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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 10:16

Blue Note 2012

Ravi Coltrane (ts, ss), Joe Lovan (ts), Luis Perdomo (p), Drew Gress (cb), E.J Strickland (dm), Ralph Alessi (tp), Geri Allen (dm), James Genus (cb), Eric Harland (dm)

 ravi-coltrane-spirit-fiction.jpg

Tout ou presque a déjà été dit sur Ravi Coltrane. Y compris par

certain journaliste de la presse quotidienne nationale qui lui reprochait il n’y a pas si longtemps de mal jouer.

Mais celui-là a tort. Car force est de constater que l’on peut reprocher à peu près tout ce que l’on veut au fils de son père sauf de jouer comme un manche. Et ce nouvel album devrait suffire amplement à faire définitivement taire cette mauvaise langue. Et l’on devrait au contraire ne pas feindre l’admiration qui, ans sa position a choisi la voie la plus exigeante qui soit pour grandir musicalement : la saxophone ténor. Ce qui en soit démontre une force assez exceptionnelle de caractère.

Mais le problème n’est absolument pas que Ravi Coltrane soit ou non un bon saxophoniste. Le problème c’est notre propre niveau d’éxigence. Car ce que l’on aimerait tous, ce que l’on exigerait presque de lui ce serait qu’il se crée son propre langage. Qu’il suive les voies paternelles jusqu’au bout. Et justement c’est bien là que la quadrature du cercle devient quasi impossible.

Il y a pourtant de beaux moments dans cet album. Par exemple sur The change, my girl, moment où il  démontre avec calme et zénitude sa grande maîtrise de l’instrument. Ravi Coltrane sait aussi s’appuyer sur des compagnons de route qui manient parfois une très belle écriture à l’instar de ces trois titres signés du trompettiste Ralph Alessi, petits bijoux d’écriture et de contre-chants ( Who wants ice cream ou sur Yellow Cat). Dans sa manière de jouer, c’est sûr Ravi Coltrane a définitivement coupé le cordon et à l’entendre sur Klepto par exemple, on entend plus chez lui des sons venant de Brecker que du paternel. Au soprano en revanche, il convainc moins, prompt parfois à se laisser emporter et embarquer par son instrument et somme toute à se prendre un peu les pieds dans le tapis (Cross Road).

Ses compagnons de route tiennent largement la baraque. Sur cet album Ravi Coltrane invite aussi Joe Lovano sur deux titres  ( Fantasm et Marilyn &Tammy) et les guest star assurent le job. 2 sections rythmiques différentes au gré des morceaux dont l’un tenue par un étonnant Luis Perdomo et l’on notera particulièrement la présence toujours brillante de Luis Perdomo ( dont on salue d’ailleurs le dernier album «  Universal mind 2009 ») et l’autre par une Geri Allen dont l’accompagnement est toujours aussi lumineux.

Assez académique dans l’ensemble, l’album est néanmoins  plaisant mais assez en demi-teinte pour ne pas déclencher non plus le fol enthousiasme. Certainement à la (non) recherche de ce langage original, Ravi Coltrane offre une musique un peu inerte et manque quand même un poil d’audace dans son propos. Cette audace que lui apporte Ornette Coleman sur une composition plus débridée ( Check out of time) ou un Joe Lovano sur un Fantasm un peu envoûtant. Ce qui ne l’empêche pas de développer sa musique avec une certaine spiritualité.

Jean-Marc Gelin

 

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Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
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