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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:44
MAGNUS HJORTH trio : " Blue Interval"

stunt records 2014- dist UVM
Magnus Hjorth (p), Lasse Mørck (cb), Snorre Kirk (dms)


Magnus Hjorth est un "jeune" pianiste suédois de 33 ans installé aujourd´hui à Copenhague et assez peu connu sous nos contrées.
Un pianiste nordique ! Encore un allez vous dire ! On sait ce que c'est : ecole du piano aussi froide que les pays qui les abritent, Ca sent le concept à plein nez.
Et ben non figurez vous. Car depuis que Svensson ( EST) est passé par là, il s'est aussi passé quelque chose au royaume du Danemark. Soucieux justement de ne pas devenir une pâle copie d'ESt, des pianistes comme Magnus Hjorth sortent un peu des idiomes pour renouer avec un bon vieux groove jazzy et un peu moins pop.
Blue Interval est un peu l'illustration de cela. Tiens, s'il vous fallait une comparaison, moi Magnus il me fait penser à Red Garland dans le genre des pianistes post bop, hyper élégants et machines à swing.
Mais loin de lui une quelconque intention de faire étalage de son talent. Ici tout est question de feeling et du respect des traditions jusqu'à reprendre, à l'ancienne un Barbados de Charlie Parker dans la pure tradition du bop. Un bon vieux blues des familleś bien gras, passe par là ( Mellowed). Magnus va même, sans rire jusqu'a reprendre. Un Glenn Miller ( Monlight serenade) sans rougir et avec pas mal de classe.On notera au passage l'apport du super drive de Snorre Kirk à la batterie qui n'a pas été sans plaire à Marcus Roberts ( pianiste de Wynton Marsalis), auteur des liners notes. Sur le titre éponyme, Magnus s'affirme comme une sorte de maitre de la jam avec beaucoup d'efficacité dans son phrasé.
Le pianiste avec son trio hyper efficace semble réellement prendre du plaisir à jouer et à offrir avec une belle générosité. Voire même de s'amuser. Et c'est communicatif

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:33
Essiet Okon Essiet : " Shona"

Space Time Records/Socadisc

Complice depuis 18 ans du producteur Xavier Felgeyrolles, Essiet Okon Essiet signe, à 58 ans, son premier album en leader sous le label d’icelui. Le répertoire proposé ici par le bassiste nigérian, concocté lors d’une tournée, est profondément ancré dans la musique africaine avec l’évocation du Nigeria mais aussi du Zimbabwe et de l’Angola. A la manœuvre avec le batteur Jeff Tain Watts (trépidant) et le guitariste Lionel Loueke (étonnant à son habitude), Essiet mène un groupe délibérément cosmopolite d’où émergent spécialement Baptiste Herbin aux saxos et le pianiste cubain Manuel Valera. Il fait la preuve que l’on peut avoir l’esprit jazz tout en restant fidèle à ses racines. Album revigorant hautement recommandable avec en bonus une note rafraîchissante apportée par le chanteur guadeloupéen Moïse Marie (Courez, courez gazelle !). Livret précis et utile où Essiet présente dans le détail chacun des dix titres dont huit compositions personnelles.

Jean-Louis Lemarchand

Essiet Okon Essiet (b,elb,voc, comp), Manuel Valera (p,cla),Jeff Tain Watts (dm), Lionel Loueke (elg), Rob Scheps (ts,ss),Baptiste Herbin (as,ss), Moïse Marie (voc,perc), JB Butler (elg). Studio Palissy, Clermont-Ferrand,21 octobre 2013, Avatar Studio, New York 28 octobre 2013.

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 22:12
CYNTHIA ABRAHAM AU BAISER SALE

Cynthia Abraham au Baiser Salé

Baiser Salé le 2/12
Cynthia Abraham est aujourd'hui totalement inconnue sur la scène du jazz vocal. Quelque chose cependant nous dit qu'elle ne devrait pas le rester très longtemps.




La jeune fille a été élevée au biberon du jazz dans la planète des Petits Loups sous l'oeil tendre de la tribu des Caillard, Isabelle ( sa mère ) et Olivier.



Cynthia Abraham se produit régulièrement au Baiser Salé et ce fut l'occasion pour nous d'aller entendre cette jeune fille dont on dit le plus grand bien en ce début du mois de décembre.



Le moins que l'on puisse dire c'est que Cynthia Abraham a visiblement le feu sacré et le goût de la prise de risque. Dans un registre très sensuel elle chante du Gretchen Parlato ou du Beady Belle avec cette façon de faire entrer la soul et le R&B dans le monde du jazz par la raffinement suave. La petite salle parisienne de la rue des Lombards était comble et l'atmosphère feutrée dans un mix de jazz, de soul et d'influences caribéenne avec ce sens d'un jazz lounge très sensuel et lascif (all that i can see).

Appuyée au piano par un Gregroy Privat toujours remarquable, Cynthia Abraham conquiert la salle avec ce zeste de fraîcheur et de grâce qui ne peut que vous faire tourner la tête. Elle nous fait découvrir sa belle écriture autour de thèmes inspirés de la musique Gwo Ka dont elle sortira bientôt un premier album.

Assurément une graine de star en éclosion.

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 09:15

L’âge d’or du Jazz
Coffret de 5 CD. Jazz Magazine-Jazzman- Wagram Music. Réalisation, Lionel Eskenazi


Tout comme la langue d’Esope, la compilation peut être soit la meilleure soit la pire des choses. Dans cette dernière catégorie (que nos lecteurs naturellement fuient) figurent les reprises d’enregistrements-pirate, de qualité sonore déplorable, sans indications discographiques. Le coffret signé par un ex-collaborateur des DNJ, Lionel Eskenazi appartient (on s’en serait douté vus les états de service d’icelui auteur des deux précédents coffrets annuels pour Jazz Magazine ) à la première.
Nous avons ici affaire à une sélection ciblée dans le temps, 1954-1962, intitulée sobrement « L’âge d’or du jazz ». Le choix de la date initiale a été opéré spécialement pour correspondre au lancement de Jazz Magazine par Frank Tenot et Daniel Filipacchi et accompagner les 60 ans du magazine-référence. Pour ceux qui aimaient le jazz à l’époque –parmi lesquels l’auteur de ces lignes- ces 100 titres rappellent une période foisonnante, où le hard bop voisinait avec le third stream et, au tout début des années 60, le free jazz. En cinq heures d’écoute, on retrouve les titres-phare de l’émission-culte quotidienne de Daniel et Frank.
Pour les jeunes générations, le réalisateur justifie son appartenance à l’Académie du Jazz par l’œcuménisme de ses choix. De Benny Goodman à Cecil Taylor, de Charlie Parker au MJQ, de Jimmy Giuffre à John Coltrane, de Nat King Cole à Nina Simone, de Lester Young à Ornette Coleman, d’Oscar Peterson à René Urtreger, d’Erroll Garner à Martial Solal… on pourrait allonger à l’envi l’exercice. Présentés de manière chronologique- ce qui permet de voir que Duke Ellington a gravé en dix jours en septembre 1962 un album en trio avec Max Roach et Charles Mingus – Money Jungle dont est extrait ici Fleurette Africaine, et une rencontre avec John Coltrane, présentée avec In a Sentimental Mood- ces 100 morceaux offrent un panorama aussi varié que surprenant. Et l’écoute en continu permet ainsi de passer pour l’année 59 d’Anita O’Day à Bud Powell, Tina Brooks, Bobby Timmons et Sun Ra. Sacré grand écart !
Evidemment, toute sélection présente ses limites, ne serait-ce que par les contraintes techniques imposées (difficile d’aller au-delà de 70 minutes par album). Pourquoi avoir écarté untel ? On peut deviser à l’infini. Laissons ce débat aux ayatollahs aigris ! Et plongeons dans ce bain de jouvence des années 50-60 sans nostalgie ni regret.


Jean-Louis Lemarchand

L’âge d’or du Jazz
L’âge d’or du Jazz

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 21:42

VISUEL-telethondujazz2014---copie.jpg


La nouveauté cette année, c’est un DJ en deuxième partie et un photocall pendant la soirée où les gens qui joueront le jeu de se vêtir de leurs plus belles tenues  années 60 pourront se faire photographier.  Les photos seront compilées dans un album créé sur la page facebook de l’Esprit jazz. Pour Chaque photo “liké” sur les réseaux sociaux, La BNP Paribas verse 1 € de plus à l’AFM Téléthon.

