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Mercredi 4 avril 2012 3 04 /04 /Avr /2012 20:52

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KAMI QUINTET #2
Ajmiseries AJM 21
Allumés du Jazz

www.jazzalajmi.com
 

Concert au SUNSIDE le 5 avril 2012

Pascal Charrier (g, comp); Jérôme Mouriez (dm) ; Denis Frangulian (b)
Julien Soro (as); Bastien Ballaz (tb)


Human Spirals est le second album du KAMI QUINTET, groupe sudiste avignonnais né en 2004 (déjà !) dont Pascal Charrier est le guitariste-compositeur-leader et le saxophoniste alto Julien Soro,
la dernière nouvelle recrue d’importance.
Les chroniqueurs-critiques ont tous dressé la longue liste d’influences qui vont des polyrythmies de Steve Coleman à Rage against the machine et autres groupes postmodernes, sans oublier les Marc Ducret, Tim Berne…  Nous voilà donc rassurés, ce serait inquiétant, un groupe qui  démarre de rien. Or, Kami Quintet fait preuve d’une belle cohésion et sait gérer ses influences, avancer sans perdre ses marques, dominer ses repères, évoluer à sa façon, donner une impression de neuf en retricotant autrement les mailles du passé : sans volonté de faire du pareil au même, avec un certain sens de la transcendance. Encore une tentative de définition de ce que peut donner aujourd’hui le jazz, puisqu’enfin, ces musiciens se rangent dans cette catégorie pour signifier le surgissement, l’ irruption brutale. Du jazz métissé de rock, hard rock voire metal, et électro. Un incessant va-et-vient, un croisement d’où sort une transe, un groove, un « je ne sais quoi», sous la pulsion d’une rythmique essentielle, sèche, tendue, fondamentale.
Et ça commence de très belle manière par ces ostinatos où la batterie et les polyrythmies se glissent, bientôt relayées par la guitare, le saxophone et le trombone : la "Spirale 1" en deux parties impose de longues plages répétitives, tourneries en boucles, une transe voulue et imposée, un désordre très réglé, un dérèglement organisé.
Heureusement les changements de rythme fréquents sont assez pertinents pour déjouer les premiers paris. Les nappes de son laissent place aux éclats essentiels du jeu de timbres, entre le trombone  très présent de Bastien Ballaz, l’alto complice de Julien Soro (ces deux là se connaissent de Ping Machine, autre groupe prometteur) et les soli éruptifs de la guitare de Pascal Charrier. On demeure attentif, pris à contrepied par les ruptures, on apprécie aussi les plages plus délicates, véritables respirations comme «La caresse du présent», repos intelligemment calé aux ambiances plus lyriques, aux envolées délicatement fougueuses. Au milieu du disque, la "Spirale 5" favorise le décollage, alors que dans "La marche", la basse grondante et souterraine s’accorde à la guitare sombre et tourmentée, le soubassement étant assuré par une rythmique impeccable (Julien Mouriez et Denis Frangulian) renforcée par le trombone. Nouveau démarrage à la Led Zep sur "Lentement" et puis, ça zigzague à nouveau, de plus belle, avec tous ces petits bruits et autres artefacts qui empêchent de s’installer durablement.
Le groupe affirme avec intelligence un véritable sens de la nuance, sachant décaler les perspectives, imposant finalement une musique ni improbable, ni inclassable. Une certaine rigueur est de mise dans cette aventure collective où l’esprit de groupe ne laisse jamais de côté les individus.

 

Sophie CHAMBON

NB : A noter la pochette cartonnée sobre de cet album de la collection Ajmiseries qui affirme l’éclectisme du directeur artistique, affichant ses goûts et coups de cœur : ainsi, circule-t-on entre les états du piano, version René Bottlang, Perrine Mansuy ou Philippe Le Baraillec, l’orchestration big band Sylvia Versini et le rock jazz vigoureux du Kami quintet.

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