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Logan Richardson: alto saxophone (1, 3, 5, 6, 9); Gary Thomas: tenor saxophones: (1, 3, 5, 6, 9); Jesse Elder: piano; Christopher Tordini: bass; Tyshawn Sorey: drums; Chris Cheek: tenor saxophone (4, 7, 8); Jeremy Viner: tenor saxophone (2); Aya Nishina: piano (10-13).
Jess Elder est un jeune pianiste qui évolue du côté de Brooklyn et qui, à l’exception des initiés de la nouvelle scène New Yorkaise, est encore totalement inconnu de ce côté-ci de l'Atlantique. Avec quelques autres jeunes talents, il réalise aujourd’hui son premier album axé autour de ses propres compositions. Le moyen pour lui, loin de se mettre en valeur, de mettre sur orbite deux saxophonistes de grand talent : le tout jeune altiste Logan Richardson repéré il n'y a pas longtemps par Jordi Pujol (Fresh Sound New Talent) et par le moins jeune ténor Gary Thomas que l'on a pu entendre autrefois aux côtés de Greg Osby ou de Steve Coleman. Tiens, Steve Coleman justement ! Pas un hasard que l’on en parle ici puisque sa musique semble être une influence importante dans la construction des compositions de Jess Elder. Juxtaposition des structures harmoniques, relégation des phrases mélodiques au second plan, agencement des structures rythmiques impaires et des décalages sont les bases de cet album. Les imbrications dans un mix « écriture-improvisation », des dialogues de l’alto et du ténor, auxquels s’ajoute parfois la voix de Chris Cheek toute en feulement contrasté crée un ensemble particulièrement inspiré. On est ici dans la droite ligne de cette musique aujourd’hui dominante de l’autre côté de l’Atlantique, brillante, remarquablement interprétée par des solistes très très fort mais auxquels manque quand même une part d’engagement, un sens du collectif, une envie de swing. L’album se termine par une série de 4 morceaux improvisés au piano solo, l’occasion d’entendre Jess Elder dans une expression en total contraste avec le reste de l’album, bien plus sombre presque concertant et pourtant marquée par l’étonnante maturité de son protagoniste. Une valeur à suivre comme on dit.
Jean-Marc Gelin