Les Dernières Nouvelles du Jazz
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Les Dernières Nouvelles du Jazz
Plus Loin 2010
Pierre de Bethman (p, fder), Rick Margitza (ts), François Moutin (cb), Louis Moutin (dm)
Encore une fois et quelques années après leur précédent album, les frères Moutin reviennent sur des terres volcaniques où les énergies fusionnent. A une époque où les
formations ne cessent de tourner au gré des projets on ne peut que louer ce vrai esprit de quartet et cette fidélité aux hommes qui désormais se connaissent par cœur. On retrouve donc les mêmes
avec leurs automatismes et l’assurance des aveugles qui avancent dans le noir là où d’autres se cognent dans les coins. Les frères Moutin, évoluent au fil d’une musique d’inspiration très New
Yorkaise ( la ville de résidence de François) qui peut (à l’aise) rivaliser avec les meilleures formations outre-atlantique d’ inspiration que l’on pourrait qualifier de post-Breckerienne ( si
l’on osait ce néologisme pas très beau). Il faut dire que le son de Rick Margitza, son lyrisme presque romantique, son phrasé aussi subtil que puissant, cette façon de mordre et de trancher tout
en glissant avec volupté sur la note n’est pas sans rappeler le regretté leader de Steps Ahead (Momentum). La musique il est vrai pourrait sembler parfois un peu formatée si ce n’était quelques délicates incursions de De
Bethman au fender qui, mine de rien, ouvre le jeu et l’espace en créant là de subtiles nappes musicales qui s’inscrivent en contraste heureux avec le tranchant du saxophoniste ( Depth
Light). Quand aux frères Moutin, inséparables depuis leur naissance il y a
quelques [ ] printemps, leur plaisir de jouer ensemble est toujours là intact, fort, inaltérable. Et ce n’est pas Martial Solal qui dirait le contraire. Un plaisir de
jouer tous les deux au point de nous servir leur incontournable medley joué en duo comme une sorte de marque de fabrique au fil des albums et des concerts. Comme s’ils avaient besoin de ça pour
capter la lumière ! Et la musique dans tout ça me direz-vous ? On n’ira pas jusqu’à dire qu’elle est d’une franche modernité ni qu’elle révolutionne le genre. Mais après tout, faut
il que la musique subisse le dictat d’une révolution permanente pour afficher son évidence ? Et si les sentiers battus et reconnus conservaient le charme de leur désuétude. Car leur musique à eux
est ancrée dans une époque du jazz, la leur, celle de leur génération. Celle qui vient entre le jazz rock et le revival. Celle qui synthétise. Tout est là : des compos incisives, du groove
en diable, un quartet fusionnel. Et tout cela coule de source. Et cette source est brûlante. Jean-Marc Gelin
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