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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 07:39

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CD Gazebo/L'Autre distribution.

Laurent De wilde (p,cl), Ira Coleman (cb), Clarence Penn (dm)

 

 

Acoustique, le dernier opus de Laurent de Wilde l’est résolument. Né le 23 avril 2012, Over The Clouds, en gestation depuis 6 ans, s’ouvre avec un prélude : celui de Duke Ellington, le prélude au baiser…..Un baiser qui commence par l’amère effleurement chromatique du morceau, s’attendrit et tourne enfin en violente « dévoration », nous projetant non plus au dessus du ciel clair annoncé, mais dans les magmas du rock alternatif, ce qui n’est pas sans rappeler les plages autrefois plus électroniques du pianiste.

Un prélude dont la versatilité augure bien la suite de cette œuvre : une musique riche en émotions, inspiration, métisse de cultures, éthérée mais charnelle pour laquelle il s’est associé non seulement à ses musiciens habituels : Laurent Robin à la batterie et Jérôme Regard à la contrebasse, mais aussi à la verve outre-Atlantique à laquelle on doit la participation du contrebassiste Ira Coleman (avec lequel il enregistra notamment l’album « Spoon-a-rythm en 1997, qui lui vaudra une récompense aux Victoires de la Musique), et de l’illustre batteur Clarence Penn.

La composition éponyme est sans conteste un morceau maj

eur. Sa beauté mélodique et rythmique syncrétise parfaitement l’africanité et la modernité de la musique de Laurent de Wilde, qui excelle encore une fois au « piano balafon ». C’est au Nigeria que le pianiste nous transporte par la suite avec l’excellente reprise du  morceau mythique du saxophoniste-chanteur Fela Anikulapo Kuti « Fefe naa efe ». Encore et toujours l’Afrique avec la composition Irafrica, issue de la plume d’Ira Coleman. On retiendra aussi  « le bon médicament », une apaisante composition à la lenteur bienvenue après les fulgurations qui précèdent et Edward K, nouveau clin d’œil au Duke : une composition déjà présente sur l’album « Spoon-a-Rythm » mais dont Laurent de Wilde fait ici une version plus rebelle. L’album termine sur un thème d’actualité : New Nuclear Killer, en référence à la récente catastrophe japonaise, pays du soleil levant où le pianiste fit de nombreux concerts.

Pont mouvant entre deux mondes, Over the Clouds ouvre une nouvelle dimension à la discographie de Laurent de Wilde. Dépasser les nuages et accéder à la plénitude demande maturité et générosité, deux vertus que l’artiste-philosophe Laurent de Wilde possède et dont ce dernier album est l’incarnation musicale. Le « Over the Cloud Trio » sera sur la scène de Roland Garros le 6 juin prochain et le lendemain au Sunside. Patience…..`

Yael Angel

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Published by yael angel - dans Chroniques CD
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