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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 08:56

En compagnie de Reggie Washington pour la sortie de son nouvel album, "Rainbow Shadow" en hommage à Jeff Lee Johnson et de Ghost Rythm ( Xavier Gelard et Camille Petit) pour la sortie de "Madeleine"

Hier sur Jazzbox - Aligre fm 93.1
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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 09:21

Jazz & People 2015

Leïla Olivesi (p, vc), David Binney (as), Manu Codjia (g), Yoni Zelnik (cb), David Kontomanou (dms)

La pianiste Leila Olivesi devient une musicienne incontournable du monde du jazz hexagonal. Son quartet qui tourne depuis pas mal de temps et que l’on peut entendre assez régulièrement sur les scènes parisiennes a pris désormais la dimension d’un vrai d’un groupe homogène et ultra cohérent. Et à chaque nouvel album de la pianiste, toujours la même évidence, Leila Olivesi grandit, s’affirme et prend une réelle ampleur. Non seulement comme instrumentiste mais surtout et avant tout comme une vraie compositrice réellement inspirée. Par delà la performance d'un tel ou untel, « Utopia » c'est la confirmation que Leila Olivesi parvient à imposer son écriture et son talent de compositrice de grande qualité. Ecriture souvent " new-yorkaise". De celle qui s'inspire justement de l'écriture d'un musicien comme le saxophoniste américain David Binney (présent sur 4 des 8 titres), d'un Kurt Rosenwinkell ou encore même de Fly ou de Mark Turner. Ce qui en soi situe le niveau de cet album, assez haut. Grande compositrice assurément Leila Olivesi en a toute l’envergure. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans une toute autre veine l’un des titres qui clôture cet album, Summer wings a reçu le prix Ellington Composer.

Mais il n’est pas d’album de jazz remarquables si les plus belles compositions ne sont pas servies par de grands interprètes. Et c’est tout l’art (très ellingonien d’aileurs) de Leïla Olivesi que des les avoir particulièrement choyés. David Binney qui apparaît ici en guest star culmine aux sommets auxquels il nous a habitué, apporte sa verve et son lyrisme et met le feu à tout ce qui bouge à l'image de ce Symphonie Circle incandescent ou comme dans le Monde de Cyrano aussi enflammé que son illustre personnage. Leila quand à elle chante sur deux titres (plutôt bien d'ailleurs) en utilisant sa voix comme porteuse de mots mais surtout de musique, autre instrument à corde qu'elle utilise avec légèreté et grâce. Dans un arrangement presque rock (en tous cas très rosenwinkellien) de Night and Day, l’incontournable Manu Codjia apporte ses couleurs bleutées et évanescentes qu’il manie avec un art consommé de l’envolée sensuelle. Le tout admirablement, soutenu par une superbe rythmique.

« Utopia », hommage aux écrits d’Edmond Rostand se situe un peu entre ciel et terre. Dans un autre mode peupé d'être imaginaires mais qui nous ressemblent fort.

Dans une dimension à la fois onirique et formidablement humaine, Leila Olivesi nous embarque dans son univers.

Jean-Marc Gelin

LEILA OLIVESI : «  Utopia »

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 10:31

Jan Harbeck, Walter Smith III (ts), Henrick Gunde (p), Eske NOrrelykke (cb) Anders Holm (dms)

Stunt 2015

C’est une sorte de retour vers le passé que nous propose le saxophoniste ténor danois Jan Harbeck avec cet album qu’il enregistre en compagnie d’un autre ténor, le saxophoniste américain Walter Smith.

Retour en arrière puisque ces « Variations in blue » sont un hommage à deux grands monstres sacrés de jazz, deux ténors mythiques Eddie Lockaw Davis et Paul Gonsalves, (l’un chez Count Basie et l’autre chez Duke Ellington) qui avaient enregistré un superbe « Love Call » en 1968 pour le label RCA Victor. Et si l’on a coutume de dire qu’il n’y a pas de jazz moderne sans connaissance et surtout sans amour du patrimoine, Jan Harbeck et Walter Smith en font ici une démonstration éclatante.

S’ils se gardent bien de ne pas reprendre la track list de l’original, leur travail sur le « gros » son, sorte de velours ample et léger à la Hawk et à la Ben Webster est un modèle du genre comme l’on en fait plus beaucoup aujourd’hui. Les eux garçkns s’entednent à merveille, se suivent, échangent, se donnent la réplique ou contrechantent dans un swing plus lent que lent, avec détachement et élégance.

Cela nous ramène quelques décennies en arrière et Dieu que c’est bon ce truc en mineur. Cette magnificence du bon vieux blues traînant et lascif. Cette rencontre sensuelle et virile à la fois entre deux killers qui se gardent bien d’en faire trop. Ce jazz un peu nonchalant que l’on suit avec une sorte de douce flemme et de délice inextinguible.

Jean-Marc Gelin

Jan Harbeck quartet et Walter Smith III : «  Variations in blue »

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 17:24
La tectonique des nuages

Opéra Jazz de Laurent Cugny, mise en scène de François Rancillac. Nantes, Théâtre Graslin, 8 avril 2015

En prologue, au son d'un choeur préenregistré, et sur écran, un lent travelling, depuis les espaces interstellaires jusqu'à Los Angeles, sous un déluge de fin du monde. Venant du côté cour, sur une plateforme lentement motorisée, une jeune femme fortement enceinte ; puis du côté jardin, tout aussi lentement, un jeune homme. Un dialogue parlé (on est dans la convention de l'opéra comique, même si l'oeuvre n'a rien de tel) nous apprend qu'elle faisait de l'auto stop, sous ce déluge annonciateur du Big One, le tremblement de terre qui détruira La Mecque californienne. Elle est totalement perdue, égarée dans l'espace et le temps : il l'emmène chez lui.

L'écran s'efface, dévoilant le plateau : un appartement-ville, dont les meubles sont autant d'immeubles, à des échelles diverses, suggérant l'horizon d'une mégapole désenchantée. L'orchestre, disposé en « L », borne deux côtés de la scène, entourée de paravents translucides d'où émane finement la lumière qui cerne le décor. Anibal de la Luna, bagagiste à l'aéroport, comprendra progressivement que sa mystérieuse invitée, Celestina del Sol, suspend l'envol du temps et perturbe les horloges. Un chassé croisé amoureux s'installe, où surgira bientôt Nelson de la Luna, frère militaire un brin caricatural. L'aventure se poursuit au fil d'un temps fracassé qui aura le dernier mot : Celestina, dans l'apparence de sa jeunesse, au seuil de la ville reconstruite après le Big One, pousse un landeau qui porte un nourrisson, fruit d'un gestation de plusieurs dizaines d'années, et rend visité à Anibal, désormais un vieillard ; il croit voir en elle la nouvelle infirmière et peine à la reconnaître. Le temps diffracté aura eu le dernier mot, laissant derrière lui rêves, souvenirs et fantasmes confondus.

La musique est de jazz, assurément, dans toutes les variantes et nuances de l'idiome. L'orchestre est parfait, lisible et expressif, et les solistes peuvent improviser furtivement en contrechant des vocalistes. Les voix sont prenantes, jouant à l'infini des couleurs de l'expression, mais sont parfois desservies par l'amplification qui altère les dynamiques (fragilité des seuils de déclenchement des compresseurs-limiteurs?). Qu'importe, l'émotion est là, durable, parcourant le territoire sensible qui va de la scène à la salle. David Linx et Laïka Fatien sont au delà de tout éloge, et Yann-Gaël Poncet (également librettiste inspiré) est à son mieux, plus convaincant que lors des versions de concert de 2006 et 2007, et même que sur l'enregistrement réalisé deux ans plus tard (Signature - Radio France/Harmonia Mundi, Grand prix de l'Académie du jazz 2010). Laurent Cugny a conçu un certain nombre de thèmes, récurrents et constamment métamorphosés par l'orchestration et les rythmes. On n'est pas ici dans l'univers du leitmotiv wagnérien, attaché à tel personnage ou telle action. Le déroulement est fluide, et pourtant l'intensité dramatique est au rendez-vous, maginfiquement étayée par les attributs opératiques (mise en scène, décor, vidéo, lumière....), jamais redondants, toujours pertinents, ouvrant fort les vannes de l'émoi et de l'intellection.

