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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 07:03

18ème édition

03/04/05 Juillet

Domaine de Fontblanche

http://charliejazzfestival.com/

Charlie Jazz Festival 2015

Depuis des débuts militants avec l’association Charlie Free, le jazz a sa place à Vitrolles, commune des BdR (13), non loin de l’étang de Berre et de l’aéroport de Marseille Provence. Cette entreprise culturelle n’a cessé de se fortifier et de construire sa programmation sur un jazz actuel, « un jazz en marche » avec des concerts toute l’année au Moulin à Jazz et une grande fête, aux premiers jours de juillet dans le Domaine de Fontblanche. La canicule a provisoirement abandonné un peu de terrain en ce début de soirée, dans le magnifique parc ombragé de platanes centenaires et le public répond présent lors du premier grand week end des vacances.

Le quartet du trompettiste Ambrose Akinmusire ouvre la soirée sur la grande scène des platanes. Il avoue être heureux de découvrir ce festival même s’il a déjà joué dans le sud, à Marseille. Tout de suite, avec ses complices, la section rythmique composée de Harish Raghavan à la contrebasse et de Justin Brown à la batterie, sans oublier le pianiste Sam Harris, énergique et passionné, le concert démarre avec intensité. Ils sont absolument formidables, justes dans leur emportement même, habitués à se frotter à l’urgence de la déclaration musicale de leur leader qui les laisse souvent réagir en trio. Le trompettiste adopte alors une position de retrait, propice à l’écoute et au recueillement. L’écriture des différentes compositions laisse apparaître une structure rigoureuse et dense à laquelle tous se soumettent, en donnant l’impression d’une création continue et imprévisible. Une musique improvisée qui ne devrait jamais se répéter, qui tente de nouveaux contextes, pour se démultiplier, construire et déconstruire, souffler et apaiser. Voilà un jazz porteur de sens et de vertus formelles qui, sans renier ses repères, se révèle libre, dégagé d’influences trop prégnantes. Comme si le musicien voulait inventer un nouveau langage, débarrassé de scories encombrantes. A la trompette, il est bluffant, avec un quelque chose qui n’appartient qu’à lui, un son droit, direct, comme intériorisé. Rare et fulgurant, incisif, vif d’attaque et tout en nuances, brillant sans éclat, vigoureux et tendre à la fois, retenu par moment, très sérieux dans son engagement, on ne peut s’empêcher de le fixer pour essayer de comprendre comment « ça » joue. On écoute absolument sidéré cette musique, ardente dans ses commencements, nerveuse, qui entraîne au-delà de la sensibilité et du lyrisme. Sur une ballade justement, en duo avec le pianiste, il parvient à une émotion intense, d’une douceur qui peut faire mal. Il y a quelque chose de transcendant dans cette musique, faite de recueillement et de spiritualité. Et c’est en ce sens qu’Akinmusire fait penser à Coltrane. Car cette intensité va bien au-delà de l’instrument et l’on se sent emporté dans un maelström fiévreux. S’éloignant de la transparence et du contrôle, on plonge au cœur d’une origine que l’on ne connaît pas. Ambrose Akinmusire poursuit avec ses compagnons un dialogue fervent, construisant une forme plus narrative, très ouverte. Un jazz vif dans une aventure collective qui devrait s’installer tout en se transformant continûment. Un bien beau parcours, peu balisé qui suppose l’engagement d’une écoute attentive et complice. Le jeune trompettiste d’Oakland -il n’a que 33 ans- a déjà joué avec les plus grands, de Joshua Redman à Steve Coleman sans oublier notre « Frenchie » Michel Portal qui, fine mouche, l’avait appelé sur son « Bailador ». Il a signé sur le label Blue Note son dernier album au titre étrange « The Imagined Savior Is Far Easier To Paint ».

Si je suis surprise de ne pas vraiment « reconnaître » l’album que j’avais pourtant chroniqué ici http://www.lesdnj.com/article-ambrose-akinmusire-the-imagined-savior-is-far-easier-to-paint-123396294.html , c’est que le programme du concert ne reprend pas, dans l’ordre établi, le répertoire du disque. La musique a évolué au cours des tournées, en une année. Le groupe joue donc quelques compositions mais donne aussi la primeur de musiques inédites comme si les occasions de jeu offraient un territoire de création, un laboratoire pour recherches à venir. Comme si chaque concert permettait de repousser ses limites vers une nouvelle frontière ; c’est dire que ce quartet ne recherche pas la facilité, ne tient pas même à vendre ses disques après le concert.

