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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /2008 07:07

GiantSteps 2008

Benjamin Koppel (as, ss), Georgi Kornazov (tb), Cédric Piromalli (p), Daniel Humair (dm)




 
L’Europe du football est derrière nous et l’Europe politique semble avoir du plomb dans l’aile. En revanche l’Europe du jazz, cette « fabrique » européenne dans laquelle se façonne une musique de qualité se porte plutôt bien. Voire très bien. La rencontre du Danemark (Koppel et Andresson), de la France (Piromalli et Humair) et de la Bulgarie (Kornazov), ne manque pas de cohésion bien au contraire dès lors qu’il s’agit de jouer du jazz. Il y a là de bien belles idées et de belles associations. Celle de Humair et de Andersson y est particulièrement séduisante de précision jouant l’association de la régularité métronomique du bassiste et des frémissements subtils du batteur. Humair forcément ! Humair passionnément jazz !  L’association de Koppel et de Kornazov est pas mal non plus. Il s’agit alors plus de couleurs où le lyrisme très léger du saxophoniste crée avec le growl très sensuel de Kornazov une texture sonore intéressante. Un contraste en clair obscur. Le point de jonction entre les deux est exactement réalisé par Cédric Piromalli dont chacune des interventions (trop rare à notre sens) apporte une incroyable lumière vive au tableau. Superbe ! Très dual cet album comporte deux temps principaux. L’un poétique essentiellement basé sur une sorte de nuit au musée avec trois « tableaux » que l’on dirait post-impressionnistes : Midnight Mess at Musée d’Orsay, Comme Daumier, Un tableau sans motif. L’autre plus porté sur un groove dynamique (The Spy who, Solidarnösc, Free Bop A Lula) qui fonctionne redoutablement. Perdus parfois dans une recherche esthétique dont on ne niera pas la grande intelligence des compositions et des mariages de timbres, ils nous laissent cependant le regret parfois qu’ils n’entrent pas plus souvent dans le vif du sujet. On a c’est vrai ici, une petite préférence pour le jeu d’alto de Benjamin Koppel beaucoup plus tranchant que ses sinuosités au soprano. Mais au final ce quintet là nous montre un double visage équilibré. Nous emmène en ballade dans une exposition toujours brillante.          Jean-Marc Gelin
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