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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 21:12
CASSANDRA WILSON : « Coming forth by day »

CASSANDRA WILSON : « Coming forth by day »

Sony Music 2015

Mettons un peu de côté la célébration un tantinet ridicule du centenaire de la naissance de Billie Holiday pour ne retenir avant tout et surtout que l’hommage très personnel d’une grande dame du jazz à une autre. Si Billie Holiday est évidemment la référence suprême de toutes celles à qui elle a donné un jour la vocation de chanter le jazz, Cassandra Wilson assume cet hommage avec une vision très personnelle et quasiment intime de cet héritage.

Mais Cassandra elle, vient du Delta, et porte en elle un autre blues, d’autres moiteurs. Clles du Mississsipi d’aujourd’hui où les bleutés des guitares électriques ont remplacé le velours des ténors lesteriens.

Produit par Nick Launay ( producteur connu notamment pour son travail avec Nick Cave), « Coming forth by day » est un album aux couleurs parfois très sombres porté par la voix magnifique et profonde d’une Cassandra Wilson qui magnifie ici une autre façon de chanter le blues de Billie. Jamais la chanteuse du Mississipi ne cède au plagiat ni à la tentation de la reprise. Son job ici c’est de redonner à Billie Holiday sa place dans la modernité. Billie devient électrique et brumeuse, proche ( comme elle le dit dans les colonnes de jazzmagazine) du rock alternatif dont Cassandra Wilson dit qu’elle y aurait certainement trouvé son univers aujourd’hui.

Et si Cassandra s’égare parfois dans quelques reprises un peu incongrues comme celle de You go to my head ( malgré de superbes arrangements et une coda très hollywoodienne) , sa version simplissime de The way you lok tonight touche au cœur et celle de I’ll be seeing you est quasiment hypnotique et lunaire. Mais il y a un souffle unique et épique dans cet album. Mélancolique ans être triste, parfois débordant d'amour et pourquoi pas de joie, il remet les choses à leur place bien au delà des clichés sur Billie.

Il y a dans cet album une vraie signature de Cassandra qui ne nous fait pas douter un seul instant de son authenticité. Son hommage à Billie Holiday touche au cœur. « Coming forth by day » est une référence au livre des morts des anciens de l’Egypte antique ( Livre pour sortir au jour). Mais mieux qu’un hommage, c’est une façon d’accompagner Billie ailleurs, là où elle se trouve. C’est-à-dire justement ici et maintenant.

Jean-marc Gelin

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 14:55

Guillaume BELHOMME / Daunik LAZRO

Sales Rectangles/ Vieux Carré ( + CD)

Editions Lenka Lente

Edition limitée à 300 exemplaires

Toujours chez le même éditeur nantais Lenka Lente, Guillaume Belhomme, écrivain-musicien sort une « miniature », un petit ouvrage, à la fois livre et CD sur le Vieux Carré, célèbre quartier français de la Nouvelle Orléans. Avec cet objet délicat et délicieux, dû à la collaboration de la librairie rouennaise de l’Armitière, l’auteur a réuni des textes mêlant métafiction et cut up, réflexion autour de la composition éponyme du grand saxophoniste Joe McPhee, dédiée à Sidney Bechet et Steve Lacy. On y retrouve en fil rouge, la ville du Vieux Carré, des éléments du parcours musical du saxophoniste Daunik Lazro qui s’est imposé dans la musique libre et bien sûr Joe McPhee. Quant aux « sales rectangles », ce sont les codes barres qui coupent les fragments de texte.

Le CD présente l’enregistrement au baryton par le fidèle Daunik Lazro, dans le cadre du festival Jazz à Part à Rouen dans la librairie en 2011.

Une « curiosité » à se procurer et à lisotter au hasard de sa rêverie. Sans oublier le plaisir de passer sur son lecteur Cd la rondelle du Vieux carré pour écouter Lazro.

Sophie Chambon

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 14:53
LUC BOUQUET : "COLTRANE  SUR LE VIF "

LUC BOUQUET

COLTRANE SUR LE VIF

Editions Lenka Lente

www.lenkalente.com

Chroniqueur d’Improjazz et du Son du Grizzli, Luc Bouquet est aussi batteur (on se souvient par exemple de son Boumag A3 de 2002, Ajmi 004, sortis sur le label avignonnais Ajmiseries). Il nous présente ici une discographie, commentée avec le plus grand soin, des enregistrements «live», souvent pirate, de John Coltrane, de ses débuts le 13 juillet 1946 ( First Giant Steps) jusqu’à l’un de ses derniers concerts (The Olatunji Concert-The Last Live Recordings, Impulse), le 23 avril 1967, trois mois avant sa mort, survenue le 17 juillet.

