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Mercredi 6 octobre 2010 3 06 /10 /Oct /2010 21:34

Gemini records 2010

SORTIE LE 18 OCTOBRE 2010

Benoît Sourisse ( p, hammond B3,orgue), André Charlier (dm), Alex Spiagin (tp, fch), Pierre perchaud (g), Jean-Michel Charbonnel ( cb), Fabrice Alleman (cl), Stéphane Guillaume (ts, fl)

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Disque improbable ? Inclassable surtout aurions-nous tendance à dire . Sinon le classer où ? Dans quelle case ? S’il en fallait une, alors choisissons ensemble celle des optimistes de la musique. Choisissons de celle qui fait (visiblement et audiblement) plaisir à jouer autant qu’à entendre.

Car ici, ça joue devant, ça joue derrière, ça pulse le groove et propulse les solistes, ça joue jazz, ça swingue (forcément avec ces deux-là !), ça balance, ça Nouvelles Orléans un peu ou afro beat certainement, c’est pêchu aux éclats. Avec leur formation, ils se permettent de faire sonner les harmonies comme 25 ! Casting parfait. Arrangements superbes.Réunir dans cet album autant de talent et donner le sentiment qu’ils ont toujours joué ensemble, c’est certainement la magie de la cohésion de cette paire Charlier/Sourisse qui, depuis maintenant plusieurs années et 4 disques, s’inscrit comme l’évidence de ce que Roux est à Combalusier. Et devant la musique que ces deux-là sont capables de créer, on se sent comme émerveillés, de vrais gamins au pied du sapin de noël devant les jouets magnifiquement enveloppés, encore plus merveilleux encore après leur découverte.

Et quelle orchestration du feu de dieu qui n’oublie pas de mettre en valeur Charlier et Sourisse eux même dans leur numéro préféré, celui de leur indissociable complémentarité. Et s’ils vont chercher dans des univers plus poétiques, c’est en partageant le même imaginaire, la même poésie douce et aérienne à l’image de  cette Chanson idéale du facteur cheval où Benoît Sourisse effleure le swing dans la soie. Et les vibrations de Charlier dans tout ça ! De la dentelle j’vous dis. Du vent sous ces dentelles qui froissent, s’envolent, vibrent d’un vent frais. Certains intermèdes nous plongent dans le pays des merveilles, tel Lewis Carroll ici tombé dans un afrobeat improbable, dans une jungle imaginaire et déjantée, sympathique digression galvanisante.

Tous les solistes sont merveilleusement inspirés par cette musique et contribuent à lui donner supplément de vie et autre lumière. Plaisir de jouer partagé. Irrésistible. Ça s’écoute et ça se réécoute. C’est jubilatoire d’un bout à l’autre au point ( ah les vaches !) d’en être carrément frustrés à la fin de l’album ( ah bon, c’est déjà fini ?).

On a l’habitude de dire souvent que les grands groupes sont reconnaissables à leur « son ». Nous dirions plutôt ici que Charlier/Sourisse sont reconnaissables par le festival de sons qu’ils nous offrent. De leur association émerge le miracle divin, celui de la multiplication des sons. Déjà rien qu’à eux deux, ils forment un orchestre à eux tout seul.

Champagne !

Jean-marc Gelin

 

 

Ps : Saluer aussi le superbe travail graphique du phtographe Marc Ribes pour la pochette de cet album (voir aussi sur son site la superbe photo de Stéphane Guillaume  http://www.marcribes-artworker.com/?page=book1#)

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