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Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /Nov /2008 08:05

Nonesuch 2008-09-20

Bill Frisell (g), Rone Miles (cnt), Greg Tardy (ts, cl), Eyvind Kang (vl), Hank Roberts (cello), Tony Scherr (cb), Kenny Wollesen (dm)

 

 C’est un album très ambitieux que signe là Bill Frisell. Un album aussi fourre-tout qui résulte pour partie d’un travail déjà commencé à l’occasion de « Mysterio Sympatico », une commande présentée en 2002. C’est dire si l’on va chercher loin pour cet album qui mêle un peu tout, qui associe d’anciennes compositions avec des nouvelles, des parties enregistrées en studio et des parties en live pour un ensemble assez long de 2 CD qui veut se penser comme une suite mais dont il faut bien avouer que l’on perd totalement le fil conducteur. Fidèle à sa tradition Bill Frisell ne sous simplifie pas la vie puisqu’il puise dans plusieurs racines musicales à la fois allant du blues porteur d’une certaine tradition de l’Amérique à des racines plus africaines sur des tourneries où il se plaît à jouer de sa guitare comme d’une Kora. Quelques thèmes reviennent en boucle tel un leitmotiv marquant quelques repères dans cette grande et ambitieuse histoire américaine où les atmosphères cool que Bill Frisell se plaît à créer côtoient une certaine pétulance inventive du côté des cuivres. Lorsque Bill Frisell convie les cordes portées par la percussivité d’un Kenny Wollesen qui délaisse ici le vibraphone on est un peu gêné par l’emprunt de Bill Frisell à son copain John Zorn qui frôlent parfois le plagiat allant puiser à la fois du côté de Bar Kohkba (Probability Cloud) ou des superbes Dreamers (a change is gonna come) dont nous avons parlé cet été dans ces colonnes. De même ses compositions côtoient quelques emprunts tel Jackie-ing (Monk) ou un superbe Subconcious Lee (Konitz) qui tombe ici un peu comme un cheveu sur la soupe.

Alors, à défaut d’une démarche très claire de Bill Frisell , dont on aurait aimé qu’il exprime son propos au travers des liners notes explicites, on se perd dans cette œuvre ( cette somme devrait on dire) un peu magistrale mais surtout décousue où quelques moments superbes ( Probabilty cloud, Baba drame, Struggle part 2) côtoient néanmoins quelques moments d’ennuis distingués parmi lesquels on retiendra notamment quelques moments de bravoure du saxophoniste Greg Tardy ici véritablement décisif.               Jean-Marc Gelin

 

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