Captivé de bout en bout par cette musique sensible, on ressent cette confiance indéfectible dans la musique, l’éternité du jazz, son essence. Ce que démontre paradoxalement l’art de ces musiciens est que plus ça vient de loin, plus cela sonne neuf.

@Forence Ducommun

@Forence Ducommun

Changement de set et contraste absolu avec le groupe suivant, co-animé par un duo chaleureux et bon enfant, le Sylvain Luc et Stefano Di Battista  Quartet. Sans transition, on revient à une musique européenne, mélodique et lyrique. Accentuant encore leur versant naturel pour ce style, le guitariste basque et le saxophoniste romain ont choisi de reprendre des thèmes connus d’Ennio Morricone, de Michel Legrand, de Nino Rota...Ils jouent le répertoire de leur dernier album Giu’ La Testa sorti chez Just Looking productions l’an dernier. 

S’entend alors une musique plus lisse sans être facile, qui fait la joie du public qui en redemande, soulagé  peut-être après la tension du concert précédent, incandescent. D’autant que le duo fait le show avec simplicité et gentillesse. Les deux gaillards peuvent tout jouer : du jazz funk avec une reprise de Ray Charles, du jazz rock avec le «Dingo Rock » de l’incontournable Michel Legrand, du trad, des ballades.  Certains des thèmes choisis font partie de notre mémoire collective  comme « La Chanson des Jumelles » ou les compositions de Morricone pour le cinéma, toujours émouvantes que ce soit « Love Theme For Nata » ( Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore) ou «Giu’La Testa» d’ «Il était une fois la révolution» de Sergio Leone. Tout invite à la danse dans cette musique sans prétention qui coule sans effort avec une rythmique irrrésistiblement entraînante, le chevelu Pierre François Dufour à la batterie et l’élégant Daniele Sorrentino à la basse électrique.  Ces musiques se transforment au gré des variations tout en se parant des couleurs de la nostalgie, comme dans « Touch Her Soft Lips And Part » de William Walton où l’on pourrait entendre des effluves des Beatles, avec un sax soprano délicat. Ainsi se finit avec un rappel chaudement acclamé, la première soirée du festival. On ne boudera pas son plaisir, le jazz est aussi une musique de divertissement et de plaisir qui se consomme sur place et dans l’instant ; surtout quand elle est interprétée par des virtuoses qui ne se prennent pas au sérieux et jouent en jouant.

Sophie Chambon

Florence Ducommun

Florence Ducommun

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 19:09
Pascal SCHUMACHER : "Left Tokyo Right"

www.laboriejazz.fr

www.pascalschumacher.com

https://www.youtube.com/watch?v=0RDtAAhW3h8

Pascal Schumacher (vibraphone, compositions)

Pol Belardi (basse, contrebasse)

Franz von Chossy (piano, fender)

Jens Düppe (batterie)

Sylvain Rifflet (saxophone)

Verniri Pohjola (trompette)

Guests : Magic Malik (flûtes) et Aliénor Mancip (harpe)

Ce LTR album du vibraphoniste Pascal Schumacher ne signifie pas « Long term relationship » mais LEFT TOKYO RIGHT. D’une voix douce, dans le petit film promotionnel du label Laborie, il explique la genèse de cet album à 8, conçu après une résidence au Japon. En bon occidental, il a vite été fasciné par la dualité de la civilisation japonaise prise entre tradition et modernité. Ce qu’il exprime dans un travail sur les contrastes dans le titre éponyme « Left Tokyo Right » au juste milieu de l’album. « Left » représentant les quartiers modernes de Tokyo, ceux des néons et du J pop, alors que « Right » fait référence aux temples, aux femmes en kimono, aux joueurs de taiko. Vraiment séduit, le vibraphoniste a ensuite fait des séjours privés reliant Tokyo à Kyoto et Nagano dans une découverte plus approfondie de l’âme de ce pays.

