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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 16:19

Tore Brunborg (ts), Tord Gustavssen (p), Mat Elertsen (cb), Jarle Vespestad (dm)

ECM 2012

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Admettons, soit, les clartés crépusculaires qui donnent à cet album le charme de ces mélopées nordiques aussi beau et chaud que le soir qui tombe sur les rivages de la Baltique.

Le pianiste norvégien, avec son quartet se coule en effet dans le moule de son label et de son propre univers. Prisonnier de son esthétique minimaliste, le pianiste s’auto-plagie, semble tourner en rond autour d’un climat mais sans réelles idée neuve. On la guette pourtant cette idée qui nous ferait un peu sortir de cette torpeur éthérée. Mais elle ne vient pas la bougresse. On n’en voit même pas les prémisses.

Ce climat entre névrose et mélancolie nous assomme un peu.

L’émotion parvient parfois, de très rares fois, à surgir du trio ( lorsque Tore Brunborg se rassoit) sur quelques morceaux comme «  Playin » justement bien nommé où le pianiste dit effectivement avec peu. Mais là encore le pianiste offre une sorte de modèle de non jeu tournant autour des mêmes principes harmoniques et sans réelle conviction.

Au 6ème titre on se dit que la nuit va commencer à tomber, que l’on en voit à peu près le bout ; que le pianiste va bien finir par quitter le studio parce que sa femme, ses enfants, son copain l’attendent pour aller voir un film au ciné et que c’est pas tout ça mais y faut que j’y aille. Et bien non chers amis car au 6ème titre, vous n’en êtes là qu’à la moitié de l’album qui n’en finit plus de s’étirer. C’est un peu comme lorsque l’on invite des amis à la maison et que vers la fin de la soirée ils se lancent dans un monologue ennuyeux dont vos n’arrivez plus à les extraire alors que quand même vous iriez bien vous coucher parce que c’est pas le tout mais demain y a « usine » !

« The well », mauvais titre en l’occurrence dans ce cas où le bien se fait justement l’ennemi du mieux.

 

Alors qu’est ce qui justifie pour le label de publier ce disque ni bon ni mauvais mais sans accroche et dont on sait qu’une fois écouté il rentera bien sagement dans notre discothèque pour certainement ne plus en sortir avant longtemps ?  Mystère et nimbes boréales !

Jean-marc Gelin


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