Bref c'est l'avènement, dans sa version opératique, d'une œuvre (librement adaptée d'une pièce de José Rivera) qui fait honneur à l'ambition du genre : un spectacle total, offert à tous les sens, sensation et signification confondues. On attend que les grands scènes culturelles, et les maison d'opéra, accueillent ce beau projet abouti, comme vient de le faire Angers Nantes Opéra. Il y fallut le concours, et l'obstination, depuis l'origine du projet à l'orée des années 2000, d'une foule d'acteurs : le festival « Jazz à Vienne », la Comédie de Saint-Etienne, la Fondation BNP Paribas.... et de beaucoup d'autres ! Reste à conquérir l'Opéra Comique (car l'oeuvre souscrit aux canons de son répertoire), et pourquoi pas, le Palais Garnier : on peut rêver ; d'ailleurs rêver est indispensable en ces temps de disette budgétaire pour prendre d'assaut la Bastille, à défaut d'opéra du même nom....

Xavier Prévost

David Linx (Anibal de la Luna), Laïka Fatien (Celestina del Sol), Yann-Gaël Poncet (Nelson de la Luna, librettiste)

Laurent Cugny (composition, direction, piano) , Arno de Casanove (trompette, bugle), Denis Leloup (trombone), Éric Karcher (cor), Pierre-Olivier Govin (saxophones alto, soprano & baryton), Thomas Savy (saxophone ténor, clarinette & clarinette basse), Laurent Derache (accordéon), Frédéric Favarel (guitares), Joachim Govin (contrebasse) & Frédéric Chapperon (batterie)

François Rancillac (mise en scène, livret d'après Cloud Tectonics de José Rivera), Charlotte Delaporte (direction du mouvement), Raymond Sarti (scénographie), Sabine Siegwalt (costumes), Marie-Christine Soma (lumière) & Raymonde Couvreu (vidéo).

©Jef Rabillon pour Angers Nantes Opéra

©Jef Rabillon pour Angers Nantes Opéra

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 22:29
BECHET IN SWITZERLAND

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 21:23

Est-ce l’effet du printemps ? Toujours est-il que la semaine passée, l’envie de humer le jazz tel qu’il se joue sur le vif n’est pas restée lettre morte. A chaud quelques impressions naturellement subjectives de ces pérégrinations nocturnes sur la rive droite de la Seine, entre les Halles et les Grands Boulevards.

31 mars. Duc des Lombards. Yonathan Avishai (piano), Yori Zelnik (basse), Donald Kontomanou (batterie). A l’heure où la percussion flamboyante domine bon nombre de trios, l’artiste franco-israélien joue la carte de la sensibilité et de la fraîcheur avec une économie de moyens qui ne veut pas dire sécheresse. Des petites pièces distillées avec grâce qui plongent l’auditoire dans une atmosphère de béatitude.

(Modern Times. Jazz et People/Harmonia Mundi)

1er avril. Olympia. Avishai Cohen (basse), Nita Hershkovits(piano), Daniel Dor (batterie). Temple de la chanson, l’Olympia affiche complet pour un bassiste qui conquit les foules en chantant. Mais ce soir, Avishai Cohen fait seulement chanter sa contrebasse, fortement mise en valeur. Les spectateurs semblent apprécier ce trio qui, sans innover, plaît. Si le jazz remplit les salles, qui s’en plaindrait ?

 

(From Darkness. Razdaz Records/WEA Music).

3 avril. Sunside. Didier Lockwood (violon), Paco Séry (batterie), Linley Marthe (basse électrique), Jean-Marie Ecay (guitare). Première de trois soirées au club de Stéphane Portet pour l’éclectique Didier Lockwood. Retour au bon vieux jazz-rock avec effets de virtuosité du leadeur et expression survoltée chez ses trois compères. Chaud bouillant. En bis, le violoniste offre un solo acoustique qui rappelle son dernier spectacle, L’improvisible. Moment de grâce.

