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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 07:47

Sébastien Texier (sax alto, clarinette, clarinette alto), Claude Tchamitchian (contrebasse), Sean Carpio (batterie) + invité : Henri Texier (contrebasse) sur trois titres.

Cristal Records/Harmonia Mundi – 2009 –

sebastientexier.jpg Sébastien Texier vient de réaliser un disque mature, sensoriel et puissant qui ne correspond pas forcément à l’image superficielle que l’on peut avoir de lui, celle d’un musicien lisse, sage, discret et timide. « N’oublie pas que tu es un animal » est la devise de cet album où Sébastien sort de ses gonds, se dévoile, étale ses tripes et nous délivre sa sensibilité et sa sauvagerie, tel un félin bondissant, agile et intuitif, qui maîtrise parfaitement la situation. La situation musicale d’un « power trio » comprenant un sax ou une clarinette,  une contrebasse (et parfois deux, comme sur les trois titre où il invite son père Henri) et une batterie fort impressionnante, conduite par Sean Carpio, que l’on ne connaissait pas et dont on se souviendra. Une formation sans piano et sans instrument harmonique, qui joue sans filet une musique sincère et écorchée, qui nous va droit au cœur. Qu’il joue du sax alto, de la clarinette, ou de la clarinette alto, le feeling, l’intelligence et le contrôle de soi est toujours présent dans son jeu. Qu’il compose (huit morceaux sur dix), laisse s’exprimer Claude Tchamitchian (dans le remarquable exercice de contrebasse solo « Ombre D’or ») ou qu’il reprenne un morceau de la pianiste arménienne Anahit Simonian (« Tango »), la sensibilité mêlant rage et douceur, reste sa marque de fabrique. Le disque commence avec « Lilian’s Tear », un morceau au groove léger et délicat, que Sébastien a spécialement écrit pour mêler les deux contrebasses de deux de ses plus illustres représentant dans le jazz français (Henri Texier est à gauche et Claude Tchamitchian à droite). Puis avec « Pain de Singe », la tension, l’animalité, et la sauvagerie règnent en maître avec une clarinette alto tourbillonnante et une batterie bondissante à l’énergie hyper-tendue. Citons encore « The Yellow Cab Experience » avec sa clarinette dansante et enivrante ou l’originalité structurelle de « Broken Worlds » où c’est la clarinette alto qui tient une rythmique continue pendant que contrebasse et batterie jouent les solistes. Un bien beau disque dont l’ampleur s’accentue à chaque écoute et où l’animalité sensorielle est dotée d’une grande intuition, intelligence et sensibilité musicale.

Lionel Eskenazi

 

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