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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 23:12

 

Outnote records/ Distribution Harmonia Mundi

www.outhere-music.com/outnote

DANCEFLOOR_Leila_martial_pochetteok.jpg

 

Dans les bacs le 20 Mars 2012 et en concert  le 23 mars au Sunset, rue des Lombards

Il  y a tellement de chanteuses qui sont lancées tous les jours sur le marché  du disque que l’on avoue une certaine réserve. Ça glisse.

 Il en est, par contre, comme Youn Sun Nah, dont on aime immédiatement la voix, le phrasé et tout ce qui sort de son instrument vocal ! Aussi quand certains experts du mundillo jazzistique ont évoqué leur intérêt pour le travail d’une certaine Leila MARTIAL, je n’ai pas hésité à me procurer l’album.

Avec son alter ego, le batteur Eric Pérez qu’elle connaît depuis cinq ans, elle a composé les chansons de l’album, chacun essayant de mettre en valeur le talent singulier de l’autre. Du «sur mesure » donc sauf la reprise de Mal Waldron «Left alone», choix intéressant qui convient à leur esthétique.

Mais revenons au parcours de la jeune chanteuse : née en 84, elle est passée par le collège de Marciac et diverses écoles pour être stimulée, se fixer des objectifs et des comptes à rendre. Elle avoue dans le « portrait éclaté » des notes de pochette qu’elle a comme référent le saxophone, et qu’elle ne s’est pas identifiée aux vocalistes pendant son apprentissage. Ce qui n’est pas gênant en soi pour nous. Elle avoue qu’elle n’ambitionne plus de révolutionner le chant, qu’elle préfère consacrer sa belle énergie sans fragiliser sa voix, au chant pur et à l’émotion. Elle aime la scène, l’improvisation (cela s’entend),  invente un langage imaginaire sans paroles, entre cri et mélopée, favorisant  tout un travail intérieur. Elle s’analyse enfin avec lucidité : j’ai une voix très fluette, en somme sans beaucoup de volume...une tessiture de soprano colorature aiguë, là où je me fantasmais une voix profonde et grave.  Le chant et sa pratique nous révèlent en fait à nous même plus sûrement parfois qu’une analyse. La jeune Leila a réussi son pari d’apparaître comme une musicienne au sein du quartet composé, en plus du batteur qui fait aussi des voix, d’un saxophoniste ténor et soprano Jean Christophe Jacques, d’un contrebassiste Laurent Chavoit.

Dance Floor est le drôle nom de cet album qui,  pour mélodique et rythmé, n’est pas pour autant  praticable sur une piste de danse. Leila n’est pas souvent en avant comme la chanteuse de jazz classique mais s’intègre en arrière plan dans le mélodique « Matin d’automne », le délicat « Petite fêlure », se lance dans le remuant « Dance Floor» bien nommé ou encore le final surprenant « Voyageur... ».

Refusant les classifications, souvent étroites dans le jazz vocal, Leila Martial s’affirme « chanteuse tout terrain ». Boutade ou affirmation guerrière, la chanteuse et son groupe ont fait, si ce n’est notre conquête,  suffisamment impression pour qu’on ait envie de les entendre live et ...de les suivre. Album prometteur.

Sophie Chambon

 

 

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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