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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 20:49


candini-on-the-other-side.jpgPiano Solo Improvisations
Instant Present 101

Tout ce qui peut être imaginé est réel. (Pablo Picasso)

Voilà un autre côté pour le moins original, un solo de piano, passage obligé des instrumentistes et des pianistes en particulier que réalise le jeune Alessandro Candini, de formation classique, tombé dans le contemporain et le jazz récemment. Mais avec suffisamment de recul et d’intensité pour vouloir ne faire que cela… pleinement. Et  assumer les risques d’une improvisation folle. Des petites pièces pas si faciles en apparence, au total 12, composent cet album providentiel d’un pianiste qui aime se frotter à tous les genres, styles et techniques. Au studio de La Buissonne, on peut imaginer que, galvanisé par le lieu, il se soit ensuite livré au travail solitaire et plus ingrat de l’auto-portrait, à l’enivrante aventure de l’improvisation.
Dans cet exercice de style, variant les nuances et atmosphères de l’instrument, il fait se croiser mystères, instantanés et aussi exigences d’une personnalité musicale à découvrir, laissant aller son imaginaire et faisant entendre un piano puissant, résolu. On entend en fait une suite sauvage, dérangeante, abrupte, composée dans l’improvision . Ce n’est  pas l’art du clavier en une dizaine de leçons qui est proposé, la position de soliste s’avère dangereuse à garder de façon satisfaisante :  Alessandro Candini explore les possibilités de l’instrument tout en affirmant la dimension narrative, émotionnelle, jusqu’au vertige : des motifs répétés à l’infini jusqu’au trouble et au dérapage, des ponctuations assénes plus ou moins fortement, des changement de rythmes avec des coupures nettes, des accélérations jusqu’à la série de cris qui clôt ce développement structuré.
On s’engage dans un labyrinthe des passions, de l’imaginaire qui suit le chemin que trace la pochette au design parfait, en totale adéquation avec l’esthétique de la musique. De même le texte des « liner notes » est absolument essentiel pour comprendre comment s’imbriquent les titres en un itinéraire selon une architecture baroque à la Escher.
Cette performance mériterait d’être suivie en live, mais on peut découvrir avec l’album la teneur de cette aventure où il est question de moment poétique. Et l’on s‘interroge alors sur la maîtrise à ce niveau d'intensité . Peu de silence, l’appréhension d’un certain vide qui demeure musique, semble lui faire plus peur encore que le déploiement fou de pièces vibrantes et enlevées, avec d’autres aux cadences à peine moins rapides. Il  laisse des formes ouvertes suffisamment libres, donnant un quasi-récital, sans prononcer un mot ou un soupir, sauf dans le final, où il s’autorise des cris. A t-il traversé le miroir ? Pour le savoir, écoutez l’histoire de ce solo…

Sophie Chambon

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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