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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 08:44
SEBASTIEN PAINDESTRE TRIO  : « Paris »


La Fabrica’son 2016
Sebastien Paindestre (p, fd), Jean-Claude Oleksiak (cb), Antoine Paganotti (dms)
http://www.sebastienpaindestre.com/discographie/


Avant de partir en vacances j’avais prévu de vous parler de Brad Mehldau et de son très bel album « Blues and Ballads" qu’il a signé chez Nonesuch en compagnie de Larry Grenadier et Jeff Ballard.
J’avais prévu et cela aurait été amplement justifié.
Seulement voilà, entre temps j’ai mis dans ma platine l’album d’un pianiste dont nous vous avons déjà parlé plusieurs fois ici, Sebastien Paindestre et finalement j’ai décidé de changer mes plans estivaux.
Car après tout Mehldau, on vous en parle à toutes les sauces alors que Paindestre, moins.

Sebastien Paindestre que l’on sait amoureux de Radiohead auquel avec son groupe Amnesiac il a déjà rendu plusieurs hommages (Sebastien a même chroniqué dans les DNJ http://www.lesdnj.com/2016/05/a-moon-shaped-pool-radiohead-une-chronique-de-sebastien-paindestre.html) quitte ici les chemins de la pop. Il l’avait d’ailleurs fait avec le très bel album « En rouge » (http://www.lesdnj.com/2016/01/atlantico-en-rouge.html).

Mais ici, si l’on devait trouver dans « Paris » une nouvelle filiation, elle serait justement à chercher du côté de Brad Mehldau. Dans cet album, le même soin apporté aux compositions et au son. Même façon de partir de mélodies parfois très simples pour en faire un véritable matériau où le pianiste passe allègrement du clavier du piano à celui du fender, n’hésitant pas à en salir le son à volonté. Il suffit d’écouter Gaza-Paris-Jerusalem pour se rendre compte qu’avec Sebastien Paindestre, tout est affaire de reliefs et de cartes postales. Ou plutôt, non. A l’image fixe nous préférons celle en mouvement, quasi cinématographique. Il y a des plans fixes, en mouvement, des zooms, des travellings, des plans serrés et des plans larges rendus possible par la belle cohésion du groupe, sorte de soft-power-trio. Sebastien Paindestre y joue avec une admirable libération de toutes tension, gardant au bout des doigts un rare sens du grosse. Souple comme un gros chat à pattes de velours. Derrière, Jean-Claude Oleksiak est énorme à la contrebasse. Quand à Paga’ comme toujours c’est l’assurance d’un drive de grande classe.
Paindestre nous ballades ainsi hors des sentiers battus, dégagé de tous clichés dans un univers finalement très personnel. Un envers jamais univoque mais qui respire le jazz. A l’exacte intersection de R
adiohead et de Brad Mehldau il y a Sebastien Paindestre qui en apporte ici une démonstration éclatante.

Bon vous pouvez bien sûr acheter l’album de Brad Meldhau mais franchement je vous verrai bien emmener dans vos bagages celui de sebastien Paindestre. Les deux font la paire.


Moi c’que j’en dis..
Jean-Marc Gelin

Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 08:15
DAN TEPFER : ALGORITHMES, PIANO ACOUSTIQUE & IMPROVISATION

Après le concert du Festival de Radio France & Montpellier, les réflexions du chroniqueur, et les précisions du pianiste apportées lors d'un entretien téléphonique et transatlantique.

À l'occasion de la Carte blanche que lui offrait le festival de Radio France & Montpellier Occitanie, Dan Tepfer a choisi de poursuivre ses expérimentations personnelles autour du piano acoustique à interface numérique, de la programmation et de l'improvisation.

Au cours du concert, le pianiste a fait le va-et-vient entre le piano de concert (Steinway modèle D) et le Disklavier Yamaha, piano à queue d'une taille plus modeste, équipé d'un dispositif qui lui permet tout à la fois d'enregistrer la musique jouée par un pianiste, de la restituer instrumentalement mais aussi, via une interface numérique pilotée par ordinateur, d'exécuter une musique programmée ou, dans le cas qui nous intéresse, de réagir à la musique jouée sur le clavier par le pianiste et de générer d'autres notes, d'autres rythmes, d'autres accords.