L’auteur s’explique sur son choix dans l’avant-propos, soulignant tout l’intérêt de capter ces « live » non officiels, où, sans les contraintes de timing, le saxophoniste pouvait développer outre mesure sa musique. Luc Bouquet a choisi de respecter l’ordre chronologique pour nous présenter à sa manière, de sa plume incisive et efficace, ce qui fait l’intérêt de ces enregistrements « non officiels ». La matière première est issue de sa propre discothèque comprenant la quasi-totalité des pirates publiés à ce jour : c’est un travail de collectionneur fou, de passionné, d’une grande précision sur les conditions de prise de ces concerts. Pour qui connaît et lit Luc Bouquet, on retrouvera sa verve, son sens particulier de l’écoute, son analyse pertinente et toujours personnelle.

Certes, s’attaquer au plus grand saxophoniste jazz est périlleux, puisque, près de cinquante ans après sa mort, l’œuvre de JC demeure l’aventure musicale absolue. Si le jazz a un goût pour l’inachèvement, Coltrane en est le héros incontestable, puisqu’ il n’a jamais cessé de jouer les mêmes thèmes, comme cette bluette de «My favorite things» qu’il a magnifiée. Le jazz, musique de l’improvisation, ne devrait pas se répéter mais, obsédé par la circularité, Coltranerevenait sans cesse sur sa musique. Le livre montre l’ascension inéluctable du «soleil noir de la galaxie jazz», l’ évolution constante, inéluctable de son engagement.

Ce petit livre sera précieux pour les amateurs déjà éclairés de l’auteur de «Love Supreme» mais aussi pour les néophytes, amoureux du live, qui souhaitent découvrir au plus près cette œuvre immense, singulière et spirituelle.

Sophie Chambon

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 08:56

En compagnie de Reggie Washington pour la sortie de son nouvel album, "Rainbow Shadow" en hommage à Jeff Lee Johnson et de Ghost Rythm ( Xavier Gelard et Camille Petit) pour la sortie de "Madeleine"

Hier sur Jazzbox - Aligre fm 93.1
Hier sur Jazzbox - Aligre fm 93.1
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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 09:21

Jazz & People 2015

Leïla Olivesi (p, vc), David Binney (as), Manu Codjia (g), Yoni Zelnik (cb), David Kontomanou (dms)

La pianiste Leila Olivesi devient une musicienne incontournable du monde du jazz hexagonal. Son quartet qui tourne depuis pas mal de temps et que l’on peut entendre assez régulièrement sur les scènes parisiennes a pris désormais la dimension d’un vrai d’un groupe homogène et ultra cohérent. Et à chaque nouvel album de la pianiste, toujours la même évidence, Leila Olivesi grandit, s’affirme et prend une réelle ampleur. Non seulement comme instrumentiste mais surtout et avant tout comme une vraie compositrice réellement inspirée. Par delà la performance d'un tel ou untel, « Utopia » c'est la confirmation que Leila Olivesi parvient à imposer son écriture et son talent de compositrice de grande qualité. Ecriture souvent " new-yorkaise". De celle qui s'inspire justement de l'écriture d'un musicien comme le saxophoniste américain David Binney (présent sur 4 des 8 titres), d'un Kurt Rosenwinkell ou encore même de Fly ou de Mark Turner. Ce qui en soi situe le niveau de cet album, assez haut. Grande compositrice assurément Leila Olivesi en a toute l’envergure. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans une toute autre veine l’un des titres qui clôture cet album, Summer wings a reçu le prix Ellington Composer.

Mais il n’est pas d’album de jazz remarquables si les plus belles compositions ne sont pas servies par de grands interprètes. Et c’est tout l’art (très ellingonien d’aileurs) de Leïla Olivesi que des les avoir particulièrement choyés. David Binney qui apparaît ici en guest star culmine aux sommets auxquels il nous a habitué, apporte sa verve et son lyrisme et met le feu à tout ce qui bouge à l'image de ce Symphonie Circle incandescent ou comme dans le Monde de Cyrano aussi enflammé que son illustre personnage. Leila quand à elle chante sur deux titres (plutôt bien d'ailleurs) en utilisant sa voix comme porteuse de mots mais surtout de musique, autre instrument à corde qu'elle utilise avec légèreté et grâce. Dans un arrangement presque rock (en tous cas très rosenwinkellien) de Night and Day, l’incontournable Manu Codjia apporte ses couleurs bleutées et évanescentes qu’il manie avec un art consommé de l’envolée sensuelle. Le tout admirablement, soutenu par une superbe rythmique.

