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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 18:50
MARC DUCRET & JOURNAL INTIME « Paysage, avec bruits »

Marc Ducret (guitares, composition), Sylvain Bardiau (trompette), Matthias Mahler (trombone), Frédéric Gastard (saxophone basse)

Paris, 28-30 avril 2015

Abalone Productions AB 025 (L'Autre Distribution)

La rencontre de Marc Ducret avec les membres de Journal Intime, et avec le trio lui-même, est une déjà longue histoire, et même une série d'aventures partagées. Le saxophoniste et le tromboniste ont participé au projet « Tower » du guitariste, et Marc avait déjà rejoint le trio en diverses occasions (dont le CD « Extension des Feux », Neuklang, 2013) ; et il l'avait convié lors du concert de sortie du CD « Metatonal » au Studio Sextan. Le répertoire mêle des pièces déjà enregistrées et de nouvelles compositions, élaborées sur mesure pour cette rencontre fructueuse. Ce qui frappe, comme toujours chez Ducret, c'est un savant alliage de forme exigeante, et maîtrisée, avec des espaces d'improvisation qui conjuguent incitation à la liberté et pertinence dramaturgique dans la forme d'ensemble. Là où André Hodeir préconisait l'improvisation simulée, pour obtenir un discours spontané qui reste en phase avec la logique interne de l'œuvre, Ducret construit un chemin dont les balises sont autant de stimulations à la créativité des solistes. Le disque commence par une plage dont les accents rythmiques se souviennent de Stravinski et Bartók, mais sans servilité. Le parcours conjugue constamment des échappées rythmiques d'un soliste avec des harmonisations tendues, et souvent audacieuses. Et le guitariste, s'il est le compositeur, ne se privilégie nullement comme soliste au détriment de ses partenaires. Il « joue collectif », comme il sait si bien le faire, et la musique s'en trouve magnifiée. C'est très contemporain et très VIVANT, comme pour battre en brèche une idée tellement reçue, et hélas si souvent partagée par les oreilles distraites, selon laquelle la musique de création serait léthargique et anesthésiante.... Tous les quatre sont impeccables d'audace, d'intelligence de l'instant musical, et d'esprit de groupe. Bref c'est un régal, autant qu'une pièce maîtresse !

MARC DUCRET & JOURNAL INTIME « Paysage, avec bruits »

On retrouve également Marc Ducret sur le nouveau disque du compositeur, batteur, percussionniste et manipulateur de sons Michel Blanc. Autour de séquences sonores d'actualité qui couvrent de l'ère Pompidou jusqu'à la chute de mur de Berlin, la guitare de Ducret, l'orgue d'Antonin Rayon, la voix d'Anabelle Playe, le piano d'Anne Gimenez et les percussions de Michel Blanc offrent une foule de paysages sonores et musicaux avec bruits d'époque. Là encore l'inventivité et la cohérence donnent à l'ensemble une vitalité exceptionnelle : un idéal d'Art Vivant en quelque sorte (Michel Blanc, « Le Miroir des Ondes », Ayler Records AYLCD-151, Orkhêstra)

Xavier Prévost

Marc Ducret & Journal Intime joueront le 2 septembre à Paris, au Studio de l'Ermitage, dans une série de concerts, du 2 au 4 septembre, autour des publications récentes du label Abalone, avec notamment Boreal Bee, Marc Buronfosse, Régis Huby Quartet et le duo Stephan Oliva-François Raulin

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 15:29
@Claude Dinhut & Marianne Mayen  (TJA)

@Claude Dinhut & Marianne Mayen (TJA)

Mercredi 3 Août : Cloître des Carmes

A la fin de leur concert, le quintet de Kyle Eastwood entonne, après un rappel musclé du « Boogie Stop Shuffle » tiré de Mingus Ah Hum, un « Joyeux anniversaire » et, à la plus grande surprise des deux présidents du Tremplin, Robert Quaglierini et Jean Michel Ambrosino, les nombreux bénévoles, tout de bleu vêtus, entrent en scène avec un énorme roulé de crêpes Suzette ( absolument délicieux, je confirme) soulignant ainsi le final de cette vaillante édition 2016. Il fallait bien ça en ce passage de la nuit symbolique du 4 Août, de l’abolition des privilèges, pour nous faire oublier une année sinistre.

Sinne EEG Quartet : la sirène de Copenhague sinnemusic.com

Sinne EEG (vocal), Jacob Christoffersen (piano), Lennart Ginnman( bass) Zoltan Csörz( drums)

La soirée avait commencé avec le concert de la chanteuse danoise Sinne EEG (prononcez « ig ») une révélation du jazz vocal suédois, bien qu’elle en soit à son septième album, intitulé sobrement Eeg- Fonnesbaek du nom de son contrebassiste virtuose. Elle a remporté en France le prix de jazz vocal de l’Académie du Jazz en 2014. Elle choisit d’interpréter en quartet un panaché de chansons de ses différents albums, dont Face the Music. Très enjouée, vive et gracieuse, la blonde et grande Scandinave présente de bon cœur ses compositions comme « The Best I Ever Had » qui se partagent son programme à égalité avec les standards du Song book qu’elle maîtrise parfaitement. C’est vrai que les Scandinaves ont la tradition chevillée au corps : elle a choisi de reprendre un « It might as well be spring » assez mélancolique (mais « April is the cruellest month » selon T.S ELIOT ) ainsi qu’un débridé « What a little moonlight can do » tout à fait indiqué en ce début août où le ciel se pare d’étoiles. Elle scate et improvise avec aisance d’une voix claire et chaude, se glissant dans le sillon creusé par Sarah Vaughan qui me semble être sa principale influence.