La soirée a lieu dans un très beau lieu qu’est la Mairie du 5ème avec vue sur le Panthéon, l’ambiance est fun, bonne enfant. Tout Paris s’est déplacé l’an passé, c’était complet.

Une vraie belle soirée emplie d’un public âgé de  5 à 77 ans,  très enthousiaste et voulant danser. 
The place to be juste avant les fêtes ! Un vrai succès !

IMAGES France 2 - Grand Bal Swing 2013 / 2ème Téléthon du Jazz sur France 2
https://www.youtube.com/watch?v=trHPQpshnXI

3ème TELETHON DU JAZZ  2014 :
BNP Paribas Partenaire du Téléthon et mécène du Jazz Présente Le 3ème "TÉLÉTHON du JAZZ"
 GRANDE SOIRÉE SWING À LA MAIRIE DU Ve Samedi 13 décembre 2014 à 20h00
L'intégralité des recettes de la soirée sera reversée à l'AFM-Téléthon.

20h00 : Grand Bal Swing - L’Esprit Jazz Big Band invite Stéphane Guillaume (saxophone)
Nouveau cette année !  22h30 : DJ Psycut, Mix "Jazz Dance"
Nouveu cette année ! Un stand photo « Swing for Téléthon » sera installé pour photographier les participants, habillés de leurs plus belles tenues swing. Les photos seront compilées dans un album créé sur la page Facebook de L’esprit Jazz, et chaque participant pourra, le soir-même ou les jours qui suivent, faire monter le compteur du Téléthon : pour chaque photo likée, BNP Paribas reversera 1€ au profit de l’AFM-Téléthon.

Lieu du concert  : Mairie du Ve - 21 place du Panthéon - Paris 5ème - RER B Luxembourg
Tarifs : Prévente 8€ - Le soir même 10€

Réservations sur : WWW.TELETHONDUJAZZ.COM

Fnac, Digitick, Ticketmaster et autres points de vente habituels.

Créé par BNP Paribas, partenaire historique du Téléthon et mécène du jazz par sa Fondation, le 3ème Téléthon du Jazz propose une grande soirée swing, au cœur du quartier latin, au profit intégral de la recherche fondamentale menée par l'AFM-Téléthon.

Quatre heures de musique et de danse avec, en première partie de soirée, le grand bal swing qui fait chavirer le cœur des parisiens et des touristes, danseurs et amateurs de jazz swing. L'Esprit Jazz Big Band, ses treize musiciens et le chanteur crooner Marc Thomas invitent le saxophoniste Stéphane Guillaume, artiste soutenu par la Fondation BNP Paribas de 2008 à 2013, et vous plongent au cœur des années swing de l'après-guerre et des fameux orchestres tels ceux de Count Basie, Duke Ellington ou Glenn Miller.

Dans une ambiance unique et de fête, cette grande formation, rare sur scène, accompagnera les danseurs dans un cadre exceptionnel : la salle des fêtes de la Mairie du Ve à Paris, place du Panthéon.

DJ Psycut prolongera la soirée avec son fameux mix "Jazz Dance". Spécialiste du vinyle et créateur du collectif Jazz Attitudes, il est devenu en plus de quinze ans l’un des acteurs incontournables des scènes jazz dancefloor. "Oui on peut danser sur du jazz !". C’est avec cette affirma­tion et cette détermination que DJ Psycut vous offre les meilleurs morceaux jazz à écouter et à danser.

Venez nombreux participer au 3ème Téléthon du Jazz, le samedi 13 décembre de 20 heures à minuit et demi, à la Mairie du Ve.

BNP Paribas et le Téléthon

Depuis le premier Téléthon en 1987, BNP Paribas s’investit chaque année pour le Téléthon. Pour rendre visible cet événement et faire monter le compteur, les salariés et les compétences du Groupe sont mobilisés. À travers son réseau de 2 100 agences, plus de 3 000 collaborateurs bénévoles organisent de multiples animations variées à travers toute la France. Les dons du Téléthon ont permis de spectaculaires avancées dans la recherche.