Après cinq disques sous le nom du Pascal Schumacher quartet, il était temps de faire évoluer sa musique : aussi au quartet belge initial, composé du batteur de Cologne Jens Düppe et du pianiste allemand Franz Von Chossy, s’est rajouté le bassiste électrique luxembourgeois Paul Belardi. Voulant ouvrir encore davantage à d’autres influences, Pascal Schumacher a fait venir le trompettiste finnois Verneri Pohjola, emblématique pour lui d’un renouveau de l’instrument, un son feutré mais moderne ; ayant déjà travaillé en duo avec le saxophoniste français Sylvain Rifflet, il lui demanda son concours pour alimenter en tant que souffleur mais aussi « percussionniste » la machine à jazz qui se créait.

Enfin deux invités, le flûtiste Magic Malik indispensable pour donner cette coloration japonaise de la flûte shinobue sur « Lilia » par exemple et la harpiste Alienor Mancip dont l’introduction de «Sakura -San » nous immerge dans une pluie de fleurs de cerisiers.

Ainsi aux commandes d’un nouvel équipage, Pascal Schumacher mène à bien un projet ambitieux, dévoilant un arrière-pays attachant, qui ne cache en rien un authentique travail de recherche, de placement et de répartition des rôles. On sent bien cette volonté délibérée de bousculer certaines lois du genre et d’imposer doucement sa manière mélancolique, parfois contrariée d’un entrain rebondissant.

La plupart des compositions sont du vibraphoniste mais il réussit une version envoûtante du thème principal du film Furyo d’Oshima, « Merry Christmas, Mr.Lawrence » (titre original) où la star de la pop japonaise Ryuichi Sakamoto, non seulement composait la B.O et ce tube planétaire à l’époque (1983) tout en affrontant David Bowie à l’écran.

Left Tokyo Right nous fait entendre une musique amoureuse et sérieuse, énergiquement rythmée tout en étant lyrique. Un savoir-faire « maillochique » poétique qui culmine peut-être dans « wabi-sabi », ce concept japonais qui combine harmonie et désordre. Un rêve de musique, sinon de vie.

Sophie Chambon

Pascal SCHUMACHER : "Left Tokyo Right"

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 23:44
CHICAGO REED QUARTET  : "WESTERN AUTOMATIC"

WESTERN AUTOMATIC

Mazzarella / Rempis/ Williams/Vandermark

Label Aerophonic

www.aerophonicrecords.com

www.davidrempis.com

Le label du saxophoniste chicagoan David Rempis, créé en 2013, Aerophonic, est la manifestation d’une indépendance voulue, assumée mais obligée qui pousse les musiciens à exercer un contrôle serré sur toute la chaîne de production musicale, à maîtriser la « fabrique » de leurs albums, surtout quand il ne s’agit pas d’une musique «main stream ».

Cet étonnant Western Automatic réunit en un quartet de saxophones paritaire, quatre générations de musiciens chicagoans, séparé chacun de dix ans, si l’on admet cet intervalle suffisant. Ils ont fourni deux compositions spécifiques, qui, après une série de répétitions et de concerts dans diverses salles de la ville, ont été enregistrées en une seule prise, lors d’un après-midi d’été, le 10 août 2014, au club The Hungry Brain.

On a ainsi l’occasion de découvrir l’étendue des registres de saxophones, du sopranino au baryton, tous, à l’exception de l’altiste Nick Mazzarella, empoignant divers horns et Ken Vandermark jouant aussi des clarinettes. Tout un florilège de styles qui révèlent ces fortes personnalités au travers de leurs compositions : après le « Burning Unit » de Mars Williams qui porte bien son titre, où le quartet démarre en vrombissant, pour virer ensuite à un climat de film noir, survient le délicat et presqu’ellingtonien « Remnants » terriblement velouté, qui contraste avec le « Broken Record Fugue » de Ken Vandermark plein de chausse-trappes, et de pointillismes où se poursuivent au baryton Rempis et Vandermark. Des morceaux qui prennent le temps, sans traîner pour autant, de développer des motifs complexes,au long desquels les quatre voix se répondent. Combinant lyrisme, spontanéité, rigueur et appétit de liberté, cet album nous abreuve d’une musique désirante, sans nostalgie, ouverte au contraire au monde actuel, avec parfois des échos au World Saxophone quartet.

