Les Dernières Nouvelles du Jazz
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ABRAHAM INC
Label Bleu 2009
Funny funk
Abraham Inc ou le parfait exemple des limites de l’analyse musicale universitaire. Car si David Krakauer peut être plus brillant au sein de son Klezmer Madness, Fred Wesley plus groovy sur ses projets jamesbrowniens et Socalled plus délirant sur ses propres bidouillages sonores, leur association dépasse largement la somme des parties. Abraham Inc, c’est la version Grosse Pomme de notre black-blanc-beur. Un geste culturel autant que musical. Krakauer avait déjà rapproché Bechet et Naftule Brandwein, cette fois ce sont les JB’s Horns et les Klezmatics. Et ça fonctionne comme s’ils avaient grandi ensemble. Naturellement. Ça danse, ça transpire, ça jubile et ça donne du bonheur. À l’Apollo de Harlem, foule en transe : c’est la vérité de cette musique.
Lionel Eskenazi : ***(*)
Voici un projet musical novateur et réussi, où l’ambition est aussi humaniste, dans sa tentative de rassembler les peuples juifs et noirs des Etats-Unis. Un concept triangulaire avec des mélodies klezmer (David Krakauer), un groove Funk (Fred Wesley) et une intrusion du hip-hop et de l’électro (So called), pour une musique à l’esprit jazzy et dansant, à la fois sophistiquée et festive. Un travail de production et de mixage impressionnant pour une « fusion » détonante et chantante. Un seul bémol : le dernier morceau marginalisé par sa dominante électro.
Jérôme Gransac : *
Abraham Inc. réunit trois têtes d'affiches dans des styles musicaux bien différents (funk, klezmer, hip hop). Le but de cette juxtaposition des genres n'est pas une fusion et c'est heureux. Mis à part « Trombonik » et « Fred the Tzadik », de nombreux titres sont expédiés. Inégale, la formule navigue de la funk à traits épais, à ce qu'on aime appeler du « Klezmer Box », en finissant par un titre électro au goût mauvais qu'on pourrait nous fourguer dans une ducasse à côté du stand de merguez-frites.
Pascal Rozat : **
Le problème est que la rencontre promise entre le klezmer de David Krakauer et le funk de Fred Wesley n’a pas vraiment lieu. Plus qu’à une fusion, on assiste à une juxtaposition de styles : ça commence par un chorus de trombone sur fond de rythmique groovy, suivi d’un solo de clarinette venu tout droit du yiddishland, puis d’un rap qui tombe comme sur un cheveu sur la soupe… Ajoutez à cela des boîtes à rythme racoleuses et une production hyper-léchée, et vous obtenez une sorte de Saint-Germain klezmer, une musique à danser lisse et sans vrai relief.
Jean-Marc Gelin : *
Ok pour le concept musical de brassage des cultures entre klezmer, hip hop et funk dans une sorte de melting pot politiquement correct. Mais il faudrait un peu de musique pour que cela suscite le moindre intérêt. Autre chose qu’une boîte à rythme et un collage de pattern dont l’intérêt ne fait que s’émousser de bout en bout. Cela veut faire « genre » et ça tombe à plat. Sauf peut être sur quelques Dance floor . Mais à l’ennui du boum boum succède le mauvais gôut revendiqué d’une fin d’album techno bien mal léchée. A éviter absolument
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