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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 21:45

 

Universal 2012

Malia (vc), Alexandre Saada (p, orgue, kaimba), Jean-Daniel Botta (g, cb), Laurent Sériès (dm), Danile Yvinec ( vibphonette)

 

 Malia_BlackOrchid.jpg

A priori, sur le papier c’est suicidaire. Pour une chanteuse, c’est comme d’entrer sur un terrain interdit, forbidden, chasse gardée avec des panneaux gros comme ça «  défense d’entrer, on tire à vue ».  Car en choisissant de reprendre le répertoire de son idole, Nina Simone dont chacune des chansons est chargée d’une histoire personnelle de la chanteuse américaine, elle sait que d’emblée elle s’expose au modèle original. Mais Malia que l’on n’avait pas entendu depuis près de 5 ans n’en a cure et décide de s’approprier ce répertoire qui confine au sacré. Pensez : My baby Just Care for me, Don’t explain ( que pour ma part j’associe plus à Billie),   Four women,I Love you porgy, I put a spell on you etc….rien de moins que ça !

Mais avec brio, petit à petit , plus on avance dans le disque plus on comprend que Malia est  parvenue à apprivoiser ces thèmes sur son propre terrain. Soyons francs, pas toujours. Le début de l’album en effet relève un peu de l’imitation quant au registre de sa voix emenée un peu trop du côté de Billie Holiday. Mais petit à petit cette voix, magnifique, cassée, cette voix qui dompte l’émotion toujours au bord des lèvres prend le dessus et conquiert son public. La direction artistique du projet, confiée à Daniel Yvinec est formidable. La chanteuse prend alors ses aises , ralentit à l’envie le tempo de My Baby Just Careou s’appuie simplement sur des couleurs crépusculaires sur Feeling good aux accents d’une pop moderne alors que sur Four Women Malia incarne ces quatre figure avec une autre féminité moins empreinte de colère que dans la version de Nina Simone. Malia parle d’amour avec une presque candeur et I Love you porgy parvient à nous émouvoir d’une autre façon. Il y a chez Malia une nonchalance de la voix, une façon de laisser traîner les mots dans un sillage envoûtant. Son duo avec Alexandre Saada sur He ain’t comin’ home no more redonne vie à ce titre enregistré en 1967 sur High Priestless of Soul où, débarrassée des violons de l’original Malia s’impose aussi dans le registre soul avec un extrême dénuement.

 

malia-baby.jpg

voir la vidéo de My baby just care for me

 

On pourra penser que ces reprises sont, du coup débarrassé de la rage et de la colère de Nina Simone. Mais Malia n’en chante pas moins avec une très grande plénitude. On croit à la sincérité de sa démarche et de son hommage tant elle parvient à nous livrer ce que l’on décèle être une influence déterminante dans sa carrière. La chanteuse fille d’une mère originaire du Malawi et d’un père britannique rend alors cet hommage avec sa propre histoire. Qui allie sa fémininité et sa condition de femme noire dans un monde d’un autre siècle. Et à sa manière ce qu’elle revendique ne manque pas de passion brûlante.

Jean-Marc Gelin

 

Ps : et comment ne pas succomber au charme de ces divines coiffures de Malia !!!

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Published by Jean-marc Gelin - dans Chroniques CD
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