« Utopia », hommage aux écrits d’Edmond Rostand se situe un peu entre ciel et terre. Dans un autre mode peupé d'être imaginaires mais qui nous ressemblent fort.

Dans une dimension à la fois onirique et formidablement humaine, Leila Olivesi nous embarque dans son univers.

Jean-Marc Gelin

LEILA OLIVESI : «  Utopia »

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 10:31

Jan Harbeck, Walter Smith III (ts), Henrick Gunde (p), Eske NOrrelykke (cb) Anders Holm (dms)

Stunt 2015

C’est une sorte de retour vers le passé que nous propose le saxophoniste ténor danois Jan Harbeck avec cet album qu’il enregistre en compagnie d’un autre ténor, le saxophoniste américain Walter Smith.

Retour en arrière puisque ces « Variations in blue » sont un hommage à deux grands monstres sacrés de jazz, deux ténors mythiques Eddie Lockaw Davis et Paul Gonsalves, (l’un chez Count Basie et l’autre chez Duke Ellington) qui avaient enregistré un superbe « Love Call » en 1968 pour le label RCA Victor. Et si l’on a coutume de dire qu’il n’y a pas de jazz moderne sans connaissance et surtout sans amour du patrimoine, Jan Harbeck et Walter Smith en font ici une démonstration éclatante.

S’ils se gardent bien de ne pas reprendre la track list de l’original, leur travail sur le « gros » son, sorte de velours ample et léger à la Hawk et à la Ben Webster est un modèle du genre comme l’on en fait plus beaucoup aujourd’hui. Les eux garçkns s’entednent à merveille, se suivent, échangent, se donnent la réplique ou contrechantent dans un swing plus lent que lent, avec détachement et élégance.

Cela nous ramène quelques décennies en arrière et Dieu que c’est bon ce truc en mineur. Cette magnificence du bon vieux blues traînant et lascif. Cette rencontre sensuelle et virile à la fois entre deux killers qui se gardent bien d’en faire trop. Ce jazz un peu nonchalant que l’on suit avec une sorte de douce flemme et de délice inextinguible.

Jean-Marc Gelin

Jan Harbeck quartet et Walter Smith III : «  Variations in blue »

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 17:24
La tectonique des nuages

Opéra Jazz de Laurent Cugny, mise en scène de François Rancillac. Nantes, Théâtre Graslin, 8 avril 2015

En prologue, au son d'un choeur préenregistré, et sur écran, un lent travelling, depuis les espaces interstellaires jusqu'à Los Angeles, sous un déluge de fin du monde. Venant du côté cour, sur une plateforme lentement motorisée, une jeune femme fortement enceinte ; puis du côté jardin, tout aussi lentement, un jeune homme. Un dialogue parlé (on est dans la convention de l'opéra comique, même si l'oeuvre n'a rien de tel) nous apprend qu'elle faisait de l'auto stop, sous ce déluge annonciateur du Big One, le tremblement de terre qui détruira La Mecque californienne. Elle est totalement perdue, égarée dans l'espace et le temps : il l'emmène chez lui.

L'écran s'efface, dévoilant le plateau : un appartement-ville, dont les meubles sont autant d'immeubles, à des échelles diverses, suggérant l'horizon d'une mégapole désenchantée. L'orchestre, disposé en « L », borne deux côtés de la scène, entourée de paravents translucides d'où émane finement la lumière qui cerne le décor. Anibal de la Luna, bagagiste à l'aéroport, comprendra progressivement que sa mystérieuse invitée, Celestina del Sol, suspend l'envol du temps et perturbe les horloges. Un chassé croisé amoureux s'installe, où surgira bientôt Nelson de la Luna, frère militaire un brin caricatural. L'aventure se poursuit au fil d'un temps fracassé qui aura le dernier mot : Celestina, dans l'apparence de sa jeunesse, au seuil de la ville reconstruite après le Big One, pousse un landeau qui porte un nourrisson, fruit d'un gestation de plusieurs dizaines d'années, et rend visité à Anibal, désormais un vieillard ; il croit voir en elle la nouvelle infirmière et peine à la reconnaître. Le temps diffracté aura eu le dernier mot, laissant derrière lui rêves, souvenirs et fantasmes confondus.

