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Jeudi 23 mai 2013 4 23 /05 /Mai /2013 22:31

Toute l'équipe de Jazz Campus en Clunisois vous salue ce merveilleux printemps


 Notez bien les dates du festival :
 du samedi 17 au samedi 24 août 2013 !
 
 
- Et quelques nouvelles -
 
En 2012 nous avons eu une excellente vague de stagiaires, dont un bon nombre de jeunes gens très motivés dans les divers ateliers et aux jam's du soir.
 
De plus en plus de spectateurs nous rejoignent lors des concerts toute la semaine, tant à Matour, Dompierre, Massilly que Cluny, même si, pour cause de météo pluvieuse, le double concert de clôture à Cluny à de nouveau dû se réfugier à la salle des Griottons, ce qui n’a pas été sans incidence sur la fréquentation générale.
 
Malgré ces inconvénients les comptes 2012 seront équilibrés.
 
Les perspectives pour 2013 sont plus délicates. Plusieurs subventions vont être abaissées, voire supprimées et pour la première fois nous envisageons d'engager notre réserve - constituée entièrement de l’apport de nos adhérents - afin de préserver la qualité des concerts à venir, tant dans le respect des artistes que des techniciens. Dans ce contexte, les spectateurs, stagiaires et adhérents à JAZZ CAMPUS seront d’autant plus les supporteurs essentiels de notre action. Au-delà de la dimension financière, c’est un grand support moral que de vous savoir nombreux associés à notre projet de développement des musiques improvisées sur le Clunisois.
 
L’équipe de Jazz campus en Clunisois vous remercie pour votre soutien.
En pièces jointes: bulletin d'adhésion et TOUT le Festival et les Stages
 


Bulletin d'adhésion ou de membre donateur 2013
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Mardi 21 mai 2013 2 21 /05 /Mai /2013 10:55

Deutsche Grammophon (Universal).

 

Cover-Galliano_Vivaldi.jpg« Je veux garder la personnalité de l'instrument, son histoire. Ce n'est pas parce que je joue avec un orchestre à cordes classique que je vais me mettre en queue-de-pie ! ». C’était il y a près de quinze ans. Richard Galliano se confiait lors de la sortie d’un album en compagnie de l'orchestre des solistes de Toscane.
Depuis, l’accordéoniste n’a cessé de naviguer dans toutes les sphères de la musique, du jazz au classique. Avec la même gourmandise. En signant chez Deutsche Grammofon, l’interprète admirateur de Piazzolla a fait un choix artistique indiscutable. Il renoue avec cette musique qu’il jouait et écoutait dès ses premières années d’exercice sur les rives de la Méditerranée.
 Après avoir abordé Bach et Chopin, avec modestie et respect, Galliano s’attaque au plus populaire du répertoire avec les Quatre Saisons de Vivaldi. Les versions se comptent par centaines dans les bacs et on a même entendu un violoniste serbe à la chevelure en folie ajouter une cinquième saison donnée avec fougue et brio. Galliano ne manque assurément pas de ces deux qualités mais il ne les exhibe pas. Il refuse ce qu’il dénomme « l’accordéonisme », cette volonté –cette velléité- de transformer le roi du bal populaire de la France de nos parents et grand’parents, en instrument royal du type orgue de cathédrale.
Par ses arrangements et son jeu, Richard Galliano met en quelque sorte son Victoria 1963, chef d’oeuvre du facteur italien Castelfidardo, en sourdine. L’important à ses yeux c’est de laisser entendre les mélodies de Vivaldi avec leur puissance émotionnelle et pulsionnelle, sans « en rajouter ». Certains assurément feront la moue devant cette approche révérencielle. D’autres préfèreront le traitement « jazz » dans les années 50 d’Hubert Fol (avec dans la phalange des saxophonistes Jean-Louis Chautemps) qui a fait l’objet d’une réédition dans la précieuse collection Jazz in Paris.
Reste que Richard Galliano, en symbiose avec ces compagnons de la sphère classique- Jean-Marc Apap, alto, Jean-Marc Phillips-Varjabédian, violon, Stéphane Logerot, contrebasse- apporte respiration et rythme à ces Quatre Saisons. Il ne se sert pas de cette œuvre illustre-à la différence de certains « jazzmen » dans le passé avec Bach, chacun pense à un certain pianiste « au collier » ou à un clarinettiste apprécié dans les églises- il lui rend hommage, de manière authentique et sincère. Et il assume ses choix, conscient du risque que « tout le monde lui tombe dessus (sic) ». Cette indépendance ce n’est pas la moindre des qualités-touchantes- de Richard Galliano.