La lecture de la presse spécialisée m’apprend que le quartet est mort-né, rupture due peut-être à des dissensions ou plutôt aux difficultés quasi-insurmontables pour trouver des gigs. C’est vraiment dommage et l’on ne peut que louer le saxophoniste David Rempis d’avoir enregistré cet unique et inoubliable moment musical.

Sophie Chambon

Sophie Chambon

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 23:40
THE REMPIS PERCUSSION QUARTET : " Cash and carry"

Dave Rempis (alto/tenor/baritone saxophones)

Ingebrigt Haker Flaten (contrebasse)

Tim Daisy Frank Rosaly ( drums)

Label Aerophonic records

www.aerophonicrecords.com

www.davidrempis.com

En ce début d’été, canicule annoncée, voilà de quoi se rafraîchir la tête... Suivez mon conseil et posez-vous pour écouter des groupes qui décoiffent...

Comme ce quartet très actif sur la scène des musiques improvisées de la Cité des Vents, fondé par le saxophoniste David Rempis, il y a déjà onze ans, avec les batteurs Tim Daisy et Frank Rosaly et le contrebassiste norvégien Ingebrigt Häker Flaten,

On s’aperçoit très vite qu’avec ces quatre musiciens, les possibilités sont presqu’illimitées, puisqu’ils savent à merveille déconstruire les mélodies de base pour mieux les réarranger en de nouveaux motifs. Et que leur aptitude à l’improvisation peut les conduire à des développements substantiels.

Deux pièces très longues composent donc cet album Cash and Carry, enregistré live, le 31 août 2014 au Club de Chicago The Hungry Brain qui semble bien être leur repaire : de sensibilité différente, la première composition «Water Foul Run Amok» ne fait pas moins de 39’14, alors que la dernière «Better Than Butter» est beaucoup plus ramassée 15’29.

C’est à l’ampleur et à la fascination du chant, à l’expression libre que ce quartet se réfère. Sans relâche le saxophoniste attaque, poursuit l’échange, le reprend en passant au baryton par exemple, avec une énergie indéfectible.

Dans la première composition, l’affirmation franche et précise au ténor dure près de 9’, soutenue par le pilonnement des deux batteries chargées à bloc alors que la contrebasse, proche et palpitante, n’est pas en reste. Puis, étonnamment,survient un passage long et méditatif, d’une douceur inquiétante ; car le répit, on le comprend vite, est toujours provisoire. Vers la 23ème minute, la pulsation de la contrebasse re joint le cliquetis-claquettes des batteries, en des motifs complexes influencés par les rythmes africains. Très vite, le saxophone revient tel un sifflet moqueur pour s’entretenir, vers la 31ème minute, avec la basse, avec en fond des interventions nettement plus légères des batteurs.

Quand il passe au baryton, David Rempis semble plus apaisé, rigoureux dans le phrasé, s’étant soulagé ailleurs de torrents de musique incandescente.

Pour la deuxième pièce, qui passe presque trop vite en comparaison, c’est la contrebasse qui attaque sur le crépitement des percussions, alors que le baryton la joue plus blues (pas bluesy, attention !). Vous l’aurez compris, nous sommes au cœur d’un dispositif de « wide open free jazz » avec des fragments de mélodie et des changements de rythmes contrôlés, une vibrante démonstration sans vociférations, plutôt rageuse et rebelle, un flot qui ne manque ni de délicatesse ni de force. Ces quatre là se connaissent depuis longtemps et n’ont aucune difficulté à converser, improvisant de façon si complice, en un élan continu, dans un arrière-pays transgressif. C’est dans de drôles de voies que nous entraîne ces amis qui ont joué et jouent encore dans des contextes très différents (pas moins de quarante groupes pour les batteurs). Ainsi s’entend dans cette musique sans parole, un seul chant qui exprime souvent la colère mais promet aussi la (ré)conciliation. C’est une vérité de « la chose » qui n’est sans doute plus «nouvelle» mais qui continue à se modifier : un projet collectif cohérent, intègre, constamment sous tension, dans une réelle urgence du jeu. A écouter sans modération...

Sophie Chambon

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 06:57
Eddy Louiss, musicien muticolore

Par Jean-Louis Lemarchand

Il avait intitulé l’un de ses groupes les plus ambitieux et pas seulement par son gigantisme-50 interprètes, professionnels et amateurs- Multicolor Feeling. Une définition en forme d’auto-portrait. Décédé à Poitiers le 30 juin à 74 ans, Eddy Louiss était bien un musicien polymorphe, sans œillères, qui se sentait aussi à l’aise dans le be-bop que dans les airs des Caraïbes de sa famille –son père, Pierre Louise, trompettiste, était originaire de Martinique- ou les mélodies africaines.