Kyle Eastwood Quintet :

Andrew McCormack (piano), Quentin Collins (trompette), Brandon Allen (saxophones), Chris Higginbottom (batterie)

Entouré de la fine fleur des jazzmen anglais, le contrebassiste californien va nous régaler de compositions de son dernier album, paru en 2015, chez Jazz Village, Time Pieces, dont le titre est parfaitement explicite. Kyle Eastwood joue la musique qu’il aime et qu’il a entendu pendant son enfance, et cela peut remonter à « Bullet train » de Big Noise from Winnetka du batteur Gene Krupa, en passant par le hard bop d’ Horace Silver, pianiste co-leader des Jazz Messengers. Et ce n’est sans doute pas un hasard si Horace Silver écrivit un mémorable Song for my father. Ou encore le caméleon surdoué Herbie Hancock ( « Dolphin Dance » de Maiden voyage). Un jazz historique. Il ne faut sans doute pas lui demander de s’aventurer sur les terres du free. Tout comme Woody Allen qui ne dépasse pas les années quarante dans ses BO ou alors passe à d’autres musiques y compris contemporaines. il mettrait ses pas dans les traces de son père ? Justement c’est le moment d’en parler,de la figure paternelle. Time Pieces, c’est le passage du temps, l’inscription dans une filiation assumée, si ce n’est revendiquée. Si la tentation du cinéma l’a effleuré, on se souvient du blondinet attendrissant, le neveu de Clint dans Honky Tonk Man en 1982, Kyle a choisi de se consacrer à la musique américaine. Et par des chemins qui bifurquent, il revient au cinéma puisqu’il participe aux B.O paternelles avec Michael Stevens. C’est ainsi que l’un des morceaux marquants du concert est une version réarrangée, du thème principal de « Letters from Iwo Jima » d’une douceur poignante, en duo avec le pianiste. C’est la seconde fois que j’entends ce programme en quelques jours, après la soirée du Mucem à Marseille, dans le cadre du festival des Cinq continents. Mais je suis dette fois tout à fait convaincue. Est ce parce qu’il a pris le temps de se (re) poser 3 jours à Avignon pour participer au jury du Tremplin jazz en tant que président? Le concert emporte très vite l’adhésion du public qui remplit le cloître, l’« acme » se situant lors de l’interprétation improvisée, lentement déployée de son « Marrakech » qu’il commence à jouer à l’archet sur sa drôle de contrebasse raccourcie, accompagné du seul sax soprano avant de passer à la basse électrique. Une pratique longue et assidue d’un instrument dont Kyle Eastwood maîtrise les techniques, à l’aise dans le slap, la walkin bass, à l’archet, changeant aussi pour la basse électrique comme Pastorius sur « Dolphin Dance ». Sérieux, réfléchi, il joue comme il est ou semble paraître. Détendu avec son groupe, comme en famille. Un vrai « professionnel », qui a su s’entourer de musiciens attentifs et experts, d’un pianiste brillant, Andrew Mc Cormack, de soufflants précis que j’aurais aimé cependant voir jouer encore plus souvent à l’unisson. Mais le groupe est soudé autour de sa rythmique et joue collectif, une mécanique bien huilée qui sait aussi donner sur le versant caliente, avec un « Capirinha » de circonstance, ou un « Prosecco smile » effervescent ! Pour l’anecdote, dès le lendemain, le groupe reprenait la ( longue) route pour Marciac (concert le vendredi 6 août) en compagnie de Pascal Bussy, en charge des label Jazz village et World Village chez Harmonia mundi pour aller écouter le soir même Ahmad Jamal …dans son unique concert programmé cet été.

Sophie Chambon

@Claude Dinhut & Marianne Mayen

@Claude Dinhut & Marianne Mayen

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 21:37
Grand Prix du Jury  Just another Foundry @Claude Dinhut @Marianne Mayen (TJA)

Grand Prix du Jury Just another Foundry @Claude Dinhut @Marianne Mayen (TJA)

Prix de composition Morgan Freeman  @ Claude Dinhut& Marianne Mayen

Prix de composition Morgan Freeman @ Claude Dinhut& Marianne Mayen

Prix du meilleur instrumentiste Amaury Faye @Claude Dinhut & Marianne Mayen

Prix du meilleur instrumentiste Amaury Faye @Claude Dinhut & Marianne Mayen

@Claude Dinhut & Marianne Mayen (TJA)

@Claude Dinhut & Marianne Mayen (TJA)

Merci au public @Claude Dinhut & Marianne Mayen

Merci au public @Claude Dinhut & Marianne Mayen

Airelle Besson Grand Prix 2002...revenait jouer cette année avec son quintet @Claude Dinhut & Marianne Mayen(TJA)

Airelle Besson Grand Prix 2002...revenait jouer cette année avec son quintet @Claude Dinhut & Marianne Mayen(TJA)

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 15:58
25 anniversaire Avignon Jazz  Festival :