3 avril. Sunset. Sara Lazarus (chant), Alain Jean-Marie (piano), Viktor Nyberg (basse), Philippe Soirat (batterie). L’hommage à Billie Holiday débute avec Sara Lazarus. Une fois la surprise initiale passée pour ceux qui limitent Billie Holiday à la deuxième partie de sa carrière, l’aspect tragique, on écoute avec intérêt le répertoire classique de Lady Day. Sara Lazarus sait parfaitement traduire –sans trahir- la sensibilité de la grande Billie. Coup de chapeau au trio qui ne fait pas qu’accompagner.

Jean-Louis Lemarchand

 

copyright Jean-Louis Lemarchand

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 22:16
Billie Holiday, Lady in Satin : the Centennial Edition.

Billie Holiday, Lady in Satin : the Centennial Edition. Coffret 3 CD. Livret de 36 pages signé par Sébastien Danchin. Columbia Legacy-Sony Music.

Pour se souvenir de Lady Day, née le 7 avril 1915, le plus simple est de l’écouter. Lapalissade, me direz-vous. Plus d’un demi-siècle après sa disparition, l’essentiel de son œuvre est disponible. Tout au moins l’officielle. Nous n’allons pas ici vanter les mérites des versions pirate, captées à la va-vite et au détriment des droits des musiciens. Mais quand un studio ayant pignon sur rue sort de ses tiroirs des versions enregistrées avec soin et n’ayant pas été retenues dans les vinyls ou cd, notre oreille se tend. Et là avec ce coffret publié par Columbia sous la responsabilité de Michael Cuscuna, nous sommes gâtés.

Nous avons affaire à Lady in Satin, enregistré en février 1958 à New York, avec une grande formation de 25 musiciens dont 11 violons sous la direction de Ray Ellis. Témoignage de la dernière ligne droite de Billie Holiday –elle décédera 18 mois plus tard le 17 juillet 1959- Lady in Satin, son avant-dernier enregistrement, émeut, bouleverse. Le coffret offre l’album original remastérisé et deux autres cd de 20 titres présentant les prises non publiées à ce jour.

La publication de l’intégralité des séances des 18,19 et 20 février, qui se déroulèrent, à la demande de Billie, entre 23 h 30 et 2 h30 du matin, permet de plonger au cœur du phénomène de la création. Toute cette matière vivante qui nous parvient plus de 50 ans après nous rapproche un peu plus d’une chanteuse incomparable au sens littéral du terme. Ces petits riens des séances d’enregistrement- les échanges avec l’ingénieur du son et son fidèle pianiste Mal Waldron, les éclats de rire…-, prennent ici une dimension historique. Et que dire du répertoire ainsi traité, proposé en plusieurs versions ? Parmi les grands classiques de Billie Holiday, notre préférence ira à Violets For Your Furs, The End of a Love Affair, et peut-être en tête de liste, It’s easy to remember (but it’s so hard to forget) chef d’œuvre de Rodgers, Richard / Hart, Lorenz, proposé en sept prises.

Jean-Louis Lemarchand

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 19:21
RUDRESH MAHANATHAPA : " Bird calls"

ACT 2015

Rudresh Mahanthapa (AS), Adam O'Farrill (tp), LMatt Mitchell (p), Francois Moutin (cb), Rudy Royston (dms)

On a coutume de dire que le jazz est affaire d'énergie. Si tel est le cas ( ce que je crois pour ma part) alors nous avons ici une belle illustration de ce que le jazz peut produire de meilleur. Et l'on dit souvent aussi que les grands jazzmen s'illustrent par les formations qu'ils fédèrent autour d'eux. Là encore, le saxphoniste indien réussit un coup magistral en réunissant autour de lui un véritable quintet de feu. Du genre à faire exploser les limites, à se dépenser sans compter comme des boxeurs sur un ring, avec autant de débauche d'énergie que de talents fusionnés.