Cet éclectisme, Eddy Louiss l’a aussi manifesté tout au long d’une carrière débutée à l’adolescence en partageant son activité entre le jazz, sa véritable culture, et la chanson qu’il servit treize ans, à son instrument de prédilection, l’orgue, dans la formation de Claude Nougaro (rappelons le nom de quelques-uns des jazzmen employés par le « petit taureau toulousain », Lubat, Romano, Vander, Gaudry, Portal, Galliano….) . C’est d’ailleurs en chantant que le jeune Eddy fit ses grands débuts discographiques dans le groupe vocal Les Double Six en 1959-60 où il prend les solos de saxophone ténor de Bob Cooper (Sweets) et Bill Holman (Fascinating Rhythm).

Formidable d’énergie et de lyrisme, Eddy Louiss avait séduit Stan Getz qui l’engage au début des années 70 avec Bernard Lubat (batterie) et René Thomas (guitare). Ce sont ces mêmes qualités qui incitèrent le producteur Francis Dreyfus deux décennies plus tard à l’enregistrer en duo avec Michel Petrucciani (Conférence de Presse 1 et 2. 1994, 1995), qui s’avère un gros succès commercial. Il n’était pas moins brillant au sein du trio HLP formé en 1966 avec Jean-Luc Ponty (violon) et Daniel Humair (batterie) reconstitué en 2012 au Théâtre du Chatelet pour un des derniers concerts parisiens de l’organiste. Affaibli par une maladie qui l’avait privé de l’usage de ses jambes, Eddy Louiss avait du en effet réduire sérieusement son activité

Restera de ce musicien gargantuesque une discographie pleine de fougue et de lyrisme et le souvenir d’un artiste engagé qui participait ainsi à la Fête de l’Humanité en 1985 à un concert de soutien à Nelson Mandela aux côtés d’autres éminents témoins de la liberté d’expression musicale, Bernard Lubat et Max Roach.

.

Discographie sélective : Les Double Six (1961), So What (1967), Dynasty (1971), Multicolor Feeling Fanfare (1988-89), Conférence de Presse (1994-95), Louissiana (1995), O Toulouse (2004), Taurorque (2010).

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 21:20
Eddy Louiss au paradis de Jimmy Smith

L'organiste de jazz Eddy Louiss, vient de rejoindre le royaume de Jimmy Smith à l'âge de 74 ans.

Le royaume de Jimmy Smith mais aussi de tous les allumés du jazz qui dansent au desus de nos têtes.


Né à Paris le 2 mai 1941, ce musicien touche-à-tout, loin de se limiter à l'orgue, avait débuté sa carrière dans les années 1950 dans l'orchestre de son père, le trompettiste Pierre Louiss (qui avait changé la dernière lettre de son nom de famille qui était à l'origine Louise). Il fit partie des Double Six, légendaire groupe vocal du début des années 1960.
"Je suis arrivé à l'orgue tout à fait par hasard, au moment où sortait Jimmy Smith", qui donna à l'instrument ses lettres de noblesse en jazz, confiait en 2010 Eddy Louiss.


Il diffusa dans les années 1960 les chaudes mélodies de son orgue Hammond aux côtés de jazzmen prestigieux (Stan Getz, Kenny Clarke, Jean-Luc Ponty...), fut le musicien attitré de Claude Nougaro pendant 13 ans (entre 1964 et 1977), enregistra à la Nouvelle-Orléans un disque funk new-orleans avec des musiciens locaux.
Il avait fait le choix, "pas forcément facile", de s'éloigner de Claude Nougaro pour faire entendre sa propre musique, a expliqué son fils.

Eddy Louiss qui travaillait dit-on avec un orgue "augmenté" d'au moins une octave etait considéré par ses pairs comme l'un des plus grands organistes. On a tous en tête ce fameux Multicolor Feeling fanfare qui avait endiablé nos jours à la fin des années 80.

Le musicien, amputé de la jambe gauche il y a une dizaine d'années à la suite de complications artérielles, se tenait un peu en retrait de la scène depuis quelques années.

