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JJJJ Laurent De Wilde / Otisto 23 – “PC PIECES”
Nocturne 2007-10-08
Un disque au visuel épuré s’ouvre à nous, dès lors de la découverte du nouvel opus de Laurent De Wilde. Cette nouvelle expérience, le pianiste l’a vécu en duo avec un maître des machines, en la
personne d’Otisto 23. Il s’agit là d’une magnifique association entre un virtuose du piano et un technicien de cette nouvelle génération issue de la musique électronique. Magnifique dans le sens
d’oser, de séduire, de contempler et de donner à méditer. « PC Pieces », sorti sous le label Nocturne, évoque un morcellement de la matière sonore, au sein d’un contexte de Musique
répétitive. Pour aller plus loin dans l’innovation, le support CD est en fait un disque double face (comme un vinyle) et laisse apparaître un DVD sur cette seconde face. Il fallait y penser, car
grâce à ce système, la musique du disque reste imperméable au piratage MP3. Quoi de mieux pour réconcilier l’objet du CD de Musique avec les auditeurs, et maintenant spectateurs ! En effet,
à la base de ce projet est née l’idée d’en faire aussi une création visuelle, sous la direction de Bernard Filipetti. Les sept compositions coécrites par Laurent De Wilde sont ornées de sept
vidéos respectives, et le DVD compte aussi cinq titres filmés en live à l’amphithéâtre de l’Opéra de Lyon, début Mars 2007. Tout cela autour d’une Musique aux reflets étranges et féériques. Une
parfaite cohésion des deux mondes, celui des machines et celui des hommes. Et bien sur dans un respect d’un style très actuel de la musique électro. Il faudrait même se risquer à parler
d’influence Dub’ ou Ambient’, lorsque dans certains titres l’utilisation de l’effet delay est poussé à son paroxysme, ainsi qu’une forte utilisation des samples et autres appareils. Musique avant
tout répétitive et minimaliste, à la fois glaciale et bouillonnante, c’est un espace où le temps s’allonge tel un élastique, pour ressembler à de beaux paysages aux horizons plats et sereins. Ce
n’est pas un climat festif, mais plutôt contemplatif, bien évidemment. En revenant sur l’aspect design de la pochette du disque, cela nous fait penser à une parenté particulière avec la
simplicité publicitaire d’un certain Frédéric Beigbeder, actuellement ré-adapté par Jan Kounen au Cinéma. Cela rassure de savoir qu’un tel projet musical est fait aussi par des passionnés d’art
graphique du nouveau millénaire. Cette ambiance commerciale ne doit pas subir trop de critiques hâtives. Il faut savoir qu’il existe maintenant un style artistique bien présent, issu de la mode
visuelle en général, des années 90 à aujourd’hui. Laurent De Wilde à toujours mis en avance son appartenance à cette génération, de par ses divers travaux autour de la musique électronique.
Aussi, il ne sera jamais inutile de rappeler qu’il est un des biographes les plus remarqués du fameux Thelonious Monk. Curieux destin, puisque c’est en associant avec Otisto 23 tout son savoir
faire, que le pianiste français signe cet album d’avant-garde et d’ouverture. Tristan Loriaut