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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 07:31

Label Bleu 2009

Sébastien Texier (as, ss, cla), Man Codjia (g), Christophe Marguet (dm), Henri Texier (cb)


Red Route est le nom du quartet d’Henri Texier. Petite garde rapprochée autour du contrebassiste qui réunit là quelques membres du Strada. On y retrouve donc Sébastien Texier (qui suprend toujours lorsqu’il est à l’alto), Manu Codjia (dans la lignée du jeu qu’on lui connaît par cœur tout en réverbérations évanescentes) et enfin Christophe Marguet, fidèle parmi les fidèles qui pour le coup sort de son registre habituel pour installer le drive tout en frissonnements sensuels qui conviennent mieux au répertoire ici dévoilé. C’est qu’il fallait bien un climat plus intime, un corps à  corps plus direct pour présenter ce nouveau programme inhabituel dont Texier s'explique dans ces colonnes (voir l’interview de Lionel Eskenazi)

Répertoire inhabituel puisqu’il alterne, à côté des compositions originales des chansons d’amour tirées des standards du real Book. On notera à côté des thèmes de Cole Porter (Beautiful Love, Easy to love), quelques surprises comme ce I love you ( toujours de Porter) mené à un train d’enfer comme la course d’un amoureux transi qui précède un In a sentimental mood au tempo très ralenti. En cette année d’hommage à Lady Day, Texier nous livre aussi une version magnifiée  et bouleversante de God bless the Child, tout en finesse. A côté de ces thèmes où la chanson et la mélodie sont totalement assumées, Texier ménage aussi 6 plages d’improvisation plus ancrés dans l’esthétique qui est la sienne depuis des années. Thèmes composés collectivement et qui donnent à chacun un espace plus libre, « hors chant ». Ces thèmes auraient tout aussi bien donner lieu au début d’un album en soi s’ils n’étaient pas insérés dans cet autre projet. Peut être pour ne pas lasser. Peut être pour éviter toute niaiserie. Peut être aussi parce qu’il s’agit de deux aspects fondamentaux de la personnalité musicale de notre plus grand contrebassiste. C’est alors un souci de cohérence dans le projet global qui nous perd un peu. Des réflexions sur l’amour chanté et joué, qui parfois partent dans des directions multiples et pas totalement abouties : un morceau comme intuition par exemple nous laisse un peu sur notre faim et s’enchaîne assez mal avec le suivant, alors que Dark song, prit comme un interlude tombe un peu comme un cheveu sur la soupe.

Petite parenthèse donc dans l’œuvre magistrale de Texier dont on retiendra pourtant l’extrême empathie des musiciens et leur formidable complicité. On y entend aussi parfois une sublime tendresse d’Henri Texier pour ses musiciens et pour cette musique de Broadway dont, à sa façon il se cesse de porter l’héritage. Sa réflexion sur l’amour qu’il soit tendre, furieux, triste ou gai s’exprime dans sa façon de vivre la musique intensément. Seul ou collectivement. Jean-Marc Gelin

 

 

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