Dan Tepfer, de culture scientifique de haut niveau, pratique la programmation depuis l'adolescence. Et il conçoit et programme lui même des algorithmes qui font réagir le piano à ses improvisations selon des choix dûment codifiés par ses soins. Pour éclairer le public du concert donné le 19 juillet dans l'imposant Amphithéâtre du Domaine d'O, il a commencé en jouant, sur le grand piano de concert, la 3ème Variation Goldberg de Bach. Puis, comme il l'a fait régulièrement en concert, et sur disque, il a improvisé à partir de la contrainte que s'était fixées Bach pour cette variation : celle du canon à l'unisson, qui consiste à répéter en décalage de temps et de registre les notes jouées dans la phrase initiale, et de poursuive ainsi le discours en suivant la même règle, ce qui entraîne vers des espaces de complexité dont Bach se délectait. Il a ensuite expliqué au public qu'il allait, sur le Disklavier et en utilisant un algorithme élaboré par ses soins selon le même principe, improviser sur All The Things You Are : et le piano, piloté par l'ordinateur et cet algorithme, ajoute à son improvisation des notes, phrases et rythmes obéissant à cette règle, et suscitées par le jeu de Dan Tepfer au clavier. Le résultat est vertigineux, et reste totalement musical, car c'est le musicien-improvisateur qui fournit la matière, et continue d'improviser en tenant compte de ce que génère le programme.

DAN TEPFER : ALGORITHMES, PIANO ACOUSTIQUE & IMPROVISATION

Pour une série de duos avec ses partenaires (la chanteuse Claudia Solal, le contrebassiste François Moutin, le batteur Arthur Hnatek), il va chaque fois élaborer un algorithme propre à engendrer, à partir de son jeu de piano, la matière d'un dialogue avec l'invité(e). La folle effervescence rythmique du programme destiné au duo avec le batteur va entraîner les deux musiciens dans une complexité ludique réjouissante, où l'extrême concentration de chacun participe de la jubilation commune.

Quand on demande à Dan Tepfer si écrire un algorithme, dans ce contexte, c'est composer, il répond par l'affirmative, mais en précisant que l'algorithme est un procédé, un cadre, comme dans la composition musicale peuvent l'être une choix de forme ou de règles. Si l'on demande au pianiste si l'algorithme écrit par ses soins laisse place à l'aléatoire, il dit que ce n'est pas le cas, en tout cas pour l'instant. Dans le dispositif cependant existe une petite part d'aléatoire, mais qui n'est pas codifiée comme telle, avec l'intention d'introduire l'aléa comme une élément conscient du code. Et lorsque l'on lui demande si l'algorithme conçu par ses soins devient comme un partenaire de jeu, il répond « oui »,sans hésiter.

Quand on évoque la délicate question de savoir si une contrainte, ou un faisceau de contraintes, une règle, stimulent la créativité, sa réponse est aussi nettement positive. Et il cite l'influence qu'a eue sur sa réflexion une pièce de György Ligeti, Musica Ricercata , œuvre pour piano qui utilise d'abord dans un premier mouvement deux notes, dont l'une est déclinée dans d'infinies variations de dynamique, de timbre, de couleur.... Puis dans le suivant trois notes, et ainsi de suite. C'est par exemple le défi que s'impose Dan Tepfer, en improvisant après chacune des Variations Golberg, d'en reprendre les contraintes dans un langage différent, le sien en l'occurrence. Dan Tepfer se dit que l'on eut aller encore beaucoup plus loin dans la démarche entreprise. Le concert de Montpellier, avec différents partenaires, et en public, marque une nouvelle étape, et ces premiers résultats l'encouragent à développer encore ses recherches ; il pointe cependant la limite du conceptuel, et l'importance du facteur humain (compositeur-programmateur-improvisateur) ; mais il reconnaît aussi que, par cette démarche, il parvient à produire une musique à laquelle il n'aurait pas accédé par d'autres voies, et le but recherché est atteint : produire de la joie.

Dans le prochain disque, d'ores et déjà enregistré, avec Lee Konitz, et qui devrait paraître dans les mois qui viennent sous un grand label, il y a une plage qui utilise le disklavier et un algorithme conçu par Dan ; et le pianiste dit que Konitz s'en est trouvé inspiré, entraîné vers un ailleurs insoupçonné. Dan Tepfer prévoit, en 2017, de mettre chaque mois en ligne une vidéo illustrant l'évolution de son travail, avant de publier un nouveau disque qui sera le résultat de ce parcours presque initiatique.

Les Dernières Nouvelles du Jazz suivront cette progression, avec un ou plusieurs entretiens en compagnie de Dan Tepfer, pour illustrer et éclairer ce qui s'annonce, d'ores et déjà, comme passionnant.

Xavier Prévost

Plus d'informations , en anglais, sur le site The Culture Crush :

http://www.theculturecrush.com/acoustic-informatics

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 14:29
Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Samedi 23 juillet, Mario Canonge-Michel Zenino 5tet ©David Abécassis

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Dix jours écoulés depuis le premier concert de jazz du Festival de Radio France & Montpellier Occitanie (nouvelle appellation contrôlée depuis la fusion du Languedoc Roussillon avec Midi Pyrénées). Dix jours de concerts à 22h dans le très grand Amphithéâtre du Domaine d'O, et un bilan globalement plus que positif : très beaux concerts, grande diversité, et belle fréquentation du public, lequel donne toute les apparences de la satisfaction.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Début dans l'euphorie avec le duo André Minvielle / Jean-Marie Machado : d'abord solo de l'un, puis de l'autre, et ensuite duo autour de Bobby Lapointe (un projet commun qu'ils ont donné de nombreuses fois), mais aussi du répertoire du chanteur-scatteur-vocalchimiste, avec passage par Mingus et Monk. Quelques beaux moments de folie douce.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Puis, dans le cadre du thème général du festival, qui est cette année « Le Voyage d'Orient », présence du « Golan Sextet » du contrebassiste Hubert Dupont. Avec un violoniste tunisien, une flûtiste d'origine syrienne, un percussionniste et un joueur de oud originaires de Palestine, un beau croisement des musiques de Méditerranée orientale avec le jazz, représenté par le contrebassiste, et Matthieu Donarier qui officiait à la clarinette métal. Belle réussite, avec des solistes exceptionnels, et certains arrangements très jazz sur ce terreau d'orient.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Le lendemain, « Carte blanche » au pianiste Dan Tepfer. Il a invité des artistes auxquels le lient d'anciennes connivences (la chanteuse Claudia Solal, le contrebassiste François Moutin) et un batteur avec lequel il s'est découvert plus récemment des affinités : Arthur Hnatek. Sur scène deux pianos : un grand Steinway, et un plus petit Yamaha, modèle Disklavier, à interface midi. Dan Tepfer, de culture scientifique de haut niveau, pratique depuis sa jeunesse la programmation informatique. Et il écrit sur son ordinateur, pour ce dispositif, des algorithmes conçus pour faire réagir la partie active et autonome de l'instrument à ce qu'il joue lui-même au clavier. Et il jouera successivement du piano de concert et du piano à interface. Avec ce dernier, il fera trois duos, ayant chaque fois créé un programme spécifique pour ses interlocuteurs et son interlocutrice : fécond et passionnant. La musique sans assistance des machines aura aussi sa place, avec un solo sur et autour de Bach (3ème Variation Goldberg) ; un très beau duo avec la chanteuse, sur Lush Life ; et un trio très effervescent avec le bassiste et le batteur. Le tout conclu par un quartette autour du Disklavier, sur une fractale conçue par Dan Tepfer, pour la circonstance, et dont la représentation visuelle évolutive s'affichait sur un écran géant à mesure que la musique se développe. Un article plus détaillé sur l'aspect informatique et musique viendra bientôt sur une autre page du blog, et sera développé dans les mois qui viennent par un entretien avec l'artiste, et un work in progress en vidéo.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Le jour d'après ce fut un autre pianiste, Michael Wollny, en trio : beau mélange d'atmosphères sombres empruntées au répertoire « classique » (Guillaume de Machault, Paul Hindemith, Alban Berg), très transformé, et de débauche d'énergie virtuose, avec une interaction impressionnante entre les membres du trio.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Puis ce sera le saxophoniste portoricain Miguel Zenon, avec son quartette régulier, où brille en particulier le pianiste vénézuélien Luis Perdomo. Richesse rythmique, belles improvisations mélodiques, constructions savantes ou tourneries entêtantes : la musique est de haut vol, le répertoire est celui d'un disque à venir, début 2017, qui devrait s'intituler « Tipico ».