La musique est de jazz, assurément, dans toutes les variantes et nuances de l'idiome. L'orchestre est parfait, lisible et expressif, et les solistes peuvent improviser furtivement en contrechant des vocalistes. Les voix sont prenantes, jouant à l'infini des couleurs de l'expression, mais sont parfois desservies par l'amplification qui altère les dynamiques (fragilité des seuils de déclenchement des compresseurs-limiteurs?). Qu'importe, l'émotion est là, durable, parcourant le territoire sensible qui va de la scène à la salle. David Linx et Laïka Fatien sont au delà de tout éloge, et Yann-Gaël Poncet (également librettiste inspiré) est à son mieux, plus convaincant que lors des versions de concert de 2006 et 2007, et même que sur l'enregistrement réalisé deux ans plus tard (Signature - Radio France/Harmonia Mundi, Grand prix de l'Académie du jazz 2010). Laurent Cugny a conçu un certain nombre de thèmes, récurrents et constamment métamorphosés par l'orchestration et les rythmes. On n'est pas ici dans l'univers du leitmotiv wagnérien, attaché à tel personnage ou telle action. Le déroulement est fluide, et pourtant l'intensité dramatique est au rendez-vous, maginfiquement étayée par les attributs opératiques (mise en scène, décor, vidéo, lumière....), jamais redondants, toujours pertinents, ouvrant fort les vannes de l'émoi et de l'intellection.

Bref c'est l'avènement, dans sa version opératique, d'une œuvre (librement adaptée d'une pièce de José Rivera) qui fait honneur à l'ambition du genre : un spectacle total, offert à tous les sens, sensation et signification confondues. On attend que les grands scènes culturelles, et les maison d'opéra, accueillent ce beau projet abouti, comme vient de le faire Angers Nantes Opéra. Il y fallut le concours, et l'obstination, depuis l'origine du projet à l'orée des années 2000, d'une foule d'acteurs : le festival « Jazz à Vienne », la Comédie de Saint-Etienne, la Fondation BNP Paribas.... et de beaucoup d'autres ! Reste à conquérir l'Opéra Comique (car l'oeuvre souscrit aux canons de son répertoire), et pourquoi pas, le Palais Garnier : on peut rêver ; d'ailleurs rêver est indispensable en ces temps de disette budgétaire pour prendre d'assaut la Bastille, à défaut d'opéra du même nom....

Xavier Prévost

David Linx (Anibal de la Luna), Laïka Fatien (Celestina del Sol), Yann-Gaël Poncet (Nelson de la Luna, librettiste)

Laurent Cugny (composition, direction, piano) , Arno de Casanove (trompette, bugle), Denis Leloup (trombone), Éric Karcher (cor), Pierre-Olivier Govin (saxophones alto, soprano & baryton), Thomas Savy (saxophone ténor, clarinette & clarinette basse), Laurent Derache (accordéon), Frédéric Favarel (guitares), Joachim Govin (contrebasse) & Frédéric Chapperon (batterie)

François Rancillac (mise en scène, livret d'après Cloud Tectonics de José Rivera), Charlotte Delaporte (direction du mouvement), Raymond Sarti (scénographie), Sabine Siegwalt (costumes), Marie-Christine Soma (lumière) & Raymonde Couvreu (vidéo).

©Jef Rabillon pour Angers Nantes Opéra

©Jef Rabillon pour Angers Nantes Opéra

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 22:29
BECHET IN SWITZERLAND

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 21:23

Est-ce l’effet du printemps ? Toujours est-il que la semaine passée, l’envie de humer le jazz tel qu’il se joue sur le vif n’est pas restée lettre morte. A chaud quelques impressions naturellement subjectives de ces pérégrinations nocturnes sur la rive droite de la Seine, entre les Halles et les Grands Boulevards.

31 mars. Duc des Lombards. Yonathan Avishai (piano), Yori Zelnik (basse), Donald Kontomanou (batterie). A l’heure où la percussion flamboyante domine bon nombre de trios, l’artiste franco-israélien joue la carte de la sensibilité et de la fraîcheur avec une économie de moyens qui ne veut pas dire sécheresse. Des petites pièces distillées avec grâce qui plongent l’auditoire dans une atmosphère de béatitude.

