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Egea 2008
Dans la tradition des grands compositeurs brésiliens, Guinga n’est pas celui dont le nom revient le plus
souvent. C’est pourtant une hérésie que nous pardonneraient difficilement les amateurs de la musique des cariocas et du Nordeste qui le considèrent depuis longtemps comme l’une des principales
figures brésilienne d’aujourd’hui. A 58 ans en effet Guinga ne compte plus les marques de reconnaissance qui l’ont amené à jouer et surtout à écrire pour les plus grands, jusque et y compris
Michel Legrand avec qui il collabora un temps. Le clarinettiste Gabrielle Mirabassi qui signe les liners notes de cet album et qui participe à quelques titres fait partie des aficionados de la
première heure et attire notre attention sur l’extrême qualité du quartet constitué autour du compositeur-guitariste et qui regroupe, à ses côtés notamment deux musiciens exceptionnels, à savoir
la clarinettiste Paulo Sergio Santos (que Mirabassi porte pour son héros – c’est dire !) et le trompettiste Jorginho Do trompete qui exalte un Ingreja da penha allant chercher on ne
sait trop comment dans l’extrême aigu des notes d’une sublime poésie. Car avec une douce mélancolie, ces musiciens semblent chanter les mélodies de Guinga dans un balancement subtil d’un
raffinement extrême. Les images du livret montrent d’ailleurs Guinga embarqué dans une ronde, bras en croix, comme emporté par sa propre musique. Sur le titre sur lequel il chante
(Senhorinha que l’on entend à l’égal d’un Luiza de Jobim) il crée par sa voix et la complicité fluette du clarinettiste une émotion diaphane au charme irrésistible. Quelque
chose de désuet se promène tout le long de cet album avec une démarche gracile et subtile tout à la fois. Doucement cette musique s’empare de la samba, de la bossa nova sans jamais s’y heurter à
ses lourds clichés mais en exaltant avec un romantisme charmant la capacité d’émotion. La clarinette de Paulo Sergio Santos pure et claire virevolte, exceptionnelle dans les rythmes égrenés à
l’affût de la pulsation légère. Le son cuivré de la trompette arrose de soleil les floraisons mélodiques de Guinga qui, à la guitare se fait aussi mutin que cajoleur. Il est bien temps que nous
apprenions ici que, quelque part du côté de Rio de Janeiro (dont il est originaire) se trouve un musicien à l’égal de Carlos Jobim, de Villa Lobos et de Caetano Veloso. Avec une élégante humilité
et sans faire de bruit, la musique de Guinga ne cesse de nous charmer, portée ici par des musiciens exceptionnels, en totale empathie avec la musique, superbe d’un très grand compositeur.
Jean-Marc Gelin
Bonjour,
Guinga fait partie de ma vie de musicienne. Il est incroyable et ses compositions époustouflantes. Je suis tombée dans le tourbillon des ses mélodies et harmonies. Quelle élégance ....
Je l'ai rencontré en Italie. Il m'a invité à interpréter deux de ses titres. Pourquoi n'est-il pas encore en France. En attendant je chante ses chansons dans des petits festivals. Vous pouvez écouter quelques démos sur mon site, enregistrées avec Jean-Luc Portalier mon Guitariste.
Encouragé par Gabriele Mirabassi, Marcus Tardelli et Guinga lui-même, nous travaillons avec Jean-Luc, sur le projet d'un album consacré à Guinga.
à écouter sans modération
Adèle Bracco