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Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /Juil /2010 00:00

 

REGARDS CROISÉS SUR LE JAZZ

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(c) Jean-Marc Gelin

 


Martial Solal / François Jeanneau, deux musiciens qui chacun à leur manière ont écrit l’histoire du jazz en France. Chacun sur une trajectoire différente, parfois complices depuis leurs premières rencontres au Club saint germain, parfois réunis au gré de leurs formations respectives et parfois dans des univers totalement éloignés. Mais il y a entre eux une profonde affection. De celle qui se fonde sur la reconnaissance mutuelle que partagent les grands musiciens. Lorsque nous avons pris l’initiative de les réunir pour un regard croisé sur le jazz, les deux hommes ne s’étaient pas vus depuis longtemps. Quand Martial Solal est venu au devant de nous, sur le perron de sa maison, c’est avec une émotion évidente,certaine et bien réelle qu’ il a retrouvé François Jeanneau pour plonger avec lui dans quelques souvenirs de ces pages merveilleuses qu’ils ont tous,les deux contribué à écrire avec toujours tant de passion.

 

 

 

 

     

   

DNJ : Avez vous le souvenir de la première fois que vous vous êtes rencontrés ?

 

 

Martial Solal : Ce doit être au Club Saint Germain, je suppose. À l’époque nous n’étions pas nombreux et quand il y avait un nouveau musicien, un nouvel arrivant, cela se voyait tout de suite. Au piano par exemple, lorsque Arvanitas et plus tard Grailler sont arrivés, on les a très vite entendus. À chaque fois l’arrivée d’un nouveau musicien était perçue comme l’arrivée d’un concurrent de plus. On se méfiait un peu.

 

François Jeanneau : Moi je jouais avec Georges Arvanitas. Mais on a joué aussi ensemble avec Martial, Luigi Trussardi et Bernard Vittez. Avant que je sois engagé au Club Saint Germain, on venait faire le beuf avec Michel Babault, le batteur. Je me souviens qu’une fois on a joué avec toi et que tu as demandé à Michel Babault «  prends le tempo le plus vite que tu peux…. »

 

Martial Solal : Oui, on avait cette espèce de tradition de jouer, au moins une fois par soir, un morceau au tempo le plus rapide possible. Là c’est tombé sur lui. C’était des tempi sur lesquels plus personne ne joue aujourd’hui. C’était très dur à jouer et je pense que c’etait une petite vacherie que j’avais faite à Babault.

 

 

MS : on aimait tellement jouer à cette époque que les petits à côtés un peu désagréables, on ne les voyait pas vraiment. Il y avait bien ces boeufs un peu obligatoires qui duraient deux heures et qui étaient souvent très mauvais. C’était un peu un pensum. Mais c’était surtout une période où l’on apprenait, où l’on progressait par les conseils réciproques des uns et des autres, par l’écoute des musiciens qui venaient d’ailleurs.

 

   

FJ : c’était vraiment une période où l’on avait cette chance de pouvoir jouer tous les soirs. Il n’y a pas de meilleure école pour apprendre


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