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Interviews


Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /2009 08:04


Hank Jones est l'invité prestigieux du festival Jazz à la Villette pour un concert solo le 11 septembre et le 12 avec Cheick Tidiane.

A 91 ans, Hank Jones garde toujours cette incroyable fraîcheur de jeu mais aussi cet héritage qui lui vient d'Art Tatum et de Teddy Wilson et dont il est l'un des derniers dépositaire. Le pianiste qui a accompagné Charlie Parker et fut pendant de nombreuses années le pianiste attitré d'Ella Fitzgerald, nous accordait il y a un an une interview dans sa chambre d'hôtel à l'occasion du festival JazzBaltica où il jouait en compagnie de Joe Lovano. Rencontre pétillante avec ce jeune pianiste mutin et drôle. Rencontre avec une légende du jazz.

 



 

DNJ : Vous et Joe Lovano semblez vous être parfaitement trouvés. D’où vient cette complicité ?

 

H.J : Joe et moi avons fait plusieurs Cd et nous avons fait ensemble une tournée très importante (NDR : en 2008). On se connaît bien tous les deux, nous sommes musicalement sur le même plan. Je ressens les mêmes choses que lui quand il joue et j’essaie de le supporter musicalement autant que je peux quand il prend ses solos. C’est une question de feeling quand on joue ensemble. Je me sens relax et je pense que lui aussi.

 

DNJ : Vous êtes tous les deux ancrés dans les racines du jazz 

 

Je ne sais pas trop ce que cela veut dire mais par exemple si vous prenez Joe Lovano, il a longtemps joué dans les big band. Il a ainsi beaucoup joué dans les big band de Thad Lewis et Mel Jones (rires) euh, Thad Jones et Mel Lewis je veux dire. Et avant il a beaucoup joué avec des gars de la Nouvelle-Orléans. Ce qui fait que, certainement nous partageons les mêmes racines.

 

DNJ : On a le sentiment que votre jeu s’épure de plus en plus. Que vous n’avez rien à prouver. Vous semblez être dans une approche directe au cœur des gens. C’est une démarche volontaire ?

 

Quel que soit l’instrument que vous jouez, vous devez jouer ce que vous ressentez et pas ce qu’un autre joue. Vous ne devez imiter personne parce que si vous faites cela vous perdez votre identité, votre âme. Vous devez toujours être vrai.

 

DNJ : Qu’est ce qui vous motive aujourd’hui pour jouer. Qu’est ce qui vous challenge ?

 

Quand je joue avec d’autres, il n’y a jamais aucune compétition dans mon esprit. La seule compétition qui existe c’est une compétition avec moi-même parce que depuis toujours j’essaie de jouer mieux que ce que je jouais avant. De concert en concert j’essaie de progresser, c’est vraiment ce que je souhaite faire. Et tous les musiciens devraient être dans cet état d’esprit même si parfois je sens qu’il n’en est pas ainsi. Si vous voulez avancer, vous améliorer, progresser techniquement, vous devez faire l’effort qu’il faut pour y arriver. Les choses changent, tout le temps. Je pense que mon jeu a tout le temps changé tout simplement parce que les choses, le monde change. Et même si c’est imperceptible, ma façon de jouer change forcément tout le temps. Je joue différemment maintenant qu’il y a 20 ans. Et je pense que, pour la plupart des musiciens, il en est ainsi tout simplement parce qu’ils essaient toujours de progresser dans leur jeu.

Quant à ma relation avec les autres musiciens, il n’y a jamais eu de notion de challenge ou de compétition. Au contraire je les écoute avec attention. Notamment les jeunes musiciens qui m‘intéressent beaucoup. Je continue à aller les entendre dans les clubs de jazz. Tenez il y a une jeune saxophoniste que j’ai découvert en allant au Smoke à New-York , Eric Alexander (1), c’est l’un des ténors les plus fins que j’ai pu entendre ces dernières années : de belles idées, de l’émotion, une technique rare, précision bref, tout.

 

 

DNJ : Quand vous jouez comme ce soir des standards comme Polka Dots and Moonbeams ou In a sentimental mood, vous pensez pouvoir découvrir encore de nouvelles choses ?

