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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 21:28

Jazz in Marciac 2009

 

Richard Galliano (acc), Wynton Marsalis (tp), Walter Blanding (ts), Dan Niller (p), Carlos Henriquez (cb), Ali Jackson (dm), Herbé Sellin (p)

L’affiche avait quelque chose d’outrancier. Un truc pour faire vendre. Imaginez : le parrain de Marciac, le trompettiste Wynton Marsalis rencontre l’autre chouchou du festival, l’accordéoniste Richard Galliano ! Ça vous promet forcément la rencontre au sommet. Et comme on cherche un terrain d’entente, on n’hésite pas à donner dans le cliché : Piaf (ça c’est pour le côté Paris et la java = l’accordéon de Galliano) et Billie Holiday ( pour le côté jazz = là c’est Wynton le gardien d’un temple du jazz dans la tradition). Pour faire bonne figure on ressort d’autres clichés sur la ressemblance entre les deux chanteuses, les blessures, le chant déchiré etc etc… Sauf que sur scène, cette rencontre affiche une lecture plutôt décalée par rapport à ce que l’on aurait pu en attendre. Et ce n’est pas là son moindre mérite. Car à choisir, c’est ici la joie du jazz qui s’impose. Et la rencontre loin de charrier tous les clichés sombres est au contraire marquée par une certaine spontanéité et une bien belle fraîcheur par cette soirée  du 13 août 2008. Il suffit d’entendre les protagonistes faire vivre ces belles mélodies jadis transcendées par ces chanteuses- icônes comme La Foule ou Them There Eyes. Les entendre donner brillance à Padam ( où l’on y entend comment ce sorcier de Wynton ramène le thème à une réelle culture Nouvelle Orléans). Le quintet de Marsalis sait visiblement y faire. On suivra tout particulièrement les beaux chorus de Walter Blanding qui a lui seul, par la grâce toute féminine de ses interventions incarnait ce soir là, le fantôme des deux chanteuse ou encore les frémissements de Ali Jackson au jeu si sensuel. De quoi assurément passer une bien belle soirée pour ceux qui n’avaient pas trop placé d’espoir dans cette rencontre qui, il faut bien le dire ne s’opère pas vraiment. L’interaction ente Galliano et Marsalis y est en effet réduite à sa plus simple expression par des chorus alternés et peine à se trouver un terrain fusionnel. Mais Galliano et Marsalis ont cependant en commun ce sens inné de la mélodie qui les conduit à faire chanter naturellement leur instrument, chacun à leur manière mais finalement avec cette même grâce (La vie en Rose, particulièrement émouvant). Les arrangements sont assez inégaux et si l’on est séduit par L’homme à La moto soutenu par les frémissements sensuels de Ali Jackson, on est plus circonspect sur un Strange fruit envisagé sous la forme d’une marche funèbre.

Le DVD du concert remarquablement réalisé par Franck Cassenti nous permet de pénétrer au plus près de ce concert qui, sans être inoubliable, était assurément d’un très haut niveau. J.M Gelin

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