En concert le 22 mai à l’Eglise Saint Eustache (75001) ; Bruxelles le 27 mai ; Joinville le 29 ; Soissons le 30 et Lésigny le 31 mai. .
Jean-Louis Lemarchand

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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 21:05

 

ECM 2013

Craig Taborn (p), Thomas Morgan (cb), Gérald Cleaver (dms)

 

 craig-taborn-trio-chants.jpg

Marque de fabrique ECM : la qualité du son et la reverb donnée au piano.

C'est toujours, avec le label de Manfreid ERicher une impression d'espaces larges dans le traitement du son. Comme si  les trois membres du trio formaient un triangle et occupaient cet espace en mouvement en se rapprochant ou s'éloignant les uns des autres comme autant de combinaisons possibles. Il y a à la fois une école du piano nordique, faite de silence et de grandes respirations et une école plus américaine plus portée sur les improvisations jouées sur des motifs harmoniques complexes.

La musique ( des compositions de Craig Taborn) relève d'une conception très personnelle du trio jazz où l'on sent toute l'attention que le pianiste a apporté personnellement à chacun de ses camarades de jeu dans l'écriture. De ce fait il parvient à créer une réelle interaction de jeu entre les trois. Où l'on notera tout particulièrement le travail incroyable de musicalité de Gerald Cleaver qui va chercher des reliefs et des ornementations de jeu très subtils. Véritable coeur palpitant.

Le début de l'album fait mouche avec ses trouvailles harmoniques et rythmiques, ce calage de très haute précision qui bouscule un peu. Saints, un des morceau les plus réussi de l'album nous fait entrer dans cette belle machinerie. Craig Taborn fait surgir de véritables pépites au bout de ses doigts. Sa déambulation surprend, nous oblige à une écoute attentionnée pour suivre les méandres de ses improvisations. Idem sur les ostinatos qui ouvrent  Beat the ground et sur lesquels le driving de Gerald Cleaver

impressionne. Gerald Cleaver, toujours lui éblouissant, lyrique et bouillonnant. C'est notamment ce qui impressionne beaucoup : cette rythmique forte derrière le pianiste, doublée par le jeu de main gauche de Craig taborn qui l'ancre dans une profondeur dans laquelle on se laisse attraper. Mais cette musique de chambre prend souvent le travers, au fil de l'album, d'un intimisme qui connaît quelques moments de grandes lenteurs dans lesquels on aime divaguer et s'ennuyer un peu  ( All tru night, cracking heart, silver ghost). C'est une approche parfois très classieuse du piano jazz avec sa part de rêverie et d'errance comme les aime Manfreid Eicher. Mais parfois aussi la machine se met en branle sur des thèmes répétitifs comme sur Speak the name où la tension crée réveille un peu l'intérêt de l'auditeur. Qui saura c'est sûr en découvrir toutes les beautés cachées.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 07:47

 

Double Moon Records 2013

Denis Gäbel (ts), Pablo Held (fender), Martin Gjakonovski (cb), Jonas Burgwinkel (dms)

 gabel.jpeg

C'est véritablement la découverte de ce saxophoniste ténor venu d'outre-rhin et qui, pour ma part m'a donné une claque du genre de celle que je prends parfois à l'écoute de Joshua Redman ou, dans un autre style de Chris Potter. Totalement inscrit dans la tradition des ténors issus de cette école au son ample, au groove incandescent, au placement rythmique exceptionnel. Il paraît que le garçon est très demandé en Allemagne. Tu m'étonnes !

