Les Dernières Nouvelles du Jazz
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Tzadik 2008
« Lucifer » est le premier album studio du Bar Kokhba sextet,
probablement le groupe préféré des fans de John Zorn, depuis dix ans. Ce dernier a composé une série de pièces, réunis sous le nom de « Book of Angels » qui fait référence aux noms des
anges cités dans la Torah. Chaque volume de la série, parue chez Tzadik le label de Zorn, est signé par un groupe différent (Masada, Cracow Klezmer Band ...). « Lucifer » de Bar Kokhba
en est le dixième volume.
Zorn, saxophoniste moins en colère ici, nous propose ici une musique qui puise sa source dans la tradition hébraïque et qui, par ce biais, permet à son auteur de progresser dans sa quête de créer la « nouvelle musique juive ». Musicien qui se challenge en permanence, le saxophoniste surprend encore avec « Lucifer ». Et une fois n'est pas coutume, la musique y est tout à fait accessible et subtile. Enfin les mélodies sont cousues dans la dentelle et puisent leur source aussi dans les traditions latines, arabo-andalouse et le rock. Cet album donne la part belle aux instruments à cordes avec Marc Ribot à la guitare et Erik Friedlander au violoncelle et Mark Feldman au violon particulièrement lyriques. La rythmique n'est pas en reste puisqu'il s'agit du duo contrebasse/batterie préféré de Zorn (Greg Cohen, Joey Baron) assisté de Cyro Baptista aux percussions. Le groupe ainsi réuni fait preuve d'une cohésion osmotique et d'une motricité fantastique tout au long de l'album.
L'esthétique de l'album est totalement homogène et continue grâce à l'extraordinaire niveau du sextet.
Habituellement répétitif lorsqu'il garde le cap sur une approche musicale bien précise (« Party Intellectual », « Asmodeus »), Ribot est particulièrement brillant dans « Lucifer ». D'ailleurs sont apport artistique est essentiel à l'album et ses interventions lumineuses. Ses coutumières imprécisions stylistiques, qui font partie intégrante de son formidable talent, enrichissent la musique impeccablement exécutée par le groupe en lui donnant un petit côté wild. Ses improvisations inspirées mettent en exergue l'exceptionnelle richesse des compositions de Zorn. On l'appellera comme on le voudra: jazz de chambre, jazz lyrique, la musique de « Lucifer » fait aussi bien dans la beauté et la retenue que dans l'énergie et le joyeux. On pourrait la qualifier de musique d'orfèvre. Jérôme Gransac
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