Vendredi 17 juillet 2009
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Hatology 2009
C’est un peu comme trois poissons dans l’eau. Ils se baladent chacun de leur côté, se passent devant le nez l’un de l’autre, parfois s’arrêtent, repartent. Ils ne sont pas forcément ensembles,
nagent parfois groupés et parfois pas et s’entrecroisent souvent. Exactement la même chose ici où les trois protagonistes qui jouent ensemble depuis plus de 10 ans semblent associés dans un projet
protéiforme où l’écriture et l’improvisation se chevauchent et où chacun des musiciens entre en interconnexion avec les deux autres pour mieux s’en détacher l’instant suivant. L’exercice est connu
et régénérant. Car il s’agit de création instantanée d’un moment musical très dense mené par un
Ellery Eskelin lyrique et fluide au ténor, au jeu aussi spectaculaire que remarquablement
inventif. Dans la bande, c’est assurément lui le poisson-pilote. C’est lui qui pose le son, lui qui s’envole, s’évade et que les autres suivent ou de qui les autres se détachent. Mais ce qui
est frappant avec cette musique c’est la continuité qu’elle impose entre écriture et improvisation. En laissant autant de place à la liberté d’inventer qu’à l’écriture, elle ménage ainsi des
reliefs et des contrastes et nous permet de traverser cet album sans le moindre ennui. Car le discours jamais uniforme nous laisse toujours en attente de la phrase musicale qui suit. Les variations
suivies avec tact et discrétion par la pianiste claviériste
Andréa Perkins qui passe du piano à l’orgue ou à l’accordéon en parfaite empathie avec les directions données par Eskelin qui
maintient toujours ce relief avec intelligence. Il est vrai que ce concert donné en « live » à l’université de Baltimore (Maryland) en 2007 suivait une Master Class donnée par les trois
musiciens qui avaient à cœur de livrer une prestation quasiment académique. Mais c’est au final vers une vraie leçon de jazz moderne que ces trois-là nous emmènent. Une vraie performance.
Jean-marc Gelin
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