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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 21:53

 

Gaya Music / Abeille Musique – 2011

 sortie le 21 Fevrier

Jean-Philippe Scali (Alto, Bar., Sop. sax), Julien Alour (Tmp), Jerry Edwards (Tmb), Adrien Chicot (Pno, Fender Rh.),Simon Tailleu (Cb),Manu Franchi (dms), François Théberge (Ten. Sax), Thomas Savy (Bass Clar.), Bastien Ballaz (Tmb), Stéphan Carracci (Vibra.)

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Encore trop méconnu pour l’immense talent qui l’habite, Jean Philippe Scali nous offre un album en sextet qui fera sans doute référence parmi les plus férus de Jazz. Ce saxophoniste, aussi à l’aise à l’alto qu’au baryton, est ici entouré par une fine équipe de musiciens issus principalement du sud de la France, en la personne du batteur Manu Franchi, du contrebassiste Simon Tailleu, du tromboniste Bastien Ballaz ou encore du vibraphoniste Stéphan Carracci, pour ne citer qu’eux. Une surprise en ouverture de cet album intitulé « Evidence » que l’on aurait à la base plutôt imaginé exclusivement ancré dans la tradition du Jazz. Brother James est une composition rafraichissante faite d’un groove redoutable orné de quelques légers effets sonores modernes. S’en suit un Autoportrait d’un chat sauvage rappelant les belles heures du sextet d’un certain Charles Mingus. Le clin d’œil est peut être un peu grossier, mais la beauté des arrangements est bien là. La liberté, la folie aussi. C’est d’ailleurs dans l’arrangement délirant de Fables of Faubus que respire cette folie, palpable au premier degré dès l’entame du solo de François Théberge au ténor. Lyrisme détonnant de chaque mélodie, chaque envolée, alternant ballades et swings ravageurs, groove efficace et second line festifs, ce sextet au fonctionnement bien huilé regorge de talents individuels, chacun au service de l’équilibre d’un collectif homogène. On notera aussi la sensualité du dialogue entre le baryton et la contrebasse sur le thème Come Sunday. Evidemment, la célèbre composition de Thelonious Monk qui donne le titre à l’album se retrouve ici transfigurée rythmiquement avec une bonne dose d’humour décalé, se balançant intelligemment entre binaire et ternaire. Et comment rester insensible à l’audacieuse revisite d’un When the Saints Go Marching In en deux parties, presque méconnaissable tant sa ré-harmonisation est aussi osée que juste. C’est d’ailleurs l’étonnant Jerry Edwards qui y tire son épingle du jeu dans un solo court et efficace. Que dire aussi du redoutable sens mélodique de l’improvisateur Adrien Chicot au piano sur Hope. Cet album est sans aucun doute une incontournable réussite faite de somptueuses compositions et arrangements, d’interaction permanente.

Tristan Loriaut  

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