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Aphrodite records

 Lyonnais d'origine et installé à Nîmes, le claviériste leader Stéphane Morilla signe les compositions et les arrangements du répertoire de son premier cd et annonce d'emblée, sur les liner notes de ce cd, la couleur de la musique de son  quintet : "Ethno jazz, Jazz funk aux accents européens".

Depuis 2001, le quintet propose un répertoire taillé dans le groove, le jazz rock et le jazz funk des années 70 auxquels Morilla s'est attaché à donner une ligne mélodique qui marque les esprits. De la longévité du groupe, on entend une jouerie maîtrisée: la machine tourne terrible et sans soubresauts. La rythmique, composée de Greg Theveniau à la basse, du métronomique Hervé Humbert à la batterie et du percussionniste Jorge Costagliola est imposante et dispose d'une fluidité et une d’assise impeccables qui permettent aux chorusseurs de s'exprimer fiévreusement dans de bonnes conditions. Au travers de sonorités percussives nombreuses et excitantes, l'auditeur a le plaisir de découvrir ce combo rythmique féroce et solide.

Si " Façon Puzzle " justifie son nom, c'est par la diversité des styles et des influences dans la musique. Ainsi la pièce éponyme est une composition jazz-funk aux colorations sud-américaines, " Dithyrambique " est plus jazz-rock, " Oued " est plus bruitiste mais toujours groovy alors que " Daniel, Jean " est une ballade aux inspirations classiques.

Dans cette alternance de ballades et de morceaux vifs et pêchus, le jazz-funk-rock de Morilla est de qualité sans les stigmates du genre. En cela, nous voulons dire que la musique du claviériste n’est pas passéiste. Le Morilla quintet maîtrise le style, évite les écueils de la musique solennelle et démonstrative, inhérente au genre, et offre un côté joyeux, goguenard et insolent  à ses compositions. A ses côtés, plein de confiance, le saxophoniste Antoine Bost se lance dans des chorus solides et inspirés qui nous ravissent.

Probablement pour terminer son puzzle, Morilla a fait appel au guitariste James Mc Gaw et Emmanuel Bex, ici à l'orgue Hammond. Plutôt surprenant ou inévitable, Morilla laisse la part belle à Bex sur "Façon Puzzle" où l'organiste s'intègre parfaitement dans la musique du groupe. C'est moins le cas sur "Des moments simples", en trio, où Bex joue ... du Bex. Quant à James Mc Gaw, ce formidable guitariste s'intègre totalement et parfaitement dans le quintet de Morilla (il faut le recruter, Stéphane !!) et apporte une touche électrique et vive de choix.

Une critique négative : la pochette est particulièrement laide et ne reflète pas du tout le contenu du cd. Pas vendeur. Jérôme Gransac

 

Mer 9 jui 2008 Aucun commentaire