Avec celui de la Défense, le Tremplin Jazz d’Avignon

http://www.tremplinjazzavignon.fr est l’un des concours-événements qui dans sa catégorie, compte dans le paysage musical du jazz, un espace d’expression des jeunes musiciens européens qui s’affrontent amicalement au cœur de la cité papale. Plus largement reconnu depuis 2000, qui consacra Avignon « ville européenne de la culture », le Tremplin Jazz s’est étoffé, le concours européen s’insérant dans un festival de Jazz, et cette manifestation sudiste, simple et chaleureuse, a pris sa place en dépit du festival de Théâtre qui monopolise toutes les attentions, y compris médiatiques en juillet, profitant de l’accalmie du début août, quand les affiches sont enfin ôtées des rues et ne jonchent plus les caniveaux et que la ville retrouve une apparence humaine. Il perdure bon an mal an, avec des années plus fastes, question subventions. Malgré des partenaires privés toujours solides, les conséquences sont immédiatement visibles sur la programmation- une soirée de moins cette année, du dimanche 30 juillet au mercredi 3 août, avec le Tremplin qui s'insère, les 1er et 2 août : les 6 groupes dont 3 français, retenus sur 110 formations européennes, donnent une vision assez précise du jazz actuel, reflétant le spectre d’une musique qui continue de s’inventer.

La belle aventure, lancée il y a un quart de siècle dans le quartier difficile de la Barbière puis dans le parc public d’Agricol Perdiguier, par une équipe de bénévoles, des amis passionnés de jazz, continue en dépit des problèmes inhérent à ce genre d’organisation : s’il est une chose qui ne change pas, c’est la qualité de l’accueil due à une équipe de bénévoles infatigables, toujours sur le pont qui, avec le temps ont su prendre leurs marques dans le difficile exercice de gestion de groupe : des chauffeurs qui ont la tâche ardue de se coucher tard et de se lever tôt pour amener groupes et musiciens à bon port, au catering ( Nicole et sa petite famille qui concoctent l'une des plus délicieuses cantines collectives de festival), sans oublier l’équipe du bar, des tee-shirts, des photographes…

L’un des atouts du tremplin et donc du festival est un lieu mythique : faire de la musique dans le cloître des Carmes est une expérience inoubliable. Restant à taille humaine, l’architecture de pierres blondes est merveilleusement servie par Mathieu, peintre des lumières. Gaetan Ortega, lui, est le maître incontesté du son : une équipe choc prête à parer à toute éventualité...

Le public qui vient très nombreux lors des deux soirées gratuites du Tremplin est fidèle et connaisseur. On a donc créé un prix du public, très attendu qui, certaines années, rejoint le choix du jury ce qui confirme la qualité de l’écoute. Public et jury continuent à partager ce qui traverse le paysage musical de ces soirées estivales provençales, lieu d’ouvertures, de passages, toutes frontières abolies…. Avec délicatesse, tout en retenue, le Président du Jury, Kyle Eastwood, a laissé cette année circuler les échanges entre les membres du jury qui, s’ils sont reconnus pour leur « expertise » n’en sont pas moins hommes et…femmes avec leur subjectivité. Et il a su entériner les « bonnes » décisions. Comment en effet évaluer des musiques, prendre position sur des esthétiques et des styles souvent contrastés ? Les vainqueurs du Grand Prix ont la chance de pouvoir enregistrer l’année suivante au studio réputé de Pernes les Fontaines, La Buissonne, sous la direction de Gérard de Haro et de faire la première partie d’un concert du festival.

Les groupes en lice :

Première soirée Lundi 1er Août : Cloître des Carmes

Garbage Ghost ( Belgique) Quentin Gayrard ( saxophones) Pierre Heurty ( batterie), Thomas Chabalière ( vibraphone)

Just Another Foundry ( Allemagne) Jonas Engel (saxophone) Florian Herzog ( basse) Anthony Greminger ( batterie)

Frédéric Perreard Trio ( France) Frédéric Perreard ( piano,compositions) Samuel F’Hima (batterie) Arthur Alard (contrebasse)

Le premier groupe, un trio français représentant la Belgique partait avec un handicap sévère, la défection une semaine auparavant du claviériste. Trouver un nouveau partenaire dans un laps de temps aussi court est une gageure et malgré les qualités évidentes de Thomas Chabalière, la «pièce rapportée», l’alliage ne put convaincre d’autant que le groupe suivant allait quasi instantanément imposer un style, une esthétique et un vrai travail de groupe. Le trio formé à l’école redoutable de Köln (l’une des meilleures avec Berlin) a cette connaissance du jazz et de son histoire qu’il sait s’approprier, retraverser en lui conférant des couleurs originales : de Lee Konitz à Ornette Coleman. Que les musiciens s’éloignent de l’écriture pour improviser ou qu’ils y reviennent, voilà un jazz authentique aux structures micro tonales, au groove évident, à la plasticité formelle d’où l’image de la fonderie ou de l’aciérie http://www.justanotherfoundry.de

Un groupe qui s’inscrit intelligemment dans la tradition, un « power trio » fin et racé, surprenant dans l’aisance des changements de rythmes, dont l’expression musicale coule comme un métal en fusion. Le saxophoniste qui avait, en outre, fait l’effort de travailler sa présentation dans un français choisi, drôle, articulé à l’allemande, faisait entendre un son d’une vigueur convaincante, d’une expressive beauté aux coulées vibrantes. Virtuose avec humour. Mention pour le soliste ?

Dans ces conditions, le troisième groupe, un trio français avait fort à faire. Beaucoup plus classique et prévisible en dépit de compositions originales amplement développées, il sut installer un climat appréciable soulignant un jeu de groupe certain. Prometteur…

Deuxième soirée : Mardi 2 Août

LE JARDIN Julien Dubois (saxophone), Ouriel Ellert (basse électrique), Simon Chivallon (piano), Gaëtan Diaz (batterie)

MORGAN FREEMAN Andrius Dereviancenko ( saxophone), Dennis Sekretarev (trompette), Matt Adomiet ( contrebasse), Tristan Renfrow ( batterie)

Trio Amaury FAYE Amaury Faye ( piano), Louis Navarro ( contrebasse ), Theo Lanau (batterie)

Le Jardin est un quartet bordelais qui a tout ce qu’il faut pour envoyer le bois… mené par un saxophoniste alto inspiré, dont les phrases jaillissent avec aisance. Il livrera même un combat vainqueur avec une cigale, son ajustement sur le tempo rappellant d’autres souvenirs vocaux. D’ailleurs le groupe s’enhardit en jouant et le plaisir s’en ressent pour écouter cette suite écrite autour de « Icare ou le drame de l’augmenté » ou du « Sisyphe ou la Révolte du diminué » sans oublier Madoff ou « la tectonique des plaques » ; des titres improbables aux sources d’inspiration variées reflétant la diversité des styles entre fusion, rock progressif, un zeste de Zappa pour les brusques ruptures, Steve Coleman (encore et toujours). Une formation à suivre pour les Rétois lors de leur tremplin à venir, Jazz au Phare. Et pour les Parisiens au Sunset le 28 septembrehttp://www.sunset-sunside.comSi le Jardin avait surpris, le quartet suivant avait de quoi déstabiliser : ces Hollandais « violents » entraînés par un batteur pitre et visuellement déconcertant, à l’attirail imposant, nous prennent à contre-pied : un élan irrésistible, un souffle libertaire, une vraie prise de risque, des souffleurs qui suivent et relancent alors que le contrebassiste imperturbable, garde le rythme et la boutique. Décoiffant et absurde comme le nom Morgan Freeman qui se serait bien demandé ce qu’il venait faire avec cet équipage. Le dernier groupe a toujours un rôle difficile, un trio bien français, conduit par un pianiste lyrique, séduisant par la « joliesse » jamais facile de la mélodie et la finesse technique du pianiste. Vainqueurs de différents tremplins dont celui de Vienne et de Vannes, sans partir favori, il avait la carte du lyrisme dans son jeu surtout en reprenant une composition parkerienne. Après discussions et échanges solidement argumentés, le jury s’entend pour remettre le Grand Prix au trio allemand Just Another Foundry, le Prix de soliste au pianiste français Fredéric Perreard qui sut plaire au président du Jury, et le prix des compositions au trio hollandais de Morgan Freeman, dont le batteur « fou » avait néanmoins composé la majeure partie du programme. Choix souligné par le Prix du Public qui leur allait sans hésitation selon le décompte des voix. Le Tremplin Jazz continue ainsi cette aventure musicale sous la houlette du président Robert Quaglierini et du co président Jean Michel Ambrosino, d’un dynamisme à toute épreuve, en dépit des charges d’organisation, épaulés par l'efficace attaché de production Jeff Gaffet. Le succès de ce très bon cru nous invite à être confiant pour la suite. Souhaitons à cette manifestation sensible de garder longtemps une place méritée dans le paysage culturel avignonnais ! Il me restait encore une soirée à vivre cette année, celle de la clôture du festival...avec le quintet de Kyle Eastwood et en première partie la chanteuse danoise Sinne Eeg.

A suivre…

Sophie Chambon

Le Cloître des Carmes écrin du Tremplin   @S.C

Le Cloître des Carmes écrin du Tremplin @S.C

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 08:44
SEBASTIEN PAINDESTRE TRIO  : « Paris »


La Fabrica’son 2016
Sebastien Paindestre (p, fd), Jean-Claude Oleksiak (cb), Antoine Paganotti (dms)
http://www.sebastienpaindestre.com/discographie/


Avant de partir en vacances j’avais prévu de vous parler de Brad Mehldau et de son très bel album « Blues and Ballads" qu’il a signé chez Nonesuch en compagnie de Larry Grenadier et Jeff Ballard.
J’avais prévu et cela aurait été amplement justifié.
Seulement voilà, entre temps j’ai mis dans ma platine l’album d’un pianiste dont nous vous avons déjà parlé plusieurs fois ici, Sebastien Paindestre et finalement j’ai décidé de changer mes plans estivaux.
Car après tout Mehldau, on vous en parle à toutes les sauces alors que Paindestre, moins.

Sebastien Paindestre que l’on sait amoureux de Radiohead auquel avec son groupe Amnesiac il a déjà rendu plusieurs hommages (Sebastien a même chroniqué dans les DNJ http://www.lesdnj.com/2016/05/a-moon-shaped-pool-radiohead-une-chronique-de-sebastien-paindestre.html) quitte ici les chemins de la pop. Il l’avait d’ailleurs fait avec le très bel album « En rouge » (http://www.lesdnj.com/2016/01/atlantico-en-rouge.html).