(Modern Times. Jazz et People/Harmonia Mundi)

1er avril. Olympia. Avishai Cohen (basse), Nita Hershkovits(piano), Daniel Dor (batterie). Temple de la chanson, l’Olympia affiche complet pour un bassiste qui conquit les foules en chantant. Mais ce soir, Avishai Cohen fait seulement chanter sa contrebasse, fortement mise en valeur. Les spectateurs semblent apprécier ce trio qui, sans innover, plaît. Si le jazz remplit les salles, qui s’en plaindrait ?

 

(From Darkness. Razdaz Records/WEA Music).

3 avril. Sunside. Didier Lockwood (violon), Paco Séry (batterie), Linley Marthe (basse électrique), Jean-Marie Ecay (guitare). Première de trois soirées au club de Stéphane Portet pour l’éclectique Didier Lockwood. Retour au bon vieux jazz-rock avec effets de virtuosité du leadeur et expression survoltée chez ses trois compères. Chaud bouillant. En bis, le violoniste offre un solo acoustique qui rappelle son dernier spectacle, L’improvisible. Moment de grâce.

3 avril. Sunset. Sara Lazarus (chant), Alain Jean-Marie (piano), Viktor Nyberg (basse), Philippe Soirat (batterie). L’hommage à Billie Holiday débute avec Sara Lazarus. Une fois la surprise initiale passée pour ceux qui limitent Billie Holiday à la deuxième partie de sa carrière, l’aspect tragique, on écoute avec intérêt le répertoire classique de Lady Day. Sara Lazarus sait parfaitement traduire –sans trahir- la sensibilité de la grande Billie. Coup de chapeau au trio qui ne fait pas qu’accompagner.

Jean-Louis Lemarchand

 

copyright Jean-Louis Lemarchand

copyright Jean-Louis Lemarchand

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 22:16
Billie Holiday, Lady in Satin : the Centennial Edition.

Billie Holiday, Lady in Satin : the Centennial Edition. Coffret 3 CD. Livret de 36 pages signé par Sébastien Danchin. Columbia Legacy-Sony Music.

Pour se souvenir de Lady Day, née le 7 avril 1915, le plus simple est de l’écouter. Lapalissade, me direz-vous. Plus d’un demi-siècle après sa disparition, l’essentiel de son œuvre est disponible. Tout au moins l’officielle. Nous n’allons pas ici vanter les mérites des versions pirate, captées à la va-vite et au détriment des droits des musiciens. Mais quand un studio ayant pignon sur rue sort de ses tiroirs des versions enregistrées avec soin et n’ayant pas été retenues dans les vinyls ou cd, notre oreille se tend. Et là avec ce coffret publié par Columbia sous la responsabilité de Michael Cuscuna, nous sommes gâtés.

Nous avons affaire à Lady in Satin, enregistré en février 1958 à New York, avec une grande formation de 25 musiciens dont 11 violons sous la direction de Ray Ellis. Témoignage de la dernière ligne droite de Billie Holiday –elle décédera 18 mois plus tard le 17 juillet 1959- Lady in Satin, son avant-dernier enregistrement, émeut, bouleverse. Le coffret offre l’album original remastérisé et deux autres cd de 20 titres présentant les prises non publiées à ce jour.

La publication de l’intégralité des séances des 18,19 et 20 février, qui se déroulèrent, à la demande de Billie, entre 23 h 30 et 2 h30 du matin, permet de plonger au cœur du phénomène de la création. Toute cette matière vivante qui nous parvient plus de 50 ans après nous rapproche un peu plus d’une chanteuse incomparable au sens littéral du terme. Ces petits riens des séances d’enregistrement- les échanges avec l’ingénieur du son et son fidèle pianiste Mal Waldron, les éclats de rire…-, prennent ici une dimension historique. Et que dire du répertoire ainsi traité, proposé en plusieurs versions ? Parmi les grands classiques de Billie Holiday, notre préférence ira à Violets For Your Furs, The End of a Love Affair, et peut-être en tête de liste, It’s easy to remember (but it’s so hard to forget) chef d’œuvre de Rodgers, Richard / Hart, Lorenz, proposé en sept prises.

Jean-Louis Lemarchand

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