On l'a vu il n'y a pas si longtemps revenir sur le devant de la scène et éblouir pour un concert étourdissant le public du Parc Floral en 2011.

Eddy Louiss avait encore des projets musicaux, notamment avec le musicien Michel Portal.

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 21:10
BRUNO ANGELINI : « Instant Sharings »

La Buissonne RJAL397022 / Harmonia Mundi

Bruno Angelini (piano), Régis Huby (violon, violon ténor, effets électroniques), Claude Tchamitchian (contrebasse), Edward Perraud (batterie, percussion)

Jazz de chambre dira-t-on ? Peut-être.... Jazz, assurément, avec cette fine connivence propre à la musique de chambre, le goût des nuances exacerbées, et à chaque instant cette liberté propre au jazz, qui donne à entendre, dernière chaque note de chaque musicien, une délibération autonome dans un espace collectif.

Les compostions sont majoritairement celles du pianiste, mais l'on y trouve aussi la reprise (en deux versions : introductive et conclusive) d'un thème de Paul Motian, Folk song for Rosie (qui en donna une première version en 1979 dans « Voyage », puis plusieurs autres....). Suit un thème de Wayne Shorter, issu de son duo avec Herbie Hancock, et plus loin une composition de Steve Swallow tirée de l'album « Echoes ». Dans tous les cas, ce qui va prévaloir, c'est l'intensité du lyrisme, avec une forte expressivité, forte mais retenue, pour jaillir parfois jusqu'en un épisode violent. Les compositions de Bruno Angelini sont dans une adéquation remarquable avec l'instrumentation, la personnalité musicale de chacun des partenaires, et avec les reprises déjà citées. C'est à tous égards du grand art, et s'il est pertinent parfois de dire de certains musiciens qu'ils tutoient le sublime, on pourrait dire qu'ici ils le caressent, jusqu'à le troubler.... Troubler le sublime : c'est peut-être l'une des portes du bonheur musical !

Xavier Prévost

Une vidéo du groupe, dans le live de la Matinale culturelle de France Musique : http://www.dailymotion.com/video/x2tek33

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 21:06
SMTHG CLOSE TO SMTHG

“Something Close To Something”

Quartet d’André Jaume

Label Durance/ distributeur Orkhêstra International

www.label-durance.org

www.atelier-de-musiques-improvisées.org

Dès les premières notes, on se retrouve dans une ambiance familière, une énergie propre au jazz qui rayonne au sein du quartet du saxophoniste André Jaume. Il s’en donne à cœur joie, acompagné du guitariste Alain Soler, du fils de celui-ci, Anthony Soler à la batterie et de Pierre Fenichel à la contrebasse.

On découvre ensuite qu’il s’agit d’une histoire d’amitiés, d’une rencontre fondatrice en 1991 entre le saxophoniste et le guitariste après que celui-ci ait écouté Something, enregistré en 1990 à New York sur le label sudiste Celp (fondé par André Jaume) avec Bill Stewart, Joe McPhee, Anthony Cox, Clyde Criner.

L’année de la rencontre d’Alain Soler avec André Jaume, le guitariste ayant obtenu le premier prix de la classe d’ensemble Jazz de Marseille dirigée par Guy Longnon, crée l’Atelier de Musiques improvisées dans le 04 (Alpes de Haute Provence). S’ensuit la création du label Durance, à la production discographique régulière, à laquelle participe en complice éclairé, André Jaume.

Ces précisions ne sont pas inutiles pour comprendre que ce disque actuel est construit comme un miroir inversé ( par exemple, le premier thème « 278 » s’appelait « 872 »), une sorte de mise en abyme autour des compositions du premier SMTHG, transformées en autant de « plagiats-prétextes jubilatoires », en déconstruisant rythmes, trames harmoniques, mélodies originelles. On est bien au cœur du dispositif du jazz, dans l’échange, le partage sans œillères, l’amour de la variation qui peut conduire à des translations sans fin. Douces modulations, irisations tendres, puissance plus instinctive du rock, voilà des transformations audacieuses réussies, un répertoire abordé différemment, rafraîchi en quelque sorte. Un album très agréable à découvrir, concocté par un formidable musicien, passeur incomparable, nourri de cette tradition jazz. Il a su s’entourer d’amis talentueux qui font résonner l’ensemble avec une belle homogénéité, puisque tous arpentent les mêmes rivages, à la recherche d’un horizon partagé.