Mais ici, si l’on devait trouver dans « Paris » une nouvelle filiation, elle serait justement à chercher du côté de Brad Mehldau. Dans cet album, le même soin apporté aux compositions et au son. Même façon de partir de mélodies parfois très simples pour en faire un véritable matériau où le pianiste passe allègrement du clavier du piano à celui du fender, n’hésitant pas à en salir le son à volonté. Il suffit d’écouter Gaza-Paris-Jerusalem pour se rendre compte qu’avec Sebastien Paindestre, tout est affaire de reliefs et de cartes postales. Ou plutôt, non. A l’image fixe nous préférons celle en mouvement, quasi cinématographique. Il y a des plans fixes, en mouvement, des zooms, des travellings, des plans serrés et des plans larges rendus possible par la belle cohésion du groupe, sorte de soft-power-trio. Sebastien Paindestre y joue avec une admirable libération de toutes tension, gardant au bout des doigts un rare sens du grosse. Souple comme un gros chat à pattes de velours. Derrière, Jean-Claude Oleksiak est énorme à la contrebasse. Quand à Paga’ comme toujours c’est l’assurance d’un drive de grande classe.
Paindestre nous ballades ainsi hors des sentiers battus, dégagé de tous clichés dans un univers finalement très personnel. Un envers jamais univoque mais qui respire le jazz. A l’exacte intersection de R
adiohead et de Brad Mehldau il y a Sebastien Paindestre qui en apporte ici une démonstration éclatante.

Bon vous pouvez bien sûr acheter l’album de Brad Meldhau mais franchement je vous verrai bien emmener dans vos bagages celui de sebastien Paindestre. Les deux font la paire.


Moi c’que j’en dis..
Jean-Marc Gelin

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 08:15
DAN TEPFER : ALGORITHMES, PIANO ACOUSTIQUE & IMPROVISATION

Après le concert du Festival de Radio France & Montpellier, les réflexions du chroniqueur, et les précisions du pianiste apportées lors d'un entretien téléphonique et transatlantique.

À l'occasion de la Carte blanche que lui offrait le festival de Radio France & Montpellier Occitanie, Dan Tepfer a choisi de poursuivre ses expérimentations personnelles autour du piano acoustique à interface numérique, de la programmation et de l'improvisation.

Au cours du concert, le pianiste a fait le va-et-vient entre le piano de concert (Steinway modèle D) et le Disklavier Yamaha, piano à queue d'une taille plus modeste, équipé d'un dispositif qui lui permet tout à la fois d'enregistrer la musique jouée par un pianiste, de la restituer instrumentalement mais aussi, via une interface numérique pilotée par ordinateur, d'exécuter une musique programmée ou, dans le cas qui nous intéresse, de réagir à la musique jouée sur le clavier par le pianiste et de générer d'autres notes, d'autres rythmes, d'autres accords.

Dan Tepfer, de culture scientifique de haut niveau, pratique la programmation depuis l'adolescence. Et il conçoit et programme lui même des algorithmes qui font réagir le piano à ses improvisations selon des choix dûment codifiés par ses soins. Pour éclairer le public du concert donné le 19 juillet dans l'imposant Amphithéâtre du Domaine d'O, il a commencé en jouant, sur le grand piano de concert, la 3ème Variation Goldberg de Bach. Puis, comme il l'a fait régulièrement en concert, et sur disque, il a improvisé à partir de la contrainte que s'était fixées Bach pour cette variation : celle du canon à l'unisson, qui consiste à répéter en décalage de temps et de registre les notes jouées dans la phrase initiale, et de poursuive ainsi le discours en suivant la même règle, ce qui entraîne vers des espaces de complexité dont Bach se délectait. Il a ensuite expliqué au public qu'il allait, sur le Disklavier et en utilisant un algorithme élaboré par ses soins selon le même principe, improviser sur All The Things You Are : et le piano, piloté par l'ordinateur et cet algorithme, ajoute à son improvisation des notes, phrases et rythmes obéissant à cette règle, et suscitées par le jeu de Dan Tepfer au clavier. Le résultat est vertigineux, et reste totalement musical, car c'est le musicien-improvisateur qui fournit la matière, et continue d'improviser en tenant compte de ce que génère le programme.

DAN TEPFER : ALGORITHMES, PIANO ACOUSTIQUE & IMPROVISATION

Pour une série de duos avec ses partenaires (la chanteuse Claudia Solal, le contrebassiste François Moutin, le batteur Arthur Hnatek), il va chaque fois élaborer un algorithme propre à engendrer, à partir de son jeu de piano, la matière d'un dialogue avec l'invité(e). La folle effervescence rythmique du programme destiné au duo avec le batteur va entraîner les deux musiciens dans une complexité ludique réjouissante, où l'extrême concentration de chacun participe de la jubilation commune.

Quand on demande à Dan Tepfer si écrire un algorithme, dans ce contexte, c'est composer, il répond par l'affirmative, mais en précisant que l'algorithme est un procédé, un cadre, comme dans la composition musicale peuvent l'être une choix de forme ou de règles. Si l'on demande au pianiste si l'algorithme écrit par ses soins laisse place à l'aléatoire, il dit que ce n'est pas le cas, en tout cas pour l'instant. Dans le dispositif cependant existe une petite part d'aléatoire, mais qui n'est pas codifiée comme telle, avec l'intention d'introduire l'aléa comme une élément conscient du code. Et lorsque l'on lui demande si l'algorithme conçu par ses soins devient comme un partenaire de jeu, il répond « oui »,sans hésiter.

