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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 13:44

  13 Août 2011

Mycal : Basya - Ayelet - Sofia - Malika

Bar Kokhba : Joe Baron (b) - Greg Cohen (cb) - Marc Ribot (g) - Marc Feldman (v) - Erik Friedlander (c) - Cyro Baptista (perc)

Masada Sextet : Joe Baron (b) - Greg Cohen (cb) - Dave Douglas (t) - John Zorn (as) - Uri Caine (p) - Cyro Baptista (perc)

 middelheim-1.png

                Excentré au sud d’Anvers, le parc de Middelheim qui abrite des sculptures de grands maîtres, accueille depuis déjà trente ans, le festival Jazz Middelheim. De grands arbres centenaires trônent fièrement derrière une veille bâtisse aux allures de petit pavillon versaillais. Derrière ce bâtiment, un grand chapiteau rose recouvre la scène. Tout autour, des baraques à frites, des stands de bière, de vin, de saucisses et autres fricadelles. L’atmosphère est bonne enfant et le public se réjouit à l’avance de la soirée qui l’attend.

11 années après la sortie du Live in Middelheim, incontournable disque du quartet de Masada, le festival a choisi de programmer cette année une soirée entièrement dédiée à l’œuvre de John Zorn: « Book of Angels » interprété par 4 formations différentes. Début des festivités à 17H30, la soirée promet d’être longue. En ouverture, Uri Caine offre comme mise en bouche 20 minutes de piano solo sous le regard attentif de Zorn, à demi caché derrière la scène. Grand pianiste improvisateur, avec puissance et intensité, il revisite avec brio les compositions de Zorn.

La féminité a eu sa place dans la soirée avec le Quatuor Mycale. Quatre chanteuses (Ayelet Rose Gottlieb, Sofia Rei Koutsovitis, Basya Schecter et Malika Zarra) originaires d’Amérique du Nord, du Sud, d’Afrique et du Moyen Orient interprètent à leur tour a capella le livre des Anges avec des chants en arabe, en yiddish, en français et en espagnol. Entièrement séduit et conquis par ce quatuor, le public est sorti de ces 40 minutes de concert sous le charme de la grâce et de la beauté.

middelheim-2.png

Un entracte de 45 minutes a permis non seulement aux backliners d’installer la scène, mais surtout de laisser le temps aux spectateurs d’étancher leur soif. Rappelons que nous sommes en Belgique, pays où la bonne bière coule à flots. Sans faire une étude poussée sur le consommateur de bière type, la seule vue de la queue des toilettes « hommes » comparée à celles des « femmes », à l’entracte, m’a confortée dans l’idée que la bière, belge ou pas est une boisson d’homme.

Après une présentation au micro de chaque musicien qui compose Bar Kokhba (Marc Ribot et Joey Baron gagnent largement la première place à l’applaudimètre), le sextet à cordes dirigé de main de maître par John Zorn, interprète le chapitre Lucifer du Masada Book. Envolées de violon et de violoncelles, percussions brésiliennes au milieu des ces mélodies aux accents Klezmer, le moment est magique. Je ne pourrai m’empêcher de souligner la magnifique version de Kisofim qui laisse à Marc Ribot tout l’espace pour nous transporter au son de sa Gretsch ... un autre moment de grâce ! Malgré ce festival de notes, un bémol tout de même : le choix de l’ingénieur du son façade qui a mis un peu trop en avant le son de la guitare rendant inévitablement violon et violoncelle trop lointains … dommage connaissant les talents de Mark Feldman et Erik Friedlander ...

Enfin, la soirée sous le chapiteau de Middelheim s’achève par le très attendu Masada Sextet. Après la première apparition du Sextet en 2008 sous le chapiteau de Marciac, le concert se devait d’être au moins aussi réussi. Leur temps de jeu était plus court et 3 ans après, le répertoire est rôdé. Les morceaux s’enchaînent, plus de courte pause où le saxophoniste cherche dans ses partitions. Les « standards » du Quartet sont présents, Beeroth (ou le morceau de Joe Baron), Kedushah (ou le morceau de Greg Cohen), mais aussi les morceaux du disque Stolas sorti en 2009. Les échanges entre le génial Dave Douglas et le saxophoniste sont plus rares, mais lorsqu’ils ont eu lieu, c’est la magie de Masada qui a opéré. J’attribue sans hésiter une mention spéciale à Uri Caine qui a su prend sa place dans cette formation et apporter son génie afin de valoriser et de donner encore plus de relief aux compositions de Zorn.

Pas de répit pour les happy few, puisque John Zorn enchainait sa soirée avec un concert d’orgue inédit dans l’église protestante ‘De Olijfberg’ d’Anvers. La configuration est surprenante : c’est le cœur de l’église qui a été pris d’assaut par les spectateurs les plus passionnés. En haut, surgit le musicien, caché sous la capuche de son éternel sweat shirt. Pendant 40 minutes, il se donne à l’orgue en passant par des mélodies douces comme on en trouve dans ses Filmworks puis se laisse aller à une musique plus tapageuse digne de Naked City, Moonshild ou Hemophiliac. Si le concept ne manquait pas d’originalité et était une expérience à vivre pour ses fans, il n’en demeure pas moins que, sur le plan musical, sa première prestation dans le parc était plus convaincante et pourtant, la rumeur laissait entendre … qu’il ne jouerait plus.

Julie-Anna Dallay Schwartzenberg

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Published by Julie-Anna Dallay Schwartzenberg - dans Compte-rendus de concerts
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STEPHANE67 21/08/2011



Compte rendu fidèle de cette soirée, bravo. Je n'étais toutefois pas présent au concert d'orgue.


De quelle rumeur vous faites vous l'écho en fin d'article, tout cela est bien mystérieux ? Zorn ne jouera plus d'orgue, plus à Middelheim ou plus du tout ?!!!!!!



Julie-Anna Dallay Schwartzenberg 21/08/2011



Une rumeur laissait entendre que Zorn ne jouerait plus avec Masada en effet ... Peut-être que le disque Book Of Angels Vol.12 Stolas, avec la
présence de Zorn et son alto sur un seul morceau (sur 9), n’est pas innocent et autorise s’interroger ?


Bien que cette rumeur me soit venue aux oreilles puis à la plume (!), je n’y ai pas cru un seul instant …


Quant à Zorn et l’orgue, il faudrait poser la question à … Zorn ; enfin, pour Zorn à Middelheim, il faudrait interroger le programmateur du festival …



STEPHANE67 22/08/2011



Merci de ces précisions, mais pour moi rien d'étonnant à ce que Zorn ne joue pas (ou presque) sur Stolas. C'est précisément le but de la série Book of Angels : Confier les compositions écrites à
l'origine pour Masada à d'autres groupes ou artistes !