Rudresh, on le suit dans ces colonnes depuis longtemps. Inventeur d'un language du saxophone mais dans le même temps héritier de Charlie Parker et de Jackie Mc lean, il est le pur produit de ce que le jazz engendre de métissage heureux. Sans aculturation et sans revendicaton identitaire. Simplement par le mélange d'une culture propre avec les idiomes d'un jazz acoustique bop, hard bop ou d'essence coltranienne. Ce sont des créateurs. De ceux qui inventent ainsi un nouveau language et ouvrent de nouvelles portes au jazz. Vijay Yyer, Miguel Zenon ou ...Rudresh Mahanthapa sont ainsi l'illustration de ces nouvelles formes créatrices du jazz qu'ils font naître au pays d'un Oncle Sam ouvert sur le monde.



Avec cet album Rudresh franchit une nouvelle étape. Le quintet y joue à un niveau exceptionnel tout au long de l'album.

Le saxophoniste, inventeur (on l'a dit) d'un nouveau language, réalise des trucs incroyables sur son alto capable de surfer, avec un lyrisme ébouriffant sur une sonorité parkerienne ou de passer dans la foulée à des sonorités et tonalités indiennes auxquelles il est par culture, attaché. Ses sinuosités reptiliennes contrechantent alors avec les flèches brillantes décochées par un Adam O'Farrill ébouissant à la trompette. L'entente entre les deux est étincellante et, même s'ils ne parlent pas exactement le même language ( c'est justement cela qui est passionant !) ils donnent le sentiment d'avoir trouvé un terrain de jeu propice aux émulations les plus riches. Il ya presque quelque chose d'un esprit New orleans d'un autre temps dans cette rencontre-là.



Derrière, la rythmique est galvanisante, survoltée notamment par un François Moutin qui comme à son habitude porte la baraque à bout de bras et la place sur orbite.



"Bid calls" ? L'envol de l'oiseau qui déchire le ciel ou bien hommage moderne à Charlie Parker ?

Dans les deux cas, on prend, et on en redemande ! Ca part dans tous les sens, ça explose, ça brille ! ça feu d'artifice.



Jean-Marc Gelin

RUDRESH MAHANATHAPA : " Bird calls"

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 09:36

1CD et 1DVD ( a film by Klemens Schiess)

Label BMC www.bmcrecords.hu

Enregistré au Be Jazz Winterfestival 2014 ( Bâle)

Autre expérience pour notre petit Suisse préféré qui, après avoir joué en duo avec son compatriote Lucas Niggli rencontre cette fois une autre équipe, un quartet de cuivres avec presque le même instrumentarium que dans son cher Hildegarde lernt fliegen, le formidable quartet Arte. Ajoutons un bassiste électrique dans cette formation sans batterie, où Andreas fait les rythmes, à sa façon, mais sans « drum beat ». Avec Beat Kappeler au tubax et baryton sax, et Wolfgang Zwiauer à la basse, ils constituent une section rythmique « grooving like hell », sortant un véritable « Klang » (« son »).

Car le quartet est une formation hermétique qui s’enrichit de l’apport de nouveaux membres, même occasionnels et ici de l’apport exceptionnel de ce formidable chanteur, compositeur. La première rencontre qui engendra cette collaboration remonte à 2011 où le quartet « engage » Andreas comme chanteur, fasciné par ses acrobaties vocales et artistiques, la plasticité de sa voix. Il utilise sa voix comme un instrument à part entière, en magnifiant son micro...

Il est un drôle de compositeur qui intègre des parties, des bouts spécifiques du travail des autres musiciens, comme des scans de leurs parties respectives, tous les sons du sopranino au tubax comme un miroir aux différentes facettes de sa voix. Il imagine des effets de trillles, multisons, slaps, effets de respiration ou de souffles. Pas de mélodies à proprement parler, même s’il s’inspire des quartets à cordes de Bartok et Ligeti en tentant de reproduire avec sa voix des effets saxophonistiques ou en imaginant comment sonnait le quartet. Il s’enregistre par fragments sur son téléphone cellulaire et au piano pour les parties harmoniques et les voicings.

