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JJJJ jerome SABBAGH: « Pogo »

Jérôme Sabbagh (ts, ss), Ben Monder (g), Joe Martin (cb), Ted Poor (dm)

 

 Fichu disque ! Non mais c’est pas permis des trucs comme ça ! Parce que moi figurez vous que depuis que je l’ai reçu et ben il tourne en boucle sur ma platine. Bon d’accord c’est bien joli tout ça mais pendant ce temps là, y a du monde qui attend, j’ai les albums qui s’accumulent….Et vas y que je me repasse Pogo et que je me redonne un petit coup de Stand Up, et que Middle Earth me donne des battements au bout du pied et que même si des trucs comme Hamra me gonflent un peu, là c’est Ben Monder qui me décoiffe. Non mais j’vous jure quand c’est pas l’un c’est l’autre. Un coup il y a Sabbagh qui t’assassine, un autre c’est ben Monder à la guitare. Quand à Joe Martin à la basse je te raconte pas ! T’as qu’à écouter cette profondeur (Moon/sun). Non mais franchement vous avez entendu ce truc, comme disent les p’tits gars dans le milieu «  ça joue monstrueux » ! Moi je vous l’dis le Jerôme il a pas intérêt à pointer le bout de son nez parce que là c’est sûr tous les saxophonistes du coin ont dû lancer un contrat sur sa tête. En plus voilà le gars qui vous arrive avec son petit air tout propret de gendre idéal. Le gars qui connaît son affaire et il souffle dans son biniou joliment, totale maîtrise et tu te dis, putain c’est classe ! Et puis avec son air de pas y toucher et sans se départir d’une superbe élégance, il te balance un vieux blues poisseux qui colle aux basques. Et le morceau d’après t’entends un truc genre un refrain que t’aurais pu entendre avec The Police dans les années 80, mais là, Monder et lui en complices ils te balancent un truc plus rock qui assure grave. Mais la connivence de ces quatre là est ailleurs. Elle est plutôt du registre de celle que se trouvent les mauvais garçons quand ils veulent jouer les aristos. A moins que ce ne soit des gars de la haute qui aillent s’encanailler dans les ruelles sombres et les boites mal famées. Avec des mélodies simples voire carrément chantantes, ces quatre là jouent autre chose que le son. C’est plus dans la façon de dire que dans le dire lui-même. Une façon d’installer le groove permanent, de jamais en démordre. Un truc que quand tu l’entend tu pex pas t’empêcher de lâcher un « yeah man ! ».  Et puis moi quand j’entend cet album je pense à des associations évidentes. Je pense à Scofield et je pense à Lovano (tiens Lovano c’est une des références de Jérôme, justement). Mais aussi (allez savoir pourquoi), moi j’avais Lester Young en tête. Parce que justement quand les ténors sont capables de jouer ave autant de classe une musique de voyous, ben moi je pense à Lester. Et pour ceux qui commençaient à désespérer du saxophone un peu trop formaté des scènes New Yorkaises, le jeune frenchy qui aligne toutes les compositions montre là qu’il y a bien d’autres choses que le post fun ou le revival.

Il y aura bien quelques grincheux pour vous dire que certaines parties (notamment au niveau de la rythmique) ont été parfois simplifiées à l’extrême. Il n’empêche qu’on en démordra pas, depuis North on savait que Sabbagh était un grand saxophoniste qui confirme ici sa lancée sans chercher à réinventer le monde. On sait désormais qu’avec cette formation il a réussi à trouver quelque chose de plus. Et quand on les entend on croirait qu’ils jouent ensemble depuis des milliards d’années. Et je sais pas ce que vous ferez de tout ça mais moi c’est sûr je me le mets dans mes favoris sur mon Ipod. Et je peux vous dire qu’il va pas me lâcher de sitôt. Yeah man !

Jean-Marc Gelin

 

Sam 5 mai 2007 Aucun commentaire