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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 08:25

2010 BRO RECORDINGS www.brorecordings.com

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lan doky

Né à Copenhagen d’une mère danoise et d’un père vietnamien, Niels Lan Doky, avant de choisir le piano, commença par jouer de la guitare avec son père. Ce dont il se souvient  avec « Alhambra », arrangement pour piano de cette composition classique du guitariste Francisco Tarrega, souvenir de ses premiers émois musicaux .Tout un art pianistique est illustré dans son dernier opus, au moyen de belles arabesques, de douces caresses mais aussi d’un  toucher vif et ardent sur un programme éclectique : des compositions personnelles  mais aussi des arrangements soignés et des reprises de standards vraiment réussies.

S’il connaît une carrière heureuse dans plusieurs pays, des Etats Unis au Japon (il a étudié à Berklee), s’il  a rencontré les grandes figures du jazz depuis son plus jeune âge, Thad Jones, Gary Peacock, Charlie Haden, Jack Dejohnette, John Scofield, Pat Metheny, sans oublier Michael Brecker et bien entendu NHOP (Niels Henning Orsted Pedersen), si sa discographie  à ce jour réunit 30 albums, Niels Lan Doky n’oublie pas ses racines.  Avec cet album en trio « Return to Denmark », c’est un retour au pays natal, qui a toujours su faire une place au jazz et l’intégrer à sa culture musicale. Niels Lan Doky a su former un trio splendide avec Morten Ramsböl, un jeune bassiste des plus prometteurs qui joue tout en finesse et le génial batteur Alex Riel qui fait chalouper les compositions comme le standard « Here’s that rainy day ». L’essence du jazz et son histoire se retrouvent dans  « Return to Denmark » qui swingue véritablement avec bonheur. Ou dans le superbe medley dédié à Duke Jordan. Le « Farewell song » initial est un blues prenant, intense composition qui pourrait illustrer une scène de film avec un crescendo expressif mais léger. Le « Piano interlude/ The Woman from London » montre une sensibilité romantique avec des notes perlées, égrenées sur un piano cristallin et profond. Mais on avoue préférer le pianiste sur les standards qu’il s’approprie de son phrasé précis, avec une élégance tonique. C’est sur ces chansons comme le « How long has this been going on ? » de George & Ira Gershwin que se fait la différence. Niels Lan Doky ne livre donc pas un jazz planant à l’exemple d’autres figures scandinaves qui ont fait la gloire d’un certain label mais révèle plutôt une intériorité pensive, sans pose, sur les morceaux lents, et  une générosité fluide, vigoureuse et lyrique sur beaucoup de titres plus enlevés. L’ensemble déroule un récit  épris de beauté, de musique et d’une certaine spiritualité. La musique de Niels Lan Doky est vibrante, engagée, et vraiment très personnelle. Pas de virtuosité excessive, de festival étourdissant de figures, et de pyrotechnies ( bien que la batterie de Riel soit des plus énergisantes). Il ne reste décidément plus rien à prouver à ce pianiste qui se situe dans la lignée de Bill Evans et qui ose avouer, y compris dans les « liner notes » très fouillées qu’il a rédigées, une sensibilité exacerbée et un  romanesque rare de nos jours. Sophie Chambon

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