déployé par son maître, John Coltrane, au début des années 60, quand il venait de quitter Miles pour voler sous ses propres couleurs. Oubliés les élans spirituels, voire spiritualistes du Pharoah des années 65 et après. Est-ce par manque de moyens ou/et volonté de s’économiser alors qu’il effectue une tournée estivale ? Toujours est-il que l’on prend un réel plaisir, sans arrière-pensée, avec un brin de nostalgie, à savourer ces thèmes que Coltrane portait avec générosité et sensibilité. Pharoah rend ainsi un hommage qui touche au cœur. Et il pouvait regagner sa loge après un premier set d’une bonne heure, la conscience tranquille. Le chroniqueur, souhaitant rester sur une bonne impression, quittait l’antre surchauffée, affrontait l’averse pour achever la soirée à la maison en écoutant « Save Our children », album de 1998 (Polygram) où Pharoah évolue avec force percussions (Zakir Hussain, Trilok Gurtu)et déjà le fidèle William Anderson au piano (et à l’harmonium). Une belle soirée estivale.

Jean-Louis Lemarchand

Le festival All stars du New Morning programme jusqu’à la fin juillet, Ed Motta (16), Lonnie Smith (18), Steve Coleman (19), Marc Ribot (20), Abdullah Ibrahim (22) et Mike Stern (26). Le festival se poursuit en août. www.newmorning.com

Published by Dernières Nouvelles du Jazz
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