Le bonus est particulièrement intéressant car Andreas Schaerer explique avec force détails sa façon de travailler, avouant dans un bonus qu’il a besoin d’une certaine pression pour finir ce processus de création qui ne se réalise qu’en accélérant au fur et à mesure que la date du « live » approche .

N’hésitez pas, écoutez et regardez .... une expérience intense !

Sophie Chambon

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 08:10
Andreas Schaerer’s Hildegarde Lernt fliegen

Live in Goettingen

Concert du 9 octobre 2013 au Jazz Festival Goetlingen

ENJA /YELLOWBIRD 2014

Supported by Swiss Arts Council Pro Helvetia

www.hildegardelerntfliegen.com

On a déjà dit aux DNJ tout le bien que l’on pensait des diverses productions du groupe helvète qui tourne tout de même depuis dix ans. C’est ici l’occasion une fois encore de vous conseiller de les écouter sur cd et surtout d’aller les voir s’ils passent près de chez vous. Ils sont à présent un peu plus reconnus en France et c’est amplement mérité.
J’ai eu la chance de rencontrer cet été aux Têtes de jazz à Avignon pendant le festival de théâtre, le formidable équipage emmené par le génial Andreas Schaerer. Ces petits Suisses sont sympas, simples, sans la prétention parfois très française d’appartenir à une exception culturelle....

Cette fois, vous pouvez vous faire directement une idée de la façon dont ils gèrent un concert, avec générosité et un grand savoir-faire en regardant ce DVD Live in Goettingen. Voilà un spectacle très maîtrisé, car on sait bien que cette folie apparente révèle une virtuosité acquise au prix d’un travail acharné.

Si l’adrénaline reste un meilleur excitant que le café, lors de leur rappel exécuté à la kalimba, aux flûtes à bec, avec les effets de gorge presque aquatiques de ce chanteur prodigieux, on est encore dans autre chose, une berceuse car il est tard... C’est qu’ils ont enchaîné deux concerts ce soir là, passant de Ravensburg à Goettingen après treize heures incluant le voyage. Ils présentent vaillamment leur spectacle dans ce théâtre à l’italienne, rococo, qui sied à merveille à l’aspect cabaret de leur performance Ainsi le live est présenté sur la piste d’un théâtre transformé en cirque avec une jolie écuyère à la Seurat. Les références sont multiples, Zappa évidemment, la formule « Cabaret » des années trente, les formidables excentricités des « Revellers » ou « Comédian harmonists », Nina Hagen et ses bizarreries vocales... même the Rock and Roll Circus des Stones.... C’est dire le meilleur intégré, digéré et adapté à notre actualité. « Don Clemenca » est un morceau très drôle, mise en scène par Maria Sigrist, très « nonsense » , avec un humour sans provocation, des idées à la minute et des musiciens hors pair qui savent aussi jouer et faire les clowns, avec toute l’autodérision que cela implique... Il y a de la diva dans la représentation du chanteur mais aussi du « human beat box ». Non content de savoir chanter, Andreas mêle tous les genres et c’est ce « fourre-tout » baroque qui peut surprendre en France où souvent les musiciens se prennent un peu trop au sérieux.

Voilà un DVD réalisé avec soin, avec des bonus extras et une « set list » qui vous permet de revoir directement chaque morceau, dont les titres sont toujours hautement improbables et difficilement compréhensibles pour les Français, comme « Seldom was covered with snow and an old oak »....Certains morceaux sont en effet repris dans le DVD, sous forme de clip avec une vraie mise en scène ingénieuse et « arty » : une vision transdisciplinaire du spectacle et de tous les arts et pratiques artistiques. Sans oublier le formidable travail graphique des affiches, flyers promotionnels, et couvertures des CDS et DVDS. On le répète, c’est une vision complète de l’art du spectacle qui ne néglige aucun « détail ».

Cerise sur le gâteau , un final marrant « Another encore », façon notre « Quatuor » (mis en scène par Alain Sachs en France) où chacun s’acharne gentiment sur la contrebasse.

Ne vous privez pas de ce plaisir....regardez vite ce live de Hildegarde lernt fliegen

Sophie Chambon

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