Les Dernières Nouvelles du Jazz
Partager l'article ! *** RHODA SCOTT : « Lady Quartet – Live at the Sunset - Paris »: Must record 2008 &nbs ...
Les Dernières Nouvelles du Jazz
Must record 2008
La planète de Rhoda Scott qui débarqua ce soir
là dans le club de jazz parisien est une gynécée. Et pas de la moindre des espèces. Tenez, quatre filles là sur la scène. D’abord Lisa Cat-Berro qui joue (sublimement) du sax alto et qui vous
délivre un chorus renversant de tendresse sur Nizza. Il y a Sophie Alour, saxophone ténor que le grand public connaît un peu mieux et qui maîtrise le « son » comme pas deux,
fidèle l’esprit de Joe Henderson très prégnant toujours chez elle. Quand à Julie Saury, elle est là derrière, elle donne l’impression de pas faire
grand chose et pourtant il est pas mal de musiciens à paris qui vous diront combien elle assure avec ce drumming assurance tous risques devant lequel il est quasiment impossible de se perdre. Et
puis enfin, Rhoda Scot "The Barefoot Lady " (l'Organiste aux Pieds Nus) qui a ici moins les allures de la mamie de ces jeunes bougresses que de la complice qui assurément passe le témoin à la
nouvelle génération. Rhoda Scott dont on a à peu près tout dit sur sa façon de nous plonger tout à la fois dans les clubs de la 52ème rue que dans les églises de Harlem. Rhoda Scott
qui swingue, Rhoda qui chante le blues (I’m just your fool), Rhoda qui joue le groove et la ligne de basse, Rhoda toujours merveilleuse de
générosité envers cette musique qu’elle perpétue (notamment au travers de ses compositions). Car avant de venir, pour sûr ces jeunettes avaient appris par cœur les disques de Jimmy Smith ceux
avec Tina Brooks, Ike Quebec ou Lou Donaldson. C’était en 1960. Et ce soir là, même en jouant un audacieux Hymne à l’amour un peu casse-gueule ou en se jetant dans un
Pistaccio de Pee Wee Ellis certes plus tardif c’est avec jubilation que l’on replongeait presque 50 ans en arrière. Et c’est avec un pied
terrible que l’on se dit que cette musique n’a décidément pas pris une ride. Et Rhoda non plus.Jean-Marc
Gelin
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