les dernières nouvelles du jazz

Yolk Records – Indigo




 

Bruno Régnier est un créateur bien particulier de projets aussi audacieux que créatif. Cette « Suite… de danses » rassemble un collectif tout à fait intéressant par la présence de Sébastien Texier au sax alto et à la clarinette, Rémi Dumoulin au sax ténor et à la clarinette, Olivier Thémines à la clarinette, Alain Vankenhove à la trompette, Matthias Mahler et Jean Louis Pommier au trombone, Alexis Thérain à la guitare, Frédéric Chiffoleau à la contrebasse et enfin Matthieu Desbordes à la batterie. A la composition et à la direction de cet orchestre à géométrie mouvante, ce créateur nous offre un nouvel opus réunissant des souvenirs de Musique folklorique, dans un climat de Musique de chambre autant que de jazz, où l'écriture se fait vive, fantaisiste et inventive. L'X indique évidemment la variabilité de l'effectif et des possibilités d’assortiments. Cet album s’ouvre sur « Brass Dance », composition débutant sur une longue et rutilante note du tutti, laissant présager une préciosité bien particulière de l’agencement de chaque pupitre. Ce tutti, s’arrêtant net, laisse place par surprise, comme un oublié, au saxophone alto, continuant sa note tenue en solitaire. Tel une forêt d’arbres qui s’échouent tous ensemble pliés par le vent, tous sauf un seul. Et justement. On retrouve ici une idéale manière d’accompagner des images, celle dont use le « Ciné X’Tet » de Bruno Régnier pour accompagner les aventures de Buster Keaton à l’écran. Dans ce disque très fourni en écritures, la place de l’arbitraire demeure importante, étant aux mains de formidables improvisateurs que sont chaque soliste. Au passage, Sébastien Texier illumine par la suprématie de son phrasé, émanant d’une pure intelligence. Il faut aussi souligner la solide musicalité d’une section rythmique donnant la réplique de belle manière à ce cortège, parfois au service de la folie furieuse. Des accents de Musique Free et Contemporaine dans « La claudicante » mais aussi des soupirs élégiaques à consonances d’Europe de l’est, de féériques évocations au cirque dans tous ce qu’il y a de farce et attrape dans « Fin de danse », le swing à couper au rasoir d’un Jazz étourdissant dans « Alaoud ». Une suite de danses remplie d’idées majeures tout en nuances, de long en large composée par la plume d’un savant arrangeur à suivre. Tristan Loriaut

Sam 8 nov 2008 Aucun commentaire