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Dimanche 14 octobre 2012 7 14 /10 /Oct /2012 07:53


LEO-FERRE-FACING-300-DPI3-250x226.jpg Marcel Kanche et I.Overdrive trio interprètent Léo Ferré « Et vint un mec d’outre saison » (Cristal Records)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je chante à côté. » Marcel Kanche assume totalement sa marginalité. Compositeur pour Bashung et M., Kanche fait sien le principe de Deleuze « Créer, c’est résister ». Guère étonnant donc de le retrouver aujourd’hui, l’ex-guitariste punk des années 70, dans le répertoire de Léo Ferré. Le jazz n’a jamais été loin de l’univers de Marcel Kanche : considérant que le jazz est « la seule musique libre à ce jour », ainsi qu’il nous le confiait en 2006, le chanteur invite un trio, I.Overdrive, qui s’était distingué par un hommage à Syd Barrett, un des membres fondateurs des Pink Floyd.  Un point commun avec Léo le libertaire qui ne cachait pas son admiration du groupe rock.

 

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CRÉDIT PHOTO -  Olivier Longuet

Qu’on ne se méprenne pas, le quartet constitué pour cet album dédié à Ferré –cet anarchiste décédé un 14 juillet (1993)-ne fait pas dans l’hommage respectueux.  « C’est une relecture. Nous avons trituré la musique de Ferré », précise aujourd’hui Marcel Kanche.  Et il le revendique : « Ferré est devenu un copain, ce n’est pas mon maître ». Le projet peut d’ailleurs compter sur l’aval de Marie, la veuve du poète, et de Matthieu, son fils. « Sans leur accord, cet album n’aurait pas vu le jour ».  Preuve de leur confiance, ils ont confié au chanteur un inédit « Le chemin d’enfer ».
Ces quatre-là – Marcel (voix, orgue, harmonium), Philippe Gordiani (guitares), Rémi Gaudillat (trompette, bugle), Bruno Tocanne (batterie) donnent à entendre toute la force décapante des textes de Ferré, dont les classiques « La solitude », « Tu penses à quoi ? », « C’est extra », « A mon enterrement », « La The Nana », « Ni Dieu Ni Maître ».  On retrouve la voix différente et authentique de l’auteur de « Vertiges des lenteurs », « Dog Songs » et « Vigiles de l’aube », trois albums traitant des errances de la vie, des tourments de l’amour, du poids des ans.  Le trio instrumental  lyonnais apporte une sonorité « énervée », aux accents parfois psychédéliques, avec un guitariste généreux dans les effets, un batteur ferme et un trompettiste qui évoque Lester Bowie.

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CRÉDIT PHOTO -  Olivier Longuet

Marcel Kanche ne voulait pas reprendre, en solo, au piano, le répertoire de Ferré : « j’avais l’impression de m’enfoncer dans une ornière boueuse ». Avec ses trois comparses, il nous emmène bien haut dans les sphères. Toute la poésie de Léo Ferré est là. Et l’esprit du jazz, indépendant, aussi. Ce n’est pas un hasard chez un fan de Carla Bley et compagnon de scène à New York d’un certain Don Cherry.  Pour citer Léo Ferré, dans « C’est extra » : » Ce jazz qui jazze dans le soir, c’est extra ».


 Jean-Louis Lemarchand

En concerts à La Source (38) le 25 octobre, Valence (84) le 22 novembre et Lyon (69) les 23 et 24 novembre.

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