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Samedi 7 avril 2012 6 07 /04 /Avr /2012 21:46

 

Naïve 2012

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Déjà on sait que la réunion de ces deux chanteurs d’exception est le gage d’avoir à faire à une machine à créer des énergies positives (ils n’en sont  d’ailleurs pas, ces deux-là, à leur coup d’essai). Deux qui se répondent dans leur foi commune et leur passion pour la musique et pour le chant. Mais surtout deux artistes sans la moindre concession. Deux artistes qui chacun au gré de leur parcours  affichent un farouche désir de liberté. Avec toujours cet amour du chant au bord des lèvres, capables de galvaniser tous les auditoires quels qu’ils puissent être. Une passion du chant mais aussi du texte à chanter les réunit ici autour de ce jeu de rôle qu’ils abordent chacun avec leur énorme personnalité.

Si vous y ajoutez le Brussels Jazz Orchestra (on dit le BJO), assurément l’un des plus fantastique big band Européen (surtout depuis la disparition du Vienna Art Orchestra), vous avez forcément là tous les ingrédients pour en faire un grand disque.

C’est avec le respect de la tradition de tous les big bands qui se sont succédé pour interpréter l’œuvre de Gershwin mais avec une grande modernité dans les arrangements que ces trois-là (deux chanteurs et un orchestre) se jettent à corps perdu dans ce Porgy and Bess dont ils livrent une version remaniée et séduisante.

Les arrangements sont ultra-brillants d’un bout à l’autre, nous amenant à une autre écoute. Nous conduisant à oublier les grands originaux pour redécouvrir l’œuvre de Gershwin. Les voix sont alors des cuivres et les cuivre deviennent des voix. Les solistes se surpassent tous et Franck Vaganée n’oublie pas de moderniser aussi ces arrangements en introduisant parfois une dose d’électricité. La masse orchestrale fait corps avec les chanteurs et les solistes prenant le relais de ces derniers. David Linx affirme là une ampleur et surtout une amplitude dans l’expression qui transcende l’orchestre alors que la voix si typée de Maria Joao laisse exploser une Bess sauvage et insaisissable (sauf pour Porgy bien sûr) indépendante et farouche.

Les thèmes archi connus (Summertime ou I love you Porgy) sont bien là mais les protagonistes s’attardent aussi sur des thèmes un peu moins entendus. On notera ce A woman is a sometime thing au swing terrible porté par une guitare piquée remarquable de groove, ce Buzzard Song aux harmoniques riches sur lesquelles se ballade David Linx avec une déconcertante aisance ou un Bess you are my woman nowboostée par une belle ligne de basse.

La revisitation du texte de Porgy and Bess se fait ici plus sauvage, plus wild. Porgy et Bess deviennent alors deux êtres épris de liberté et leur expression y est avec David Linx et Maria Joao, presque charnelle. La formidable machine qu’est le BJO leur sert sur un plateau un festin de roi et de reine.

Jean-Marc Gelin

 

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