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

La soirée suivante, à nouveau inspirée par la thématique orientale du festival, accueillait le groupe « Ethics » du contrebassiste Michel Benita, avec Mieko Miyazaki au koto, Matthieu Michel au bugle, Manu Codjia à la guitare, et Philippe « Pipon » Garcia à la batterie. Musique qui naît dans le recueillement pour ensuite exploser dans l'intensité expressive : grande réussite musicale, et gros succès public.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

©David Abécassis

La semaine, commencée le dimanche 17, s'achève le samedi 23 avec le quintette qui associe le pianiste Mario Canonge et le contrebassiste Michel Zenino. L'esprit est celui du jazz des années 60, celui qui s'épanouissait sous étiquette Blue Note avec Herbie Hancock, Freddie Hubbard, Joe Henderson.... Très bon groupe, très homogène, avec un batteur guadeloupéen, un trompettiste américain, et un saxophoniste cubain. Effervescence maximale dans l'Amphithéâtre, et confirmation que Mario Canonge est un grand pianiste de jazz.

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Le dimanche 24 juillet, le jazz fait relâche pour cause de Carl Orff. Contrairement à Woody Allen, je n'ai pas envie d'envahir la Pologne quand j'écoute Wagner. En revanche, les Carmina Burana auraient une fâcheuse tendance à réveiller en moi des instincts belliqueux. Donc, prudemment, je me suis abstenu....

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

La reprise du jazz, le 25 juillet, se fit en beauté, avec le trio « Fox » : Pierre Perchaud, Nicolas Moreaux, et à la batterie, remplaçant Jorg Rossy qui participait au CD, Karl Jannuska. Très belle musique, d'apparence intimiste, et pourtant porteuse d'une flamme intense, attisée par le drumming raffiné et pulsatoire du canadien. Lyrisme superlatif du guitariste, et formidable drive du contrebassiste, présent à chaque instant dans le trilogue : vraiment très réussi.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

La conclusion, le 26 juillet, se fit en compagnie du groupe Pucinella : déjanté, fédérateur et efficace, avec une mention spéciale pour le saxophoniste-flûtiste Ferdinand Doumerc, décidément porteur d'une incroyable énergie, combinée avec une incontestable virtuosité.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Au fil des jours, chaque soir à 20h30, la pinède du Domaine d'O accueillait un avant-concert avec des groupes de la région, d'une belle tenue musicale. Le plus originale et le plus abouti fut peut-être, le premier soir, le duo « Connie & Blyde », qui associe la chanteuse Caroline Sentis au violoncelliste Bruno Ducret. Et peut-être aussi, l'avant dernier soir, la renaissance du groupe vocal Elull Noomi, qui en 2008 avait eu les honneurs de la grande scène.... mais se trouvait fort heureux, pour sa reprise, d'avoir fait escale à la pinède.

Au total un bilan réjouissant, sur le plan de la qualité artistique et de la diversité du programme, lequel fut conçu par Pascal Rozat pour l'Amphithéâtre, et par Serge Lazarevitch pour la pinède.