Quand on évoque la délicate question de savoir si une contrainte, ou un faisceau de contraintes, une règle, stimulent la créativité, sa réponse est aussi nettement positive. Et il cite l'influence qu'a eue sur sa réflexion une pièce de György Ligeti, Musica Ricercata , œuvre pour piano qui utilise d'abord dans un premier mouvement deux notes, dont l'une est déclinée dans d'infinies variations de dynamique, de timbre, de couleur.... Puis dans le suivant trois notes, et ainsi de suite. C'est par exemple le défi que s'impose Dan Tepfer, en improvisant après chacune des Variations Golberg, d'en reprendre les contraintes dans un langage différent, le sien en l'occurrence. Dan Tepfer se dit que l'on eut aller encore beaucoup plus loin dans la démarche entreprise. Le concert de Montpellier, avec différents partenaires, et en public, marque une nouvelle étape, et ces premiers résultats l'encouragent à développer encore ses recherches ; il pointe cependant la limite du conceptuel, et l'importance du facteur humain (compositeur-programmateur-improvisateur) ; mais il reconnaît aussi que, par cette démarche, il parvient à produire une musique à laquelle il n'aurait pas accédé par d'autres voies, et le but recherché est atteint : produire de la joie.

Dans le prochain disque, d'ores et déjà enregistré, avec Lee Konitz, et qui devrait paraître dans les mois qui viennent sous un grand label, il y a une plage qui utilise le disklavier et un algorithme conçu par Dan ; et le pianiste dit que Konitz s'en est trouvé inspiré, entraîné vers un ailleurs insoupçonné. Dan Tepfer prévoit, en 2017, de mettre chaque mois en ligne une vidéo illustrant l'évolution de son travail, avant de publier un nouveau disque qui sera le résultat de ce parcours presque initiatique.

Les Dernières Nouvelles du Jazz suivront cette progression, avec un ou plusieurs entretiens en compagnie de Dan Tepfer, pour illustrer et éclairer ce qui s'annonce, d'ores et déjà, comme passionnant.

Xavier Prévost

Plus d'informations , en anglais, sur le site The Culture Crush :

http://www.theculturecrush.com/acoustic-informatics

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 14:29
Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Samedi 23 juillet, Mario Canonge-Michel Zenino 5tet ©David Abécassis

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Dix jours écoulés depuis le premier concert de jazz du Festival de Radio France & Montpellier Occitanie (nouvelle appellation contrôlée depuis la fusion du Languedoc Roussillon avec Midi Pyrénées). Dix jours de concerts à 22h dans le très grand Amphithéâtre du Domaine d'O, et un bilan globalement plus que positif : très beaux concerts, grande diversité, et belle fréquentation du public, lequel donne toute les apparences de la satisfaction.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Début dans l'euphorie avec le duo André Minvielle / Jean-Marie Machado : d'abord solo de l'un, puis de l'autre, et ensuite duo autour de Bobby Lapointe (un projet commun qu'ils ont donné de nombreuses fois), mais aussi du répertoire du chanteur-scatteur-vocalchimiste, avec passage par Mingus et Monk. Quelques beaux moments de folie douce.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Puis, dans le cadre du thème général du festival, qui est cette année « Le Voyage d'Orient », présence du « Golan Sextet » du contrebassiste Hubert Dupont. Avec un violoniste tunisien, une flûtiste d'origine syrienne, un percussionniste et un joueur de oud originaires de Palestine, un beau croisement des musiques de Méditerranée orientale avec le jazz, représenté par le contrebassiste, et Matthieu Donarier qui officiait à la clarinette métal. Belle réussite, avec des solistes exceptionnels, et certains arrangements très jazz sur ce terreau d'orient.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Le lendemain, « Carte blanche » au pianiste Dan Tepfer. Il a invité des artistes auxquels le lient d'anciennes connivences (la chanteuse Claudia Solal, le contrebassiste François Moutin) et un batteur avec lequel il s'est découvert plus récemment des affinités : Arthur Hnatek. Sur scène deux pianos : un grand Steinway, et un plus petit Yamaha, modèle Disklavier, à interface midi. Dan Tepfer, de culture scientifique de haut niveau, pratique depuis sa jeunesse la programmation informatique. Et il écrit sur son ordinateur, pour ce dispositif, des algorithmes conçus pour faire réagir la partie active et autonome de l'instrument à ce qu'il joue lui-même au clavier. Et il jouera successivement du piano de concert et du piano à interface. Avec ce dernier, il fera trois duos, ayant chaque fois créé un programme spécifique pour ses interlocuteurs et son interlocutrice : fécond et passionnant. La musique sans assistance des machines aura aussi sa place, avec un solo sur et autour de Bach (3ème Variation Goldberg) ; un très beau duo avec la chanteuse, sur Lush Life ; et un trio très effervescent avec le bassiste et le batteur. Le tout conclu par un quartette autour du Disklavier, sur une fractale conçue par Dan Tepfer, pour la circonstance, et dont la représentation visuelle évolutive s'affichait sur un écran géant à mesure que la musique se développe. Un article plus détaillé sur l'aspect informatique et musique viendra bientôt sur une autre page du blog, et sera développé dans les mois qui viennent par un entretien avec l'artiste, et un work in progress en vidéo.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Le jour d'après ce fut un autre pianiste, Michael Wollny, en trio : beau mélange d'atmosphères sombres empruntées au répertoire « classique » (Guillaume de Machault, Paul Hindemith, Alban Berg), très transformé, et de débauche d'énergie virtuose, avec une interaction impressionnante entre les membres du trio.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Puis ce sera le saxophoniste portoricain Miguel Zenon, avec son quartette régulier, où brille en particulier le pianiste vénézuélien Luis Perdomo. Richesse rythmique, belles improvisations mélodiques, constructions savantes ou tourneries entêtantes : la musique est de haut vol, le répertoire est celui d'un disque à venir, début 2017, qui devrait s'intituler « Tipico ».