 

Il y a peut-être des choses que je peux découvrir pour la première fois mais en même temps quand vous jouez quelque chose pour la première fois avec quelqu’un c’est aussi la première fois que l’autre joue avec vous. Ce sont donc des occasions où l’on redécouvre tout.

 

DNJ : Quels ont été les moments les plus importants de votre vie, musicalement ?

 

Je crois que c’est lorsque j’ai eu la chance de travailler avec Ella Fitzgerald. Ensuite c’est certainement lorsque nous avons travaillé avec le Jazz At Philarmonic ( JATP). La troisième c’est lorsque j’ai rejoint le personnel de CBS où je suis resté 17 ans. Mais il y a tant de choses. Travailler avec Charlie Parker est aussi une des choses les plus marquantes.

Mais il y a eu tant de choses dans ma vie musicale. J’ai grandi dans une communauté près de Pontiac  où chacun était très religieux. On allait chanter à l’église. On adorait chanter tous ces gospels. Et il y avait des groupes qui venaient de Detroit chanter Swing low swing Chariot et tout ces bons vieux trucs. C’est ça mon background et c’est peut être ce qui m’a le plus marqué, au départ.

 

 

DNJ : Avez-vous eu, vous et vos frères ( Thad et Elvin) le choix de devenir musicien ?

 

Vous savez, je suis venu au jazz progressivement. J’ai d’abord fait des études musicales, des études classiques. Mais vous savez on me disait aussi qu’il n’y avait pas d’avenir dans le classique pour des pianistes comme nous. Mais à l’époque j’ai vite joué avec des groupes locaux qui venaient tout droit de Detroit, de Pontiac, de Cleveland et bien sûr de New York. Quand j’étais à New York j’ai entendu Lucky Thompson que je considérais comme l’un des meilleurs sax ténors (avec Don Byas qui était d’ailleurs le héros de Lucky Thompson). A cette époque il jouait avec Wardell Gray. Il m’a dit que Hot Lips Page cherchait un pianiste. C’était en 1944 je crois. Je me suis dit, pourquoi pas et j’ai alors rejoins son groupe. J’avais 26 ans. On a tout de suite fait une grande tournée. J’ai appris tout de suite quelque chose à propos de ces tournées «  never do that again ! » : vous voyagez dans des conditions épouvantables, vous passez d’une ville à l’autre, vos vêtements sont toujours froissés ou sales, vous mangez mal. C’est éprouvant !

 

Vous dites qu’il n’y avait pas d’avenir dans le classique lorsque vous avez démarré vos études musicales. Vous est-il arrivé de le regretter ?

 

Non j’ai dû faire un choix et je suis allé dans le jazz et cette décision je ne l’ai jamais regrettée. J’avais mes héros qui valaient bien ceux du classique : Art Tatum, Fats Waller, Teddy Wilson. C’étaient de bons modèles pour moi. Mais je n’ai jamais essayé de les imiter note pour note. Ce n’est pas une bonne méthode. Parce que, comme je le disais, si vous essayer de copier quelqu’un note pour note vous ne pouvez pas être vous même. Vous ne pouvez pas trouver votre propre identité. Mais il faut nourrir ce que vous êtes et ce que vous allez devenir, en écoutant beaucoup les autres musiciens.

Ma mère, qui est morte maintenant, a toujours soutenu mon choix.Quand elle est morte j’étais jeune mais elle a quand même pu m’entendre jouer . Elle a été surprise elle-même. Mais c’est uniquement parce qu’elle  insistait pour que je travaille et travaille encore quand j’étais gamin. C’est pour cette raison que j’en suis là où je pense ou du moins j’espère en être aujourd’hui.

 

 

Propos recueillis par Jean-Marc Gelin le 5 juillet 2008

 

 

 

 

 

 


Hank Jones né à Vicksburg, Mississipi le 31 juillet 1918

Hank Jones est né d’une famille qui a donné naissance à deux autres célèbres jazzmen, le trompettiste et compositeur Thad Jones et le batteur de John Coltrane Elvin.