Xavier Prévost

Les concerts sont en réécoute sur le site de France Musique :

http://www.francemusique.fr/emission/jazz-ete/2016-ete

Published by Xavier Prévost - dans Compte-rendus de concerts
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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 22:31
@francoise Clergeat
@francoise Clergeat

Disparition d'André Clergeat, défenseur du jazz
Il sera un des grands absents -avec festival de Marciac qui s'ouvre cette semaine et qu'il manquait rarement. André Clergeat, acteur de la jazzosphère depuis la fin des années 40, s'est éteint le 23 juillet en région parisienne a l'âge de 89 ans. Il restera comme un ardent défenseur du jazz sous toutes ses formes. Licencié en anglais, un des fondateurs du Hot club universitaire de Paris en 1948, il sera aussi en 1954 à l'origine de la création de l'Académie du Jazz avec quelques professionnels et amateurs éclairés dont André Francis, aujourd'hui encore membre très actif du bureau de ce collège. Homme de radio, producteur d'émissions à la radio publique (0rtf puis radio France), il fut également un homme de plume prolixe: auteur de nombreux ouvrages dont La Sineclopedie du jazz avec Siné (décédé voici peu) ou Jazz les incontournables avec Philippe Carles, il dirigeait avec le rédacteur en chef historique de Jazz Magazine et Jean-Louis Comolli le dictionnaire du jazz, sorti en 1988 et dont la dernière édition date de 2011( Bouquins/Robert Laffont). Rédacteur de chef de Jazz Hot de 1953 à 1957, il a joué un rôle déterminant dans l'édition phonographique dans les années 50 en tant que directeur artistique de Vogue où il contribua à promouvoir le jazz -sortirent alors les premiers albums en solo de Martial Solal et Thelonious Monk-et accessoirement (il fallait bien assurer les fins de mois de la compagnie) à produire de la variété (on lui doit ainsi une traduction française du tube brésilien O grande amor). Mais son grand amour sera toujours le jazz comme il le manifestait en participant aux cérémonies de l'Academie du Jazz dont le concert marquant les 60 ans d'icelle en février dernier au Châtelet.
Jean-Louis Lemarchand

Published by Jean-Louis Lemarchand - dans non classé
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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 07:52

Bill Evans (piano), Eddie Gomez (contrebasse), Jack DeJohnette (batterie)

Villingen (Allemagne), 20 juin 1968

Resonance Records HCD-2019 / Socadisc

Franchement..... C'est l'été, il fait beau et chaud et même si les soirées raccourcissent, je vous imagine bien là, buvant un dernier verre sur votre terrasse, un cigare à la main, la tête dans les étoiles, écoutant cet album de Bill Evans dont Xavier Prevost se faisait l'écho dans ces colonnes il y a quelques semaines .

Seul enregistrement en studio de ce trio qui a marqué l'histoire du jazz par le célèbre album de Montreux, "Some Other Time "tutoie les sommets dans l'art du pianiste. Bill Evans semble ici encore plus relâché que jamais, maître dans l'art de la phrase bondissante, rebondissante, maître dans l'expression du swing harmonique, de la conduite de la mélodie hors de ses sentiers battus. Bill Evans fait danser son piano. Et même si l'on peut regretter comme le souligne Xavier, que la prise de son éloigne ( voire efface) Jack De Johnette, reste que cette relecture de ces standards est une véritable montée au ciel.

Un double CD a prendre absolument pour enchanter vos nuits d'été et regonfler à bloc votre amour du jazz.

Voilà, c'est juste un soupir d'amour que je partage avec vous. Pour le reste, je vous renvoie à l'excellent article de Xavier et à l'écoute lascive de Bill Evans.

Bises et bel été !

Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 12:05
JAZZ FOR KIDS

Jazz For Kids

L’autre Distribution

Manu Hermia (saxophones et flûtes), Sam Gerstmans (contrebasse), Pascal Mohy ( piano) 1er CD d’une série qui paraîtra sous le nouveau label KIDS AVATAR

En précommande sur itunes dès le 1er juillet et sur toutes les plateformes via Believe à partir du 22 juillet

www.manuel-hermia.com

www.tetesdejazz.eu

Excellent saxophoniste et flûtiste, coltranien dans l’âme, qui délivre un jazz « free », engagé dans son époque comme le prouve son dernier opus avec le même trio Austerity and…What About Rage ? ( label Igloo), Manu Hermia n’est pas un inconnu pour moi. Je l’avais retrouvé au Belgian Jazz Meeting en 2011, en trio avec Manolo Cabras (cb) et Joao Lobo (dms) mais la première rencontre remonte au Flemish Jazz Meeting, toujours in Bruges en 2007, et à Avignon avec la formidable opération Le jazz perd le nord, montée conjointement par l’AJMI avec le Théâtre des Doms enclave belge au sein de la cité papale, dans un programme raga, libertaire et métissé, Rajazz en 2007.

Le projet au cœur de ce tout nouvel album, n’est pas moins libre : trois jazzmen s’adressent aux enfants et à tous ceux qui ont envie d’aimer le jazz. Des improvisations à partir de standards que connaissent petits et grands, les comptines. Que vous ayez ou non l’âge des kids, le résultat est étonnant et franchement convaincant, des premières notes de « Frère Jacques » jusqu’au final « Bonsoir tout va bien » tendrement mélancolique d’Yves Barbieux. Moi qui ai dépassé la limite depuis longtemps et que ce genre de rengaine ennuie en général, j’ai dû remballer mes préjugés : ces rengaines éculées ont une vie propre et sonnent jazz, si on sait en jouer. Après tout, Coltrane a repris jusqu’au vertige « My favorite things ». En jazz ce n’est pas tant ce que l’on joue mais comment on l’interprète qui fait la différence Ecoutez une petite suite de 3 pièces sur… « Une Souris Verte » dont les qualificatifs pourraient décrire cette musique «Speed», "triste", "libre".

Les arrangements de Manu Hermia nous aident à saisir mélodie et harmonie par tout un dispositif ingénieusement expliqué et dessiné dans la pochette : on reconnaît très vite la mélodie et on peut même la chanter mais les couleurs et les rythmes diffèrent, ce qui donne du goût et d’une saveur nouvelle à ces antiennes même pas viriles, comme aurait soufflé Brassens. Je songe au Sétois car figure en fin d’album une version revigorante d’ « A La Claire Fontaine ».

Lignes de saxophones légères, dessinées avec fluidité, flûte qui chante et danse (« Meunier, Tu dors » ou sur « Une Souris Verte et Triste »), piano élégant, romantiquement evansien, contrebasse soutien efficace et discret du trio, voilà les points forts, ce qui fait tout le charme de ce Jazz for Kids.

Ajoutons que le groupe vient d’animer pour le plus grand bonheur de tous, sur quelques jours les après midis des Têtes de Jazz de l’AJMI, pendant le off du festival d’Avignon. Chaque chanson était prétexte à raconter le jazz au travers d’une histoire ou d’une devinette, à décortiquer ce qu’est l’improvisation. En s’amusant et de façon interactive. Ce qui est essentiel avec les enfants. Réjouissant et ludidactique donc.

Sophie Chambon

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 07:45
@jmgelin
@jmgelin

Steve Coleman (Saxophone alto), Jonathan Finlayson (Trompette), Sean Rickman (Batterie), Anthony Tidd (Basse), Miles Okazaki (Guitare)

C'etait hier soir. Paris. Chaleur de boeuf. Une heure d'attente dans la file qui s'étire sur la rue des petites Ecuries. Les femmes s'éventent avec des flyers et tout le monde prend son mal en patience.

Quelques jours plus tôt, Steve Coleman avait donné un concert privé quelque part dans Paris mais je n'avais malheureusement pas pu y aller.

Steve entre sur scène avec son éternelle casquette à l'envers. Depuis quelques temps déjà il orne le bout de son nez de petites lunettes fines.