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

La soirée suivante, à nouveau inspirée par la thématique orientale du festival, accueillait le groupe « Ethics » du contrebassiste Michel Benita, avec Mieko Miyazaki au koto, Matthieu Michel au bugle, Manu Codjia à la guitare, et Philippe « Pipon » Garcia à la batterie. Musique qui naît dans le recueillement pour ensuite exploser dans l'intensité expressive : grande réussite musicale, et gros succès public.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

©David Abécassis

La semaine, commencée le dimanche 17, s'achève le samedi 23 avec le quintette qui associe le pianiste Mario Canonge et le contrebassiste Michel Zenino. L'esprit est celui du jazz des années 60, celui qui s'épanouissait sous étiquette Blue Note avec Herbie Hancock, Freddie Hubbard, Joe Henderson.... Très bon groupe, très homogène, avec un batteur guadeloupéen, un trompettiste américain, et un saxophoniste cubain. Effervescence maximale dans l'Amphithéâtre, et confirmation que Mario Canonge est un grand pianiste de jazz.

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Le dimanche 24 juillet, le jazz fait relâche pour cause de Carl Orff. Contrairement à Woody Allen, je n'ai pas envie d'envahir la Pologne quand j'écoute Wagner. En revanche, les Carmina Burana auraient une fâcheuse tendance à réveiller en moi des instincts belliqueux. Donc, prudemment, je me suis abstenu....

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

La reprise du jazz, le 25 juillet, se fit en beauté, avec le trio « Fox » : Pierre Perchaud, Nicolas Moreaux, et à la batterie, remplaçant Jorg Rossy qui participait au CD, Karl Jannuska. Très belle musique, d'apparence intimiste, et pourtant porteuse d'une flamme intense, attisée par le drumming raffiné et pulsatoire du canadien. Lyrisme superlatif du guitariste, et formidable drive du contrebassiste, présent à chaque instant dans le trilogue : vraiment très réussi.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

La conclusion, le 26 juillet, se fit en compagnie du groupe Pucinella : déjanté, fédérateur et efficace, avec une mention spéciale pour le saxophoniste-flûtiste Ferdinand Doumerc, décidément porteur d'une incroyable énergie, combinée avec une incontestable virtuosité.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Au fil des jours, chaque soir à 20h30, la pinède du Domaine d'O accueillait un avant-concert avec des groupes de la région, d'une belle tenue musicale. Le plus originale et le plus abouti fut peut-être, le premier soir, le duo « Connie & Blyde », qui associe la chanteuse Caroline Sentis au violoncelliste Bruno Ducret. Et peut-être aussi, l'avant dernier soir, la renaissance du groupe vocal Elull Noomi, qui en 2008 avait eu les honneurs de la grande scène.... mais se trouvait fort heureux, pour sa reprise, d'avoir fait escale à la pinède.

Au total un bilan réjouissant, sur le plan de la qualité artistique et de la diversité du programme, lequel fut conçu par Pascal Rozat pour l'Amphithéâtre, et par Serge Lazarevitch pour la pinède.

Xavier Prévost

Les concerts sont en réécoute sur le site de France Musique :

http://www.francemusique.fr/emission/jazz-ete/2016-ete

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 22:31
@francoise Clergeat
@francoise Clergeat

Disparition d'André Clergeat, défenseur du jazz
Il sera un des grands absents -avec festival de Marciac qui s'ouvre cette semaine et qu'il manquait rarement. André Clergeat, acteur de la jazzosphère depuis la fin des années 40, s'est éteint le 23 juillet en région parisienne a l'âge de 89 ans. Il restera comme un ardent défenseur du jazz sous toutes ses formes. Licencié en anglais, un des fondateurs du Hot club universitaire de Paris en 1948, il sera aussi en 1954 à l'origine de la création de l'Académie du Jazz avec quelques professionnels et amateurs éclairés dont André Francis, aujourd'hui encore membre très actif du bureau de ce collège. Homme de radio, producteur d'émissions à la radio publique (0rtf puis radio France), il fut également un homme de plume prolixe: auteur de nombreux ouvrages dont La Sineclopedie du jazz avec Siné (décédé voici peu) ou Jazz les incontournables avec Philippe Carles, il dirigeait avec le rédacteur en chef historique de Jazz Magazine et Jean-Louis Comolli le dictionnaire du jazz, sorti en 1988 et dont la dernière édition date de 2011( Bouquins/Robert Laffont). Rédacteur de chef de Jazz Hot de 1953 à 1957, il a joué un rôle déterminant dans l'édition phonographique dans les années 50 en tant que directeur artistique de Vogue où il contribua à promouvoir le jazz -sortirent alors les premiers albums en solo de Martial Solal et Thelonious Monk-et accessoirement (il fallait bien assurer les fins de mois de la compagnie) à produire de la variété (on lui doit ainsi une traduction française du tube brésilien O grande amor). Mais son grand amour sera toujours le jazz comme il le manifestait en participant aux cérémonies de l'Academie du Jazz dont le concert marquant les 60 ans d'icelle en février dernier au Châtelet.
Jean-Louis Lemarchand