Hank Jones débute en 1944 à New York dans l’orchestre de Hot Lips Page puis joue avec les plus grands, Coleman Hawkins, Ella Fitzgerald (de 1947 à 1953)

Après quelques années durant lesquelles il joua avec Artie Shaw, Benny Goodman, Lester Young, Milt Jackson, Cannonball Adderley, et Wes Montgomery, il rejoignit le personnel de CBS. Vers la fin des années 1970 et dans les années 1980, Jones continua à enregister énormément, en tant que soliste, en duo avec d'autres pianistes (incluant John Lewis et Tommy Flanagan), ou encore avec différentes sortes de petites formations, la plus connue étant le Great Jazz Trio avec Ron Carter et Tony Williams.

Hank Jones vit actuellement à New York.



(1) Sur Eric Alexander : http://www.lesdnj.com/article-23302395.html

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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 22:55

By Ludwig vanTrikt

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Scott TinklerBassist/composer Lindsey Horner recently said, "I think one thing that has really changed in the past quarter century is that the music has become so broad, so truly international and genre-encompassing that the days when jazz was one very definable, finite thing are well and truly gone." These remarks also serve to introduce this interview with the Australian trumpeter Scott Tinkler. The recent emergence of a small cadre of Australian jazz artists has yet to gather the notice of, say, Indian pianist Vijay Iyer or alto saxophonist Rudresh Mahanthappa.

Nevertheless, it's likely that a lot more will be heard from Scott Tinkler, alongside multi-instrumentalist/composer Jacam Manricks, vocalist Chris McNulty and pianist/composer/bandleader Barney McAll. Tinkler brings, perhaps, the broadest outr� sensibility of them all. His solo trumpet recording, Backwards (Extreme, 2007), poses some of the most extreme sonic sounds this side of the post-Coltrane continuum (to borrow from Braxton-speak). Yet Tinkler certainly has all the talent to convey the standard jazz curriculum, as can be heard in his quartet with pianist Paul Grabowski.

Tales of Time and Space (Sanctuary, 2009), featuring Branford Marsalis and Joe Lovano, is an essential barn-burner with the joint quintet led by Grabowski and Tinkler. This is a compelling artist from down under, with a sound and conception all his own.

This interview took place prior to Tinkler's traveling to the United States for the 2008 edition of the Festival of New Trumpet Music (FONT), in New York City.Scott Tinkler/Antripodean Collectivelink


All About Jazz: You mentioned that you will be coming to the United States for the [2008] annual FONT festival, curated by Dave Douglas. What do you see as your contribution to the ongoing language of improvisation on the trumpet?

Scott Tinkler: Yes, I'll be coming out to New York for FONT in September, and that is one hell of a question.

  lire la suite sur ALL ABOUT JAZZ........

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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /2009 07:47
 
C’est à l’occasion du festival «  Jazz à Montauban » que nous avons pu rencontrer le pianiste Yaron Herman qui jouait ce soir là en première partie de Keziah Jones. Sur la lancée du succès de ses deux derniers albums «  Time for Everything » puis « Muse » ( récemment nominé pour les Victoires du jazz ) tous deux parus sur le superbe label français Laborie Jazz, Yaron Herman poursuit tel un marathonien une tournée qui le porte aux quatre coins du monde.
Un bref concert d’une heure ce soir là, 9 juillet 23h sous le beau soleil étoilé de la belle ville du Sud Ouest de la France. Rencontre avec un pianiste exceptionnel……




Tu es Israelien, tu vis en France et tu joues avec des musiciens américains. De fait ta musique semble s’affranchir de toute frontière. Tu revendiques cette universalité ?

YH : Oui dans la même mesure oùe l’on ne peut pas classer quoique ce soit dans quoique ce soit. Par exemple on parle de jazz américain tout en y mettant des musiciens très différents et qui pourtant viennent de partout en Europe. Ce n’est pas la géographie qui fait la musique. Je connais par exemple des musiciens qui habitent en Finlande et qui jouent du jazz traditionnel.

Si l’on parle de « jazz Israélien » et te mettant toi et Avishai Cohen sur le même plan, est ce que cela fait sens pour toi ?

YH : Je ne dirais pas que cela n’a pas de sens dans la mesure où je suis Israélien et que je fais du jazz. C’est donc très pratique de prendre ce raccourci. Après, c’est aussi très facile de sortir des clichés qui sont toujours très mal adaptés à la complexité de l’être humain et du musicien.

Ce soir tu as joué une intro sur « Blame It on my Youth », grand standard du real book en