L’Esprit Jazz Big Band
Jean-Pierre Solvès : direction, saxophone, flûte ; Marc Thomas : voix ; Joël Chausse, Yves Le Carboulec, Alexis Bourguignon : trompettes ; Jean-Christophe Vilain, Jean-Louis Damant, Denis Leloup : trombones ; Alain Hatot, François Chambert, Xavier Quérou : saxophones ; Claude Terranova : piano ; Marc-Michel Le Bévillon : contrebasse ; Julie Saury : batterie.
+ Stéphane Guillaume : saxophone.

Psycut Dj Psycut (Jazz Attitudes) : platines.






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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 06:03

 

Improvisible. Mise en scène d’Alain Sachs. Théâtre des Bouffes Parisiens (75002) jusqu’au 10 janvier, les samedi (18h30) et dimanche (18h). Concert exceptionnel le 31 décembre à 18 h 30 avec Patricia Petibon.

 Didier-Lockwood3-couleurcDidier-Pallages.jpg 

©Didier Pallages


Il débarque sur scène en manteau et casquette avec sa valise et ses deux violons. Nous voilà embarqués avec Didier Lockwood pour cent minutes d’improvisation. Sans partition mais avec imagination, le violoniste affronte seul le public. Un affrontement tout pacifique. Séducteur, Lockwood a conservé « un regard d’enfant », suivant ainsi le conseil de son maître Stéphane Grappelli. Il ne se prend pas au sérieux, égratignant au passage cette musique omniprésente dans la vie quotidienne et …Pierre Boulez mais ne blague pas quand il joue. Il passe du jazz au classique (un pot-pourri de Mozart) et aux musiques du monde (Brésil, Europe centrale aux accents tziganes…). Le programme varie à chaque représentation : Lockwood improvise sur des idées tirées de chapeaux disposés sur la scène : Dieu, résistance, silence… Un fil conducteur très souple qui permet au lauréat des Conservatoires et à la star du jazz-fusion de s’en donner à cœur joie. « Il sait tout faire », glisse mon voisin d’orchestre. Un spectacle léger qui enchante et donne à approcher cet étonnant mystère de l’improvisation. Et c’est en cela que Didier Lockwood est jazz.

Jean-Louis Lemarchand

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 15:13

Intuition Music

www.intuition-music.com

1 CD+ 1 DVD

 TheSongIsMyStory.jpg

Quel plus bel hommage pour les 80 ans du pianiste sud-africain Abullah Ibrahim !

Un choc !

Le label allemand Intuition a profité d’un concert en solo donné en Sicile en juin 2014 pour en graver à la fois sa captation mais aussi pour réaliser une magnifique interview filmée qui fait l’objet d’un DVD.

A l’aube de ses 80 ans Abdullah Ibrahim dégage une sorte de force tranquille et une sérénité que seuls quelques vieux sages dans ce monde agité peuvent transmettre. Lorsqu’il joue c’est comme si cette sagesse millénaire tombait sur vous et vous enveloppait. Chacune des notes du pianiste est en effet empreinte d’une exceptionnelle profondeur, d’une gravité qui va chercher au cœur même de l’essentiel. Qui va puiser au cœur de la vie, des hommes et de Dieu certainement.

Il y a bien sûr, comme souvent dans l’exercice du piano solo, une sorte d’introspection. Mais avec Abdullah Ibrahim elle prend la forme d’une sagesse chamanique. Une façon d’arrêter le temps. La musique d’Abdullah Ibrahim est méditative et si émouvante lorsqu’elle jette ce regard sur lui-même et sur ses propres racines. Le pianiste dit beaucoup, digresse autour d'une immense improvisation. On y entend parfois Ravel et Debussy, parfois Monk ou la religiosité de Coltrane dans ses réflexions et dans son cheminement. C’est que, comme chez le saxophoniste, il y a dans sa musique venue des township et du jazz d’Ellington une part de religiosité, de gospel et de profondeur croyante. Ce sont parfois comme des chants d’église qui s’élèvent vers le ciel.

La musique d’Abdullah Ibrahim se trouve ici au sommet de l’art du pianiste. Cette musique qui ouvre en chacun les portes d’une méditation profonde. La quintessence du piano solo.