Published by Jean-Louis Lemarchand - dans non classé
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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 07:52

Bill Evans (piano), Eddie Gomez (contrebasse), Jack DeJohnette (batterie)

Villingen (Allemagne), 20 juin 1968

Resonance Records HCD-2019 / Socadisc

Franchement..... C'est l'été, il fait beau et chaud et même si les soirées raccourcissent, je vous imagine bien là, buvant un dernier verre sur votre terrasse, un cigare à la main, la tête dans les étoiles, écoutant cet album de Bill Evans dont Xavier Prevost se faisait l'écho dans ces colonnes il y a quelques semaines .

Seul enregistrement en studio de ce trio qui a marqué l'histoire du jazz par le célèbre album de Montreux, "Some Other Time "tutoie les sommets dans l'art du pianiste. Bill Evans semble ici encore plus relâché que jamais, maître dans l'art de la phrase bondissante, rebondissante, maître dans l'expression du swing harmonique, de la conduite de la mélodie hors de ses sentiers battus. Bill Evans fait danser son piano. Et même si l'on peut regretter comme le souligne Xavier, que la prise de son éloigne ( voire efface) Jack De Johnette, reste que cette relecture de ces standards est une véritable montée au ciel.

Un double CD a prendre absolument pour enchanter vos nuits d'été et regonfler à bloc votre amour du jazz.

Voilà, c'est juste un soupir d'amour que je partage avec vous. Pour le reste, je vous renvoie à l'excellent article de Xavier et à l'écoute lascive de Bill Evans.

Bises et bel été !

Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 12:05
JAZZ FOR KIDS

Jazz For Kids

L’autre Distribution

Manu Hermia (saxophones et flûtes), Sam Gerstmans (contrebasse), Pascal Mohy ( piano) 1er CD d’une série qui paraîtra sous le nouveau label KIDS AVATAR

En précommande sur itunes dès le 1er juillet et sur toutes les plateformes via Believe à partir du 22 juillet

www.manuel-hermia.com

www.tetesdejazz.eu

Excellent saxophoniste et flûtiste, coltranien dans l’âme, qui délivre un jazz « free », engagé dans son époque comme le prouve son dernier opus avec le même trio Austerity and…What About Rage ? ( label Igloo), Manu Hermia n’est pas un inconnu pour moi. Je l’avais retrouvé au Belgian Jazz Meeting en 2011, en trio avec Manolo Cabras (cb) et Joao Lobo (dms) mais la première rencontre remonte au Flemish Jazz Meeting, toujours in Bruges en 2007, et à Avignon avec la formidable opération Le jazz perd le nord, montée conjointement par l’AJMI avec le Théâtre des Doms enclave belge au sein de la cité papale, dans un programme raga, libertaire et métissé, Rajazz en 2007.

Le projet au cœur de ce tout nouvel album, n’est pas moins libre : trois jazzmen s’adressent aux enfants et à tous ceux qui ont envie d’aimer le jazz. Des improvisations à partir de standards que connaissent petits et grands, les comptines. Que vous ayez ou non l’âge des kids, le résultat est étonnant et franchement convaincant, des premières notes de « Frère Jacques » jusqu’au final « Bonsoir tout va bien » tendrement mélancolique d’Yves Barbieux. Moi qui ai dépassé la limite depuis longtemps et que ce genre de rengaine ennuie en général, j’ai dû remballer mes préjugés : ces rengaines éculées ont une vie propre et sonnent jazz, si on sait en jouer. Après tout, Coltrane a repris jusqu’au vertige « My favorite things ». En jazz ce n’est pas tant ce que l’on joue mais comment on l’interprète qui fait la différence Ecoutez une petite suite de 3 pièces sur… « Une Souris Verte » dont les qualificatifs pourraient décrire cette musique «Speed», "triste", "libre".

Les arrangements de Manu Hermia nous aident à saisir mélodie et harmonie par tout un dispositif ingénieusement expliqué et dessiné dans la pochette : on reconnaît très vite la mélodie et on peut même la chanter mais les couleurs et les rythmes diffèrent, ce qui donne du goût et d’une saveur nouvelle à ces antiennes même pas viriles, comme aurait soufflé Brassens. Je songe au Sétois car figure en fin d’album une version revigorante d’ « A La Claire Fontaine ».

Lignes de saxophones légères, dessinées avec fluidité, flûte qui chante et danse (« Meunier, Tu dors » ou sur « Une Souris Verte et Triste »), piano élégant, romantiquement evansien, contrebasse soutien efficace et discret du trio, voilà les points forts, ce qui fait tout le charme de ce Jazz for Kids.

Ajoutons que le groupe vient d’animer pour le plus grand bonheur de tous, sur quelques jours les après midis des Têtes de Jazz de l’AJMI, pendant le off du festival d’Avignon. Chaque chanson était prétexte à raconter le jazz au travers d’une histoire ou d’une devinette, à décortiquer ce qu’est l’improvisation. En s’amusant et de façon interactive. Ce qui est essentiel avec les enfants. Réjouissant et ludidactique donc.

Sophie Chambon

Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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