Les Dernières Nouvelles du Jazz
Partager l'article ! 3/3 MILES OU DERRIERE LA LEGENDE (DU JAZZ): OTHER SIDES OF AN ICON : WHY THEY WANT “BAD” DAVIS ? “ Je vais essayer de dessiner quelques solei ...
Les Dernières Nouvelles du Jazz
En l’espace de quelques semaines, viennent de s’ouvrir deux expositions, dans des champs culturels et avec des moyens complètement différents : au Louvre, celle consacrée aux « Rivalités vénitiennes (Titien, Tintoret, Véronèse) » ; à la Cité de la Musique, celle qui puise son titre dans une cascade de slogans : « We Want Miles / Le jazz face à sa légende ». Est-ce un hasard ? Peut-être…Est-il si incongru de les rapprocher ? Peut-être pas ! D’un côté les différenciations stylistiques, les jeux d’influence, les luttes de pouvoir, l’individuation du génie propre à chaque créateur ; de l’autre le monolithisme autour d’une icône assumé en toutes ses conséquences (de manière hyper-documentée, scandée, fluide, sensible, intelligente et pluridisciplinaire, là n’est nullement le problème). Car je l’avoue, je me ressasse le sous-titre de l’exposition (« le jazz face à sa légende » : la sienne propre ? Celle de Miles ?), je n’arrive pas à comprendre cette « accroche ». Que le jazz ait besoin de légendes sans doute, lui qui s’est bâti dans les marges (bordels et autres lieux nocturnes plus ou moins sordides, comprenez : sans la sublimation suscitée par ces situations, la sonorité des grands créateurs ne pourrait pas être la même) ; qu’il ne s’en satisfasse que d’une, au travers d’un musicien dont le parcours le phagocyterait tout entier, voilà qui laisse perplexe…Une expo Miles, pourquoi pas mais à ce compte et tout aussi voire plus légitime une expo Armstrong, une expo Ellington, une expo Tatum, une expo Django Reinhardt (tous deux nés en 2010) ? Non il faut croire que les 50 ans d’histoire précédant l’émergence de la personnalité davisienne n’ont plus beaucoup de signifiance. A force de m’interroger, je me retourne vers les collègues, les vrais sachants, pas les dilettantes comme moi…Tiens, Goaty que dit-il (j’aime bien Goaty, il ne cesse de batifoler dans plein de périphéries du jazz pour toujours finir par cracher le morceau que les autre dissimulent) ? Miles années 80 / 90, pas terrible, rendez-vous phantasmés-manqués avec à peu près tout le monde (Prince, diverses stars du rap, etc.) Alors ?! « Miles a prolongé l’espérance de vie du jazz dans les années 80. L’étoile, le phare, la tête de gondole (c’est nous qui soulignons) c’était lui. Sans Miles, moins de public, moins de festivals, moins de ventes de disques. Miles on l’attend toujours» (1). Voilà c’est dit-craché-avoué : Miles l’incontournable caution marchande d’une musique morte.
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