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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /Oct /2009 18:40

À l’occasion de la sortie du nouvel album de l’Oudiste tunisien Anouar Brahem, les DNJ ont rencontré l’une des figures les plus marquantes du label ECM. Anouar Brahem ne cesse de jeter des ponts entre les différentes cultures. Il a contribué à cette ouverture de la musique savante arabe à d’autres horizons musicaux et ses rencontres avec les musiciens venus du jazz restent aujourd’hui encore comme des modèles de syncrétisme auquel il imprime une  forte dimension poétique. A 57 ans Anouar Brahem qui vit à côté de Carthage, pas loin de Sidi Boussaïd, fait déjà figure de légende dans son pays.

 

DNJ : Le choix des musiciens dans votre nouvel album : choix librement consenti ou choix imposé par le label ?

 

Anouar Brahem : Ce n’est absolument pas un cahier des charges et en même temps ce n’est pas non plus librement. C’est ce qui m’est imposé par la musique qui surgit. Quand je commence à travailler sur un disque, je ne pars pas avec une idée d’orchestration préétablie. Cela vient à mesure que la musique surgit. Je commence toujours par des ébauches, des premiers jets et c’est au fur et à mesure qu’elle se met à sonner que cela me donne des idées d’orchestration

 

DNJ : Vous partez au départ de trames mélodiques ?

 

AB : Oui c’est généralement  la seule chose que je peux ou que je sais faire : partir de fragments de thèmes. Et c’est en commençant par là que je peux arriver à l’instrumentation. Et l’instrumentation c’est la chose que je mets le plus de temps à décider. C’est pour moi comme l’étalonnage dans le cinéma et les instrumentistes sont comme des acteurs. Quand on me demande, dans un festival par exemple de jouer avec untel ou untel, je suis dans l’incapacité d’écrire pour une formation donnée ou imposée.

 

DNJ : Vous parlez de cinéma, et au cinéma il y a des castings. Est ce qu’il y a des musiciens avec qui vous avez essayé de livrer votre musique et avec qui la  magie ne s’est pas produite ?

 

A.B : C’est vrai il y a beaucoup de musiciens avec qui je souhaiterai travailler et cela ne marche pas forcément parce que je n’ai pas ressenti que leur rôle était important dans ce que je voulais jouer. Mais lorsqu’il s’agit de faire un album cela ne m’est jamais arrivé. D’ailleurs on a pas le droit à l’erreur avant de rentrer en studio. Lorsque l’on fait appel à des musiciens on fait appel à des personnalités très différentes. De gens qui ont un vrai background et c’est cela qui est très stimulant, les choses peuvent ainsi sonner de manière différente.

 

DNJ : pourquoi avoir choisi la clarinette basse en l’occurrence ?

 

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