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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 07:47


Marthouret-Matthieu-Quartet_Upbeats_w.jpgDouble Moon records 2012
Matthieu Marthouret  (Hammond); Nicolas Kummert (ts,vc), David Prez (ts), Sandro Zerafa (g), ; Manuel Franchi (dm), David Fettmann (as).



Mathieu Marthouret a le groove efficace et jamais ostentatoire. Sur un répertoire issu de ses propres compositions, il balance un groove et une pulse discrète. Car l'organiste grenoblois qui a récemment fait son année de classe à New York se situe dans la lignée d'un jazz smooth post-hard bop où le raffinement des harmonies le dispute à l'élégance des solistes. Marthouret est dans la lignée des joueurs d'hammond qui savent se faire oublier pour assurer le liant de la musique et la tapisser d'un groove moelleux. Son entente avec le guitariste Sandro Zerapha contribue d’ailleurs beaucoup à ce son de velours. Du coup l'album, sans révolutionner les codes est d'une grande fraîcheur, limpide comme de l'eau coulant de source. Cela tient aussi à la spontanéité d’une session de ce type que l’on croirait réalisée en live. Tout y est d'une belle fluidité. On y entend le respect d'une tradition qui va de Wes Montgomery à Jimmy Smith mais aussi, discrètement et (trop) timidement une ouverture sur un jazz plus actuel.
Au départ pianiste, il paraît que Marthouret est devenu organiste par défaut de bassiste lui convenant. Serait-ce cette raison qui expliquerait cette magnifique main gauche et cette superbe ligne de basse qui impose dès lors une formation bassless. Dans la rondeur du son émerge parfois le tranchant du son acéré de David Prez ou de Nicolas Kummert, les deux ténors de l'album aussi efficaces l’un que l’autre.
C'est bien écrit, bien réglé et c'est aussi élégant que raffiné. L'album tourne en boucle sur ma chaîne. Il se fait parfois oublier. Mais j’y reviens, attiré parfois par l’évidence classieuse sans toutefois que l’émotion ne perce réellement. Du bureau où j’écris, je bats le rythme discrètement sous la table.
Un petit poil d’humour un tantinet dandy comme sur Weird Monk, une petite dose de funk, des réminiscences Blue Note façon 60’s : de quoi prendre un agréable petit pied.
Le groupe vient de passer au Sunside. Il sera de toute évidence à suivre. En tous cas pour tout ceux qui aime le jazz qui aime le jazz.
Jean-marc Gelin

 

 

 

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