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Mercredi 5 septembre 2012 3 05 /09 /Sep /2012 22:44

IGLOO-ACT.jpgAct Big Band
Guests Joe Lovano and John Ruocco
1987
Igloo Jazz classics (Réédition 2012)

A l’occasion du vingtième anniversaire du label belge Igloo records, voilà deux rééditions bienvenues,  remixées et remastérisées qui combleront les amateurs nostalgiques des big bands et de la chanteuse Maurane à ses débuts. Le caractère commun  entre ces deux albums réside peut-être dans l’intemporalité de la musique qu’ils développent. On découvre la Maurane de ses débuts, constatant avec étonnement que peu de choses ont changé dans sa façon d’utiliser sa voix. Les musiciens qui l’accompagnent jouent des « chansons » adaptées en  jazz de chambre dont certaines sont devenues des succès populaires en Belgique. Quant au jazz de big band, il garde intact la fraîcheur d’une forme et d’un répertoire inscrits dans la tradition.
Commençons d‘abord par Extrêmes, un des quatre albums enregistrés entre 1980 et 1996 par un big band soudé, dirigé par le batteur Félix Simtaine  en compagnie du pianiste compositeur /arrangeur Michel Herr,  avec des guests stars comme les saxophonistes ténors Joe Lovano et John Ruocco .
Cet enregistrement de1986 est l’écrin de commandes passées à Francy Boland  « Omnitonic », Michel Herr (« Pentaprism », « Extremes »), Arnoult Massart (Re), Jean Warland (« Rough Business » et le formidable final « Rough Stuff »). On entend aussi un swing véritablement moderne dans cet « Easy Fucksong » du trompettiste /arrangeur Bert Joris. Beaucoup de talents réunis pour présenter un univers original, dans un joyeux brassage des âges et des cultures : à l’instar de l’ONJ en France, créé en 1986 à l’initiative de Jack Lang, on comprend que cette formation était des plus passionnantes à l’époque. Eh oui, il faut déjà se reporter à ce passé proche des années quatre vingt. Avec une pensée émue en entendant sur le deuxième thème « Omnitonic » le  talentueux violoniste Jean Pierre Catoul, disparu prématurément. On écoutera aussi les improvisations superbes de Lovano sur « Extremes » et « In a sentimental mood », John Ruocco intervenant sur  « Re ». La Belgique a encore de nos jours de beaux et grands formats, toute une génération prête à en découdre, malgré les difficultés de ce type d’entreprise, avec des musiciens qui savent faire de la musique en nombre, la liberté de chacun s’exprimant collectivement. A l’écoute de cet enregistrement, on mesure la richesse et la vitalité d’une forme d’expression qui n’a cessé de se renouveler, prolongeant avec bonheur un jazz majuscule.

IGLOO-HLM.jpgHLM
Houben Loos Maurane
1986.
Quant au deuxième album, HLM,  il nous fait découvrir le travail de deux duos indépendants  qui se regroupent en un trio Houben/ Loos/ Maurane, dans une dynamique qui fonctionne à merveille. Le pianiste Charles Loos est la pierre angulaire de ce trio de jazz de chambre, ayant travaillé avec la jeune chanteuse et avec le saxophoniste flûtiste Steve Houben (père du trompettiste Greg Houben). Assurément, Maurane demeure un mystère : devenue une vedette de variétés depuis, sans pouvoir nier son attachement au jazz, elle se défend cependant d’une réelle appartenance. Et pourtant, depuis ses débuts, elle n’a guère changé.  Quand on écoute par exemple « Overloos », une de ses compositions, en duo avec le pianiste, impossible de dater cette prise. Elle était déjà proche de Nougaro (« Morceau en forme de Nougarose »). Aujourd’hui, elle se sert toujours de sa voix comme d’un instrument mais au lieu de scater, comme dans « Potion magique » ou « Savapapapa », elle chante des textes originaux dans une variété « world ». 
A remarquer le bonus heureusement intégré (issu du LP Comptines) qui permet avec « Les Chevilles de Valéry » de terminer l’album sur un exemple d’accord parfait entre le rythme de Loos et la mélodie de Houben.
Sophie Chambon

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