Ecouter ce qu'il fait sur Halfway Trough avec une maîtrise du son incroyable. Denis Gabel est un saxophoniste au discours impétueux,épais et fluide, tranchant dans le lard du jazz funky ou du blues ( comme sur Devil woman de Charlie Mingus, seule composition non originale) avec une incroyable maîtrise. On pense sur le plan harmonique, au travail d'un Jerry bergonzi. C'est dire toute l'étendue du talent de ce saxophoniste sans aucun complexe et dont la maturité du jeu impressionne déjà. Bien sûr aussi parfois quelques inflexions coltraniennes ( I think I know you) mais toujours très discrètement évoquées au profit d'une expression du son plus personnelle. Le garçon donne le tournis, emporte tout sur son passage, c'est irrépressible. Peut être pourrions nous ajouter le bémol du fait que l'on aimerait l'entendre aussi dans un tempo plus lent. Et juger de sa sensibilité mélodique à laquelle il rechigne un peu. Mais quel groove ! écouter Neon light pour apprécier la souplesse du garçon, à l'aise dans le tempo comme un poisson dans l'eau. Avec, derrière lui une rythmique qui pulse comme il faut. Sacré groupe, pas manchots pour un sou et notamment un magnifique fender avec Pablo Held.

Haute température assurée. Jouissif.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 07:34

 

Nonesuch / Tzadik 2013

Pat Metheny (tout !), Antonio Sanchez (dms)

Sortie le 20 main 2013

 metheny-tap-zorn-2013.jpg

Metheny/John Zorn : les deux hommes se connaissent bien et s'apprécient mutuellement. Et même si l'on imagine que Pat Metheny ne fait pas réellement partie de la cosmologie New-Yorkaise de Zorn, le guitariste du Missouri apprécie le travail de Zorn et le connaît parfaitement. Et cette collaboration inédite donne lieu ici à quelque chose d'assez rare dans le milieu musical : voir le projet sortir sous deux labels, celui de Zorn d'un côté ( Tzadik) et celui qui accueille Metheny de l'autre ( Nonesuch).

Que le guitariste se révèle un superbe interprète du Book of Angel pour en signer la 20ème album n'a rien de réellement surprenant. On sait que Zorn a l'habitude de faire appel aux musiciens les plus inventifs et les plus créatifs popur interpréter le song book de Masada. On a encore en mémoire les interprtéaion données par Medeski Martin and Wood ou encore celles de Joe Lovano dans le volume 12.

Mais qui mieux que Metheny pour en exprimer toute la richesse musicale, puisant à l'acoustique ou à l'électrique et surtout dans un instrumentum foisonnant dans toutes les richesses de textures de cette musique Zornienne décidément bine iconoclaste. Où l'on entend parfois Metheny jouer de la guitare comme une mandoline aux fines ciselures mélodiques ou encore comme instrument de bruitage pour plonger dans le magma des ténèbres. Il faudrait quelques explications sur les conditions de cet enregistrement. Ainsi Hurmiz,morceau presque free enregistré vraisemblablement en une prise dans des conditions qui semblent être celle de home studio ? (où l'on entend le cri d'un enfant à la fin du morceau et un "chuuut" qui ne sont pas partis au mixage) et qui  montre  qu'au delà d'être hyper ( et génialement) arrangé, Metheny sait aussi rester au coeur de l'instant brut. C'est qu'il y a chez le guitariste l'exigenc et le sens de l'artisanat de qualité, un compagnonnage rare. Car dans cet album Metheny fait presque tout avec le même talent d'instrumentiste que celui qui a donné naissance à son orchestrion. Il faut écouter ses chevauchées fantastiques  sur Mastena dans la pure tradition Methenienne faisant vibrer d'une force incroyable la musique de Zorn. C'est fort, intense ! Et quel travail de Antonio Sanchez, dont on ne cesse de dire dans ces colonnes qu'il est décidément l'un des plus grands batteurs de la planète jazz.

Metheny entre dans l'intime, c-a-d dans la compréhension très forte qu'il a de la musique de Zorn et de son potentiel émotif. Et la démonstration qu'il fait ici c'est qu'il est véritablement un génie de l'arrangement et de l'orchestration. Il faut écouter Sarieloù c'est tout son orchestre imaginaire qui se met en branle. Dans ce morceau : des mouvements, des tiroirs qui s'ouvrent, des intentions sucrées et salées, du doux et de l'épicé dans un même mouvement porté par la guitare Methenienne qui brille, qui brille. Exceptionnel !!

Que ceux qui pensent que le Book of Angel se répète inlassablement lèvent le doigt et se dénoncent. Car cet album va les ramener à la réalité d'une magnifique rencontre de deux génies musicaux du jazz et de la musique du XXIème siècle.

Jean-Marc Gelin

 

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