Les Dernières Nouvelles du Jazz


Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /Mars /2010 08:00

Le trompettiste-chanteur,  compositeur et arrangeur  Jean Loup Longnon est à la tête d’une très belle machine , formidable turbine à swing, truculent big band à l’image de son chef, personnage haut en couleurs. JLL  a réuni une très solide formation de 18 musiciens dont une chanteuse, quatre trompettes, quatre trombones, cinq saxophones, un piano, une contrebasse et une batterie, sans compter des invités sur cet album intitulé Encore du Bop ? Les diverses photos de l’album plutôt rigolotes nous montre d’ailleurs la joyeuse troupe en action.

Le point d’interrogation est provocateur assurément , car le trompettiste se situe sans la moindre hésitation dans la tradition du jazz classique. Une musique de plaisir comme on dit un « vin de soif », en apparence facile à suivre, du moins si on ne s’attache pas de trop près à l’écriture soignée et fluide.

Ce qui nous a  séduit dans cet album festif, c’est d’entendre jouer avec précision des arrangements élégants qui servent au mieux timbres et couleurs orchestrales.

Un big band au travail, lyrique et tonique à la fois, qui n’est jamais aussi performant que sur les thèmes écrits par JLL comme ce premier titre  « Tels à vivre… » où sa trompette claire dans les aigus suit un phrasé éloquent.

« Encore du Bop » justement est  parfaitement en place avec les interventions de Rémi Dumoulin au ténor, Michael Joussein au trombone et Ludovic Alainmat au piano. Nous avons été  sensible à Pierre Guicquero au trombone sur  « Two notes blues », à Louis Mazetier  au piano stride sur le tube de Vian « On est pas là pour se faire engueuler ».

 Il faudrait d’ailleurs citer tous les solistes et aussi le travail soigné d’ensemble, les unissons impeccables et le rendu instrumental de « Lush Life » tout à fait original. Comme si Billy Strayhorn rencontrait enfin Debussy.

 Il est plus difficile ensuite de s’attaquer à certaines  reprises, de « changer » des thèmes  tellement inscrits dans l’inconscient collectif comme « Que reste-t-il de nos amours ? » indissociable (pour nous) de la voix de Trenet.

Mais on a aimé par ailleurs  «Tour de force»  sur la musique de Dizzy avec des paroles de Laïka Fatien chantées par Chloé Cailleton façon Mimi Perrin ou Double Six, ou encore la version du« Curé de Camaret »  très enlevée et « caliente » forcément. Assurément, plus d’hésitation ni d’interrogation : le Longnon Big band mérite d’être écouté en disque et bien entendu en live.
Sophie Chambon



 

Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Recevoir les dnj

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés