Les Dernières Nouvelles du Jazz
Partager l'article ! Volunteered Slaves : “Breakfast in Babylon” ***: Plus loin music - mai 2009 Olivier Temime (saxophone) ; Jérôme Barde (guita ...
Les Dernières Nouvelles du Jazz
Plus loin music - mai 2009
Olivier Temime (saxophone) ; Jérôme Barde (guitare/bardophone) ; Emmanuel Duprey (piano) ; Julien Charlet (batterie) ; Akim Bournane (basse) ; Arnold Moueza (percussions)
C’est un délicieux « Breakfast in Babylone » que servent dans une pochette aux influences Motown les Volunteered Slaves (esclaves volontaires), sextet vitaminé mené par le saxophoniste Olivier Temime (voir photos).
Comme l’explique Jérôme Barde (guitariste des Volunteered Slaves), quand le groupe a été fondé en 2002, l’un des morceaux emblématiques du répertoire était un blues de Rashan Roland Kirk dont la « personnalité de feu, le jazz cru et habité ont marqué le jazz de son époque (60/70)». L’album est fidèle à l’esprit de ce musicien original qui « était imprégné de la tradition du jazz, du R&B, du funk et de la pop de l’époque »[1].
Les quatre reprises promettent de satisfaire le public avec de belles envolées « funk ». Les corps ne devraient pas manquer de se laisser embarquer sur « Controversy » de Prince qui ouvre la marche ou sur « I want you back » des Jackson Five. Difficile de résister à l’appel de ce dernier titre, les forces de l’équipage d’Akim Bournane (basse) et de Julien Charlet (batterie) sont trop vives ! Difficile encore de ne pas se laisser séduire par le langoureux « I heard it thru the grapevine » de Norman Whitfield et Franck Wilson pour Marvin Gaye ou de ne pas planer dans le spatial « Butterfly » de Herbie Hancock porté par un son cosmique au fender.
C’est de cette énergétique musique que se sont nourris Arnold Moueza, Jérôme Barde et Emmanuel Duprey pour composer les huit titres originaux qui s’y mêlent. Autant d’occasions d’explorer des univers personnels variés. Le sextet se fait chœur afro pour « Oyayao », sage pour « Swimming Head » et « Herbert ». De quoi marquer une pause après « Breakfast in Babylone » ou « Zabriskie Point » dont l’emprunt au titre du film d’Antonioni évoque une fois encore cette Amérique sulfureuse des années 70 qu’avaient musicalement illustrée les Pink Floyd. Si Babylone s’est perdue dans le brouhaha de la Tour de Babel, les Volunteered Slaves se jouent du destin tragique de la ville mythique pour mieux prouver que le langage de la musique dépasse celui des mots par son universalité !
Et pour ceux qui voudraient goûter à d’autres savoureux délires des joyeux drilles, il y a toujours des tables libres sur leur site self-service ouvert 24h/24[2]. Anne-Marie Allouet
[1] Edito de Jérôme Barde posté sur le site le 17 mai 2009
Commentaires