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Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /2008 08:10

Egea – 2008



Musicien italien, Gabriele Mirabassi, frère du pianiste Giovanni Mirabassi, est un musicien actif aussi bien dans le milieu du jazz qu’en musique contemporaine (il est co-fondateur de l’Artisanat Furteux Ensemble). Après des études de musique au prestigieux Morlacchi Conservatory, il forme son premier quartet de jazz en 1989, rejoint Rabih Abou-Khalil puis joue avec Richard Galliano, Enrico Rava et Enrico Pieranunzi pour ne citer qu’eux. En 1996, il remporte le Top Jazz award des nouveaux talents. Excellent improvisateur, ce clarinettiste virtuose, à la renommée internationale, joue tout et avec tout le monde.

Dans « Canto di Ebano », Mirabassi est accompagné d’un quartet composé de musiciens italiens qui interprète sept des compositions du clarinettiste sur les dix morceaux joués. La section rythmique (Salvatore Maiore à la contrebasse et Alfred Kramer à la batterie) joue sans excès des tempos enlevés ou doux. Soliste et rythmique, le guitariste Peo Alfonsi, ici à la guitare acoustique, joue dans la retenue et apporte le côté joyeux qui manque à la teinte toujours un peu triste qu’évoque la clarinette.

Mirabassi rend ici hommage à son instrument, à l’ébène qui le constitue et « aux mains (des) artisans qui ont permis au bois ensorcelé de délivrer l’envoûtement de ses notes ».

A travers des pièces aux styles musicaux différents, Mirabassi parcours toute l’étendue des capacités de son instrument avec talent et naturel puisque l’oreille ne perçoit jamais la technicité de l’instrumentiste comme excessive ou assommante.

Mirabassi fricote avec les musiques arabo-andalouse et Kelzmer (« Chisciotte »), le jazz (« Struzzi Cadenti »), la samba et le choro (« Vé se gostas »), la valse (« Valsa Brasileira ») et les ballades. Fin, léger ou endiablé, Mirabassi pousse ses notes en bout de souffle avec aisance et met en exergue toute la brillance sonore de son instrument trop souvent cantonné dans la mémoire collective au jazz de Sydney Bechet. En dehors des modes actuelles et sans surprise,  l’hommage de Mirabassi à l’ébène sonore est réussi et se prête parfaitement aux oreilles qui aspirent à la beauté simple, devenue rare ces temps derniers.

Jérôme Gransac

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