Du jazz comme on l’aime, sans esbroufe, qui groove élégamment, un album-mémoire du passé obsédant et toujours exaltant de cette musique.

Sophie Chambon

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 00:11
TAM DE VILLIERS 4 tet : «  Panacea »

TAM DE VILLIERS 4 tet : « Panacea »

Whirlwind 2015

Tam de Villiers (g), David Prez (ts), Frederic Chiffoleau (cb), Karl Jannuska (dms)

Tam de Villiers ne cesse de nous surprendre album après album.

Ce jeune guitariste anglo-Sud Africain vivant à Paris s’impose en effet comme l’un des garçon les plus intéressant du moment sur cet instrument, avec une vraie constante dans la progression de sa musique. Depuis 2003 qu’il s’est installé dans la capitale, Tam de Villiers qui en est à son troisième album est en effet toujours resté attaché à son quartet de départ où seul Frederic Chiffoleau a pris la place de Bruno Schorp.

Il faut dire que la musique qu’il compose est exigeante et repose sur une compréhension quasi télépathique entre les membres du quartet. Tam De Villiers écrit une musique en apparence difficile, tirée de concepts empruntés à l’alchimie et à la géométrie dont la substance évoque celle de Steve Coleman ou encore les tiroirs dodécaphonique de Schönberg. Pourtant Tam De Villiers, que l’on sait par ailleurs proche de Marc Ducret, reste attentif à ne pas donner à sa musique un caractère trop cérébral, trop intellectuel, mariant des personnalités musicales du quartet très différentes et leur laissant des vraies plages d’expression et d’improvisation.

Sur 4 titres, Tam De Villiers convie le superbe chanteur Gabor Winand que Tam de Villiers avait découvert sur l’album que ce dernier avait réalisé avec le guitariste hongrois Gabor Gado. Le chanteur s’y fait alors presque instrumentiste vocal sur des textes inspirés de la poésie Jungienne.

Le résultat de cet album est surprenant et parfois fascinant . Un peu kaléidoscopique.

Il y a dans la musique de Tam De Villiers quelque chose d’organique dans l’agencement de la pâte sonore, dans les revirements harmoniques et dans les passages alternées de l’atonal et du modal et dans les tiroirs qui s’emboîtent les uns dans les autres pour former un ensemble cohérent.

Un ensemble captivant.

Jean-Marc Gelin

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 07:50
Les lauréats Talent Adami Jazz 2015 :

Le 3 Juillet / jazz a vienne : STEPHANE KERECKI https://vimeo.com/130435111

Conference de presse a 17H30 avec Laurent de Wilde ( representant de l adami ) et Stephane Kerecki

Le 8 juillet / Jazz a Vienne : LAURENT COULONDRE TRIO https://vimeo.com/130435110

Les festivals partenaires :

Jazz in Marciac – Jazz à Vienne – Paris Jazz Festival London Jazz festival - Bratislava Jazz Days

L’opération Talent Adami Jazz, initiée par l’Association artistique de l’Adami & Jean Jacques Milteau ( pdt de l Adami) se positionne comme un véritable tremplin à l’exportation des artistes de jazz français avec la complicité des plus grands festivals. Avec cette opération, l’Adami est un véritable partenaire de développement d’artistes, le lien entre les tourneurs et des festivals incontournables en France et à l’étranger.

Les dates :

PARIS JAZZ FEST :

STEPHANE KERECKI : le 7 Juin

LAURENT COULONDRE TRIO : le 26 Juillet

JAZZ A VIENNE :

STEPHANE KERECKI : le 3 Juillet // conf de presse a 17H30 avec laurent de wilde ( representant de l Adami)

LAURENT COULONDRE : Le 8 juillet

JAZZ IN MARCIAC :

LAURENT COULONDRE : le 30 Juillet

STEPHANE KERECKI : le 4 aout

FESTIVAL MIMO / BRESIL

STEPHANE KERECKI : le 20 Nov

LONDON JAZZ FEST ( Nov )

LAURENT COULONDRE TRIO & STEPHANE KERECKI

JAZZ DAYS BRATISLAVA ( Oct) :

STEPHANE KERECKI

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