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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /Août /2009 08:28

Green leaf Music
Dave Douglas (tp), Vincent Chancey (Cor), Luis Bonnilla (tb), Marcus Rojas (tuba), Nasheet Waits (dm)

Cet été, lors de la présentation de l’album par Dave Douglas à Marciac, nous étions revenus circonspects et modérément emballés ( cf. notre chronique du festival – Marciac 1/3). Ce n’est donc qu’après coup que nous avons découvert le CD, tout prêts à nous laisser convaincre définitivement par  la version « studio ». Et malheureusement ce sont les mêmes réserves qui ressurgissent à l’écoute de cet album dédié à la musique de Lester Bowie dont l’auditeur ne trouvera ici qu’une bien pâle évocation. Si Lester Bowie évoquait lui aussi certains esprits du jazz, ce mini Brass Band censé marcher sur les pas du Brass Fantasy de Lester Bowie en rend d’autres, à d’autres trompettistes ( Fats Navarro ou Enrico Rava p. ex).
Dave Douglas écrit magnifiquement bien c’est un fait et les textures créées sont complexes, éthérées parfois presque Shorteriennes. Mais il peut passer aussi de la Nouvelle Orléans tendance Marching Band (Bowie) à un bon gros funk (Mister Pitiful) avec parfois une certaine pointe d’humour ponctué de citations ( comme ce Great Awakening qui se termine par une citation de If you could see me now.). Il n’empêche, Dave Douglas ne parvient pas à nous débarrasser d’une certaine torpeur, d’une mollesse généralisée. Il est vrai qu’elle était déjà remarquable dans le modèle original, à savoir l’album de Lester Bowie paru en 1993, « When the spirit returns ». Dave Douglas y fait référence constamment et les allusions sont claires lorsque par exemple ce I’m so lonesome I Could cry fait réponse au Solitude repris par le Brass Fantasy à l’époque. L’un comme l’autre sont superbement écrits, voire virtuoses chacun à leur manière, traînant, subtilement tissés et colorisés. Mais, comme en concert, on reste dans la version réduite de Dave Douglas sur le sentiment d’entendre un groupe qui peine à vivre collectivement comme si ( ce que nous avions déjà ressenti sur scène), chacun jouait dans son coin, peu concernés par l’énergie collective. Un début d’album totalement soporifique qui heureusement  s’arrange un peu par la suite et un certain manque de relief certain nous empêche d’adhérer totalement. Les esprits du jazz qui étaient revenu habiter la musique de Lester Bowie ont ici effectivement un peu déserté le présent. Jean-Marc Gelin

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