Les 5 éléments sont sur scène et démarrent assez mollement le concert. Coleman ne trouve pas vraiment son Son. On se dit que la soirée risque d'être longue dans cette salle bourrée à craquer.

Et puis au 3ème morceau, le déclic se fait et le groupe face à la mollesse de la salle monte d'un cran. Et alors le groove s'installe. Coleman s'enflamme.

Et tout à coup la mathématique savante de Five Elements, ce langage qui lui est propre s'éclaire et emballe tout sur son passage.

Steve Coleman est décidément un grand, un immense. Un qui a révolutionné le langage du jazz.

Une grande et belle soirée au New-Morning où la chaleur se faisait soudainement très très légère.....

JM Gelin

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 00:06
JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

Le festival gardois, bien connu pour la qualité sélective de sa programmation, donnait cette année ses trois premières soirées à Vauvert. La soirée du 16 juillet, parrainée par la Spedidam, offrait trois visages et trois générations de la scène hexagonale.

JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

Juilien Touéry (piano), Ivan Gélugne (contrebasse), Julien Loutelier (batterie)

Le quartette d'Émile Parisien était prévu en ouverture à 21h, mais le saxophoniste, qui jouait la veille avec Airelle Besson, Anne Paceo, Vincent Peirani, Thomas Enhco et quelques autres français au festival d'Istanbul, s'est trouvé bloqué en Turquie, dont les aéroports ont fermé suite au coup d'état avorté. C'est donc en trio que ses partenaires ont joué, avec le répertoire du groupe adapté à cette nouvelle configuration. Avec audace, il nous ont fait profiter de leur belle connivence, et après une introduction hardie en forme de paysage sonore, ont exploré quelques voies du trio, depuis l'esprit de Paul Bley dans les années soixante jusqu'aux choix de leur génération. Ce fut vivant, tendu, plein de surprises et d'aspérités, et aussi très lyrique : une belle découvert en somme, qui transforme en bonheur la déception de n'avoir pas eu le groupe au complet.

JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

L'après midi, sous le soleil, les gradins attendent un public qui ne viendra qu'avec la nuit

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Éric Séva (saxophones baryton & soprano), Daniel Zimmermann (trombone), Bruno Schorp (contrebasse), Matthieu Chazarenc (batterie)

Puis ce fut le groupe « Nomade Sonore » d'Éric Séva : lyrisme également, bâti sur des mélodies mélancoliques dont l'apparente simplicité s'exaltait dans des développements très subtils. Chaleur et émotion étaient au rendez-vous, servies par la belle cohésion de ce groupe très rôdé, saisi au vol d'une tournée d'été de douze dates (privilège rare pour le jazz hexagonal en ces temps de pénurie....). Fougue virtuose, au service de la musicalité, chez les deux souffleurs, avec une mention particulière à Daniel Zimmermann pour son talent à mettre en relief, par ses contrepoints, le discours de son partenaire.

JAZZ à JUNAS aux ARÈNES de VAUVERT

Les Arènes ont leurs secrets au détour des coursives

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Richard Galliano (accordéon, accordina), Philip Catherine (guitare), Philippe Aerts (contrebasse), Hans Van Oosterhout (batterie)

Et la soirée trouva sa conclusion avec le « New Musette » de Richard Galliano, magnifié par la présence de Philip Catherine. Le guitariste est décidément un orfèvre qui traverse tous les langages du jazz avec une finesse confondante, faisant chanter son instrument dans tous les idiomes. Lui et ses compères du Nord de l'Europe donnaient à l'homme du Sud une réplique impeccable. Beaucoup de valses, des mélodies accrocheuses et sentimentales, jouées sans mièvrerie mais le cœur simple. Le public ne s'y trompait pas, qui fut conquis. Un solo de l'accordéoniste dans son répertoire fétiche (dont Piazzola), un trio sans guitare et un autre sans accordéon apportèrent la touche de diversité qui vint renforcer encore la joie des auditeurs. Et le fête se conclut par La Javanaise, d'abord en impro très libre, puis à la lettre en chant choral de tout l'auditoire. Le festival reprend le 19 juillet à Junas même ( suivre le lien pour le programme : www.jazzajunas.fr ).

