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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /2008 07:36

Cristal 2008

Eric Barret (ts,ss), Serge Lazarevitch (g), Joël Allouche (dm)





Petit coup de cœur pour cet album du trio Eric Barret, Joël Allouche et Serge Lazarevitch qui tourne déjà depuis près de 10 ans. Une décennie qui leur permet d’arriver aujourd’hui à ce point d’osmose et de compréhension mutuelle, d’automatisme et de partage si évident dès la première écoute de ce bien bel album. Car ces trois là prennent visiblement du plaisir à jouer ensemble. Pas seulement à la jouer d’ailleurs. A la créer ensemble tant à la table en la composant qu’à l’instant en l’improvisant. Refusant toute posture conceptuelle, les trois hommes, avec un bonheur rare ne rejettent pas la ligne mélodique. En témoignent des thèmes tendres comme Lou is Louise ou Les météores par exemple. Le jazz est au cœur du sujet. Et les trois hommes sur ce terrain là s’y entendent à merveille dans l’exploration de thèmes de Monk remarquablement revisités (Rythm a ning et Evidence) ou à réécrire un Au Clair de la Lune où il est question de jouer subtilement et simplement avec les harmonies. Dans cet exercice qui marche sur trois pieds, si Eric Barret insuffle une inspiration puisée dans les racines du jazz, les envolées de Lazarevitch ramènent plus au rock, moins à la manière de Mike Stern qu’à celle d’un John Scofield.

Parce qu’ils ne se laissent jamais trop fermer dans un schéma de jeu et parce qu’ils tirent leurs inspirations autant de compositions très mélodiques que de l’exploration harmonique ou rythmique d’un espace, ils offrent là un album particulièrement ouvert dans lequel le format du trio sax-guitare-batterie ne s’enferme jamais mais au contraire ouvre des perspectives, des angles et des contrastes toujours intéressants et raffinés. Dans ce trio là, chacun ne cherche pas forcément à servir le propos de l’autre mais à s’inscrire en cohérence tout en affirmant son propre contrechamp (et pas contre chant). Ainsi lorsque Eric Barret affiche le son tranchant d’un sax ténor acéré, Serge Lazarevitch arrondi les angles et étire les espaces dans lesquels s’amusent les frissonnements de Joël Allouche. 10 ans d’entente parfaite leur permettent de parvenir à cette forme de contraste complémentaire, à cette attirance des oppositions de jeu qui offre à l’auditeur un superbe relief à cette musique qu’ils ont visiblement tant de plaisir à jouer ensemble. Une totale réussite.                                                         
Jean-Marc Gelin

 

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