Les Dernières Nouvelles du Jazz


Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 08:33

Fresh Sound NT 2008

Ambrose Akinmusire (tp), Walter Smith III (ts), Logan Richardson (as), Aaron Parks (p, fder), Joe Sanders (cb), Chris Dingam (vb), Justin Brown (dm), Juno Watanabe (vc)

 

 Vraie surprise dans le paysage actuelle, celle de l'apparition de ce jeune trompettiste récemment nommé lauréat au concours Thélonious Monk et repéré par les équipes de Jordi Pujol pour le compte de son label ouvert aux jeunes talents, Fresh Sound New talent. Mais demi-surprise néanmoins si l'on en juge par le fait qu’il a joué avec les pus grands et qu’il compte parmi ses camarades de jeu une génération dorée dont le pianiste Aaron Parks et surtout la nouvelle révélation du ténor, Walter Smith III, déjà signé sur le label et dont notre confrère, Jazzman faisait récemment l’éloge sous la plume de Vincent Bessières.

Alors que généralement le syndrome des jeunes trompettistes qui enregistrent leur premier album en leader (cela dit Ambrose a déjà participé à plusieurs enregistrements en tant que sideman) est de faire un peu étalage de leur art en jouant fort et haut, le jeune Ambrose Akinmusire joue sur un tout autre registre, celui qui donne à son jeu une incroyable palette d'expression et une très grande sensibilité. Proche dans l'idée d'un Freddy Hubbard sur le son mais avec des nuances étonnantes et surtout avec un vrai sens de la mise à la disposition de la musique. Moins d'ego et beaucoup plus d'écoute. Sans oublier un sens du groove où les rondeurs du fender de Aaron Parks trouvent leur contraste dans le son clair au vibrato maîtrisé du trompettiste. Son entente par ailleurs avec Walter Smith permet à ce dernier de livrer quelques morceaux de bravoure totalement décomplexés. Si l'on ajoute à cela l'intervention sur deux titres du jeune alto Logan Richardson (déjà chroniqué dans les DNJ) on obtient des moments sublimes de confrontation des timbres (Dingmandingo). On est en revanche bien moins séduits par son envie de marcher sur les traces de Steve Coleman (avec qui l a déjà joué par ailleurs) et d'ajouter sur quelques morceaux la voix vocalisante de Watanabe comme pour créer une atmosphère qui se voudrait fascinante mais qui tombe un peu à plat comme sur ce Ruby de toute beauté où la voix plombe un peu l'émotion de ce titre superbe. Il n'empêche, sur un titre comme M.I.S.T.A.G au thème assez sombre (le génocide Rwandais) c'est une plainte déchirante qui ne peut nous laisser indifférents. Ambrose Akinmusire fait partie d’une génération pour qui les portes du jazz s’ouvrent assurément en grand. Cette génération incroyablement douée a des choses à dire. Des phrases apaisées qui possèdent en elles la force d’une superbe musicalité. Jean-Marc Gelin

Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Recevoir les dnj

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés