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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 22:20

Gael Horellou (as), David Sauzay (ts), Michael Joussein (tb), Etienne Deconfin (p), Géraud Portal (cb), Philippe Soirat (dm) enregistré au Sunside le 28/02/2011

DTC records

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C’est vrai que l’on a hâte que ce garçon ( Gael Horellou), bourré de talent qu’il est et avec un tel groupe, passe le cap du studio. Qu’il aille peut-être un peu plus dans le sens de la concision.

Mais en attendant, que le ciel soit loué de conserver et de livrer à nous les traces de ce concert pris en live au Sunside comme un vrai moment de jubilation absolue. Un régal des papilles jazzistiques, une effervescence des sens groovistiques. Le jeu atteint des sommets qui semblent nous propulser dans une sorte de jam des années 50 du côté de Kansas City. Un truc de gros durs qui s’engouffrent dans des standards boppiens ou dans leurs propres compositions non moins boppiennes avec la faim des accros de la gamme pentatonique, des affamés du swing et des enchaînements harmoniques de tous les diables. Ça déroule les gammes à toute allure, ça respire à peine, c’est dense et ça met le feu.

Le public ne feint plus son orgasme et laisse échapper en plein milieu des chorus des petits cris étouffés de donzelle comblée. Parfois ça part un peu free ( Le Fœtus) et l’on se croirait brûlés au feu vif de Mingus ou de Roland Kirk.

Il y a des battles, une vraie émulation des soufflants qui se passent le relais avec gourmandise. Chacun son moment de gloire comme sur Dreaming the Blues où toute la sensualité de Michael Joussein au trombone s’étend sur du velours côtelé.

Dans un moment d’apaisement quasi mystique sur Berchida’s song , le sextet trouve la nappe sonore, la tetxure d’un unisson qui nous ferait, pour un peu, croire que l’on est chez les soufflants de Basie et quand il se pose ainsi Gael Horellou est bouleversant et David Sauzay avec ce grain de son si Lesterien, lui emboîte le pas à merveille.

Et que dire de cette rythmique qui porte ces héros sur quelques fonts baptismaux, leur donne l’onction suprême avec un Géraud Portal énaurme, solide comme le roc sur lequel ces volutes ne s’écrasent pas, bien au contraire mais au sommet duquel elles prennent un envol absolument irrésistible.

Jean-Marc Gelin

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