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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 22:04

 

Cidi 1101

Sortie JUIN 2012

 

www.muzzix.info

www.lacabine.org

www.circum-disc.com

 toc.jpg

Toc !  Faut-il aller voir du côté de ce mal étrange appelé « trouble obsessionnel compulsif »? Quand on écoute cette musique déferlante d’un trait, on est hypnotisé par le pouvoir de ces vagues de son qui secouent sacrément. Et on aime ça… les tympans sont (mal)traités avec une saine vigueur.

Toc, ce sont surtout les initiales des trois musiciens qui composent ce groupe dont c’est le deuxième album, à savoir Jérémie TERNOY au Fender Rhodes, Peter ORINS à la batterie, Ivann CRUZ à la guitare. Pas de danger, nous sommes plongés dans l’univers fascinant de la scène lilloise, unique en France, et de ce collectif épatant de musiciens qui signent sous le label CIRCUM que l’on suit depuis ses débuts (Muzzix, Zoone libre, La Pieuvre, Circum Grand Orchestra, Peter Orins trio, le quintet Impression…) .

On se situe  dans le domaine de la musique libre, aux marges de l’espérimentation radicale, du free punk pop complètement barré, du post rock, du jazz core. On pourrait ainsi multiplier les appellations et tentatives de rangement, à la Pérec,  c’est à dire tenter un classement méthodique de styles et d’influences ... Mais c’est impossible avec cette musique délirante, improbable et pourtant réelle, autour de l’accord parfait (ou non), surtout libre des trois instrumentistes. Toujours cette volonté de travailler sur le son, de sculpter la matière sonore, d’en accomoder toutes les textures organiques et synthétiques, d’oublier un temps la mélodie qui …finit par ressurgir en boucles ou selon les artefacts de l’improvisation. Une énérgie sèche et musclée, des temps forts où ça vibre et respire, circule entre les trois compères qui s’écoutent et se complètent. Pas de filtre encrassé ou brouillé et de surenchère sonique, et pourtant rien n’est vraiment lisse en dépit de quelques douces boucles : le piano s’affole, la guitare cisaille ou groove délicatement, la batterie exécute et martèle comme dans le final (12’ quand même) où tout grince et arrache dans un crescendo fou…intitulé « That’s what she said ». Ah oui, vous pouvez ne regarder ( comme je l’ai fait)  les titres (pleins d’humour)  qu’après avoir écouté le disque en entier, comme une suite qui raconte alors une histoire, qui prend sens.

Un album vibrant, serein, qui ne lâche rien. Il reste encore tout un territoire à explorer à ces musiciens. Faisons confiance à nos amis nordistes… et suivons-les dans leur aventure.

 

Sophie Chambon

 

NB : La photo de couverture, souvent réalisée par Peter Orins, contribue à ancrer l’image du label dans son territoire, urbain, post moderne et industriel…

 

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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