Xavier Prévost

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 18:30
aquarelles de Carmen Tercero

aquarelles de Carmen Tercero

La semaine dernière au Parc Floral nous avons la chance d'assister au concert d'Omar Sosa, toujours joyeux et dansant, le plaisir de rencontrer une croqueuse de diamants.

Parmi les spectateurs, une femme que je ne connaissais pas s'amusait à dessiner au pastel les musiciens sur scène.

Lorsque dans les loges je l'ai vue présenter son carnet pour le seul plaisir de la faire dédicacer, j'ai trouvé cela injuste qu'elle vous prive de son fort joli travail et je voulais juste lui rendre un petit hommage, comme ça en passant, en pensant à tous ces amoureux anonymes du jazz.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 17:51
Bobby AVEY : «  Inhuman Wilderness »


Innervoice 2016
Bobby Avey (p), Thomson Kneeland (cb), Jordan Perlson (dms), John O'Gallagher (as)

Le label New-Yorkais Innervoice que vient de fonder le pianiste Marc Copland et sur lequel il a déjà publié son propre album ( « Zenith ») s’enrichit aujourd’hui d’une nouvelle signature avec le tout jeune pianiste Bobby Avey, inconnue ici mais figure montante de la scène de Big Apple.
Fort de son premier prix de composition au fameux concours Thelonious Monk il y a 5 ans, le jeune pianiste multiplie les collaborations avec les stars du jazz de la grande ville comme Miguel Zenon, Rudresh Mahanthappa ou encore Darcy Argue James dont il est l’un des membres du fabuleux big band.
La belle surprise qui nous vient de ce nouvel album est double.
Elle vient d’une part de la découverte de ce pianiste total, engagé, qui doit se situer quelque part entre Cedar Walton et Matthew Shipp dans une veine rythmique basée sur des structures impaires que ne dénierait pas Steve Coleman.
Les compositions qu’il présente sont toutes de très haute volée. Car l’essence même de la musique du pianiste est d’aller chercher au delà des structures mélodiques ou harmoniques , des structures à tiroirs et des atonalités pour tailler dans le vif des motifs rythmiques. Il y a dans sa musique quelque chose de réellement fascinant tant par sa propension à créer un univers hypnotique que par son engagement intégral dans ce qu’il joue. Engagement aussi dans sa force d’expression, entre colère et passion, martelant le groove comme on assène certaine vérités. Comme une forme d’affirmation de son parti pris. Car il y a de cal chez Bobby Avey, l’affirmation d’une ligne musicale à laquelle il se tient. Et ça , nous on aime.

La deuxième surprise de cet album est celle de la découverte du saxophoniste alto John O’Gallagher qui l’accompagne sur 4 titres. Ce saxophoniste est, à 52 ans un des piliers du Smalls, le petit club de New-York. Impérial dans son discours, il s’affiche comme un saxophoniste tranchant, puissant, à la souplesse féline et bourré d’idées musicales dans ses improvisations. De la veine des héros New-Yorkais de cette scène post-free comme Tim Berne dont il semble très proche musicalement. Comment avouons nous pu passer à côté d’un tel musicien !


Voilà quelques jours que cet album tourne en boucle dans mon casque et ne cesse de m’accrocher, comme prisonnier volontaire dans une sorte de toile. Il y a dedans la marque d’un futur grand compositeur qui porte en lui une rare maturité musicale.

A découvrir séance tenante.

Jean-Marc Gelin

PS : en vidéo, le teaser de son travail sur le vaudou et la révolution haïtienne qu’il avait mené avec Miguel Zenon dans l’album « Authority melt on me ».

Bobby Avey

Bobby Avey

Teaser du précédent album avec Miguel Zenon et Ben Monder

Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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