 

Puis suit un documentaire tourné au même moment qu’avait lieu de concert. Documentaire magnifiquement réalisé où le pianiste y raconte l’histoire de ces chansons qu’il a composées. C’est magique comme lorsque, avec générosité il nous fait entrer dans l’intimité de ses compositions, comme lorsqu’il parle d’Aspen et de son imaginaire qui prend forme en musique. Et cette émotion qui surgit lorsqu’il parle de l’amour et de Blue Bolero dédié à la femme de sa vie. Il y raconte aussi avec tendresse ses influences sur la musique de Cap Town, l’apartheid, l’exil et l’incroyable pouvoir politique que sa musique a pu avoir sur tout un peuple en lutte (Mannenberg). Derrière l’apparente simplicité de ses mélodies, il évoque sans fausse modestie la complexité de ses structures musicales et parle de « la profondeur de la simplicité. ». Cette interview que l’on aurait voulu prolonger se poursuit par un extrait de ce concert solo du 26 juin 2014 au Fazioli Concert Hall, magnifiquement filmé au cœur du processus de l’improvisation comme rarement capté par l’écran.

 

On sort de là, le cœur et l’âme chavirée, persuadé d’avoir rencontré un être sublime, sorte de chamane magnifique dont chacune des phrases et chacun des sourires peuvent apporter un supplément de paix et d’amour.

C’est tout simplement bouleversant.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 22:42

 

 Cristal Records

www.cristalrecords.com 

Distribution Harmonia mundi

http://www.cristalrecords.com/fr/infos_album.php?&id=684

 osd.jpg

Si vous lisez les DNJ depuis quelque temps, vous connaissez la collection Original Sound DeLuxe qui propose des compilations thématiques qui ne traitent pas de l’œuvre d’un chanteur ou musicien mais envisagent de recenser des compositions selon une ligne de force originale  (les saisons, la nuit, les instruments  du jazz...). C’est Claude Carrière, un fin connaisseur du jazz qui a opéré la sélection musicale avec une grande pertinence, et rédigé des notes érudites, qui sont un régal de lecture. La partie  illustrée est due à Christian Cailleaux, auteur de bandes dessinées qui sait s’adapter à chaque fois au thème imposé.

A l’occasion des fêtes on pourra ainsi découvrir  5 des quarante volumes de la collection  Bass Masters, Portraits of Jazz, Piano Solo Legends, The Joy of Flying, A Jazz Calendar.  Ce coffret  a aussi l’avantage d’être à un prix très économique, il réjouira les amateurs de jazz qui redécouvriront des pépites oubliées et leur donnera une furieuse envie de lire, écouter, se replonger dans les trésors de leur discothèque. Et pour les néophytes, voilà la plus agréable immersion dans cette musique avec ces albums qui dessinent un portrait vif, aussi varié qu’original. Il serait vraiment dommage de se priver d’un tel objet...vous êtes prévenus.

 

Sophie Chambon

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 22:38

 

BD FOLK

Editions BDMusic

BOD DYLAN

PaBLO

Preface Philippe Manoeuvre

www.bdmusic-egalerie.com

 dylan.jpg

Toujours dans la même collection mais dans la série BD FOLK cette fois, un incontournable numéro dédié au Bob Dylan des débuts, le chanteur folk , conteur inspiré, poète et barde...celui que certains préfèrent tant il est vrai que le personnage  complexe  a changé d’identité, presque de peaux comme dans le film de Todd Haynes  I’m Not There, où il ne fallut pas moins de 6 acteurs/ actrices pour le représenter. La préface est signée de Philman, notre Monsieur rock français, qui dans son style inimitable sait si bien raconter la vie du rock. Bob Dylan est une icône à présent mais si l’on revient à ses deux premiers albums entre 1961 et 1963, on aura le choc d’une révélation, car domine  l’intensité de son chant, sa voix rouillée apportant « une force aussi personnelle que féroce ». « Il est les années soixante à lui tout seul » écrit Philippe Manoeuvre qui a  invité le jeune Bergeracois (déjà auteur du Gainsbourg dans cette collection à tremper  ses pinceaux dans l’encre noire du psychédélisme.  Les pleines pages sont superbes, les portraits justes, l’odeur du temps perceptible, « the sweet smell of success » et Pablo évoque avec talent les personnages qui ont inspiré Dylan, Woody Guthrie, les Beatles, Joan Baez. On repère aussi les citations fines  du documentaire extraordinaire de D.A Pennebaker en 1967, Don’t Look Back Certaines chansons sont immortalisées comme le fameux « The Times They Are A-Changin » qui inspira un clip célèbre  et surtout « Knockin’On Heaven’s Door », tube du film de Sam Peckinpah dont Dylan fit la musique et  auquel il participa en jouant l’énigmatique Alias.

NB : A ceci s’ajoute une biographie en français et anglais bien faite ; quant à la bande son, elle comporte  en plus des deux premiers albums, des extraits d’émissions radio et d’un show de Cynthia Gooding  où elle interviewe le chanteur, pièces rares et documents d’époque.

 

Sophie Chambon

 

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 15:14


 

(Fest in jazz & Jazz en cuisine)

BD JAZZ

2CD +1 Bande dessinée

Collection des éditions BDMusic

www.bdmusic-egalerie.com

 jazz-en-cuisine-copie-1.jpg

 

Voilà de nouvelles parutions de la superbe collection de Bruno Théol,  BDMusic qui, rappelons, le allie le plaisir des yeux à celui des oreilles, puisqu’il associe à une Bd classieuse, deux CDs choisis selon un style  à définir : BD Jazz, BD Chansons, BD Ciné....

Cette fois, la sélection croise jazz et cuisine et  le résultat est délectable :   une bande dessinée par José Correa, « flâneur aquarelliste »  qui a déjà travaillé pour la collection, en illustrant Ray Charles, Léo Ferré, Jacques Brel.  L’histoire raconte cette fois une succession ... de recettes de cuisine élaborées par Joelle Huth, médecin chirurgien qui, de ses nombreux voyages a rapporté le goût des saveurs lointaines (Madagascar, Réunion,  la Louisiane et La Nouvelle Orléans). La sélection musicale ad hoc est de Stéphane Colin ,  l’auteur d’une préface roborative. Il nous a concocté comme les menus de Joelle Huth un programme inventif et surprenant.

Ainsi ce numéro tout à fait exceptionnel s’imprègne de couleurs musicales et autres, mariant trois disciplines  artistiques : peinture, jazz et gastronomie.  Ces recettes dépaysantes sont simples et faciles à réaliser nous dit Joelle Huth avec nos produits français. Cuisiner créole ou cajun est aisé si l’on acquiert la technique... Même si ce n’est pas chose facile,  ce sera toujours plus évident que de jouer  comme Louis Armstrong  ou  Sidney Bechet.  Car la liste des chanteurs et musiciens convoqués autour de la cuisine est plus qu’alléchante,  c’est « la crème de la crème » : Cab Calloway  aime la volaille dans « A chicken ain’t nothing but a bird »,  Miles Davis nous propose  a « Tasty pudding » ;  on peut comparer les pieds de porc cuisinés par l’impératrice Bessie Smith et la chanteuse  Lavern Baker,  Slim Gaillard  dont on ne peut se rassasier, de ses « Potatoes chips » à son irrésistible  « Avocado Seed Soup Symphony ».  Rien que pour entendre ce chef d’œuvre de drôlerie absurde... il faut se précipiter sur ce numéro surréaliste.

On pourra ensuite toujours s’écrier « C’est si bon » comme Satchmo, espérer que « Everybody eats when they come to my house » comme le chante Cab Calloway,  s’accommoder de  « The Frim Fram Sauce » de Louis & Ella,  danser  en croquant  les «Salt Peanuts » de l’impayable Dizzy , s’entendre susurrer par le crooner Nat King Cole  « You’re the cream of my coffee »... Car un bon repas se finit par un café brûlot.

Les plus grands ont tourné autour du thème c’est dire si le jazz est la musique du plaisir, de la danse, de l’amour et de la bonne chère,  une musique festive qui sait réunir autour de compositions relevées, épicées, « caliente » évidemment... et arrosées  Roy Eldridge, Dave Brubeck, Count Basie, Ornette Coleman...

Vous ne regretterez pas de goûter à ce numéro qui vous révèlera bien des surprises,  une révélation de raretés ou d’ « inédits » même pour les amateurs de jazz éclairés. Un festin , on vous dit, ....particulièrement recommandé en ces périodes de fête qui approchent. Ne vous privez pas d’un aussi beau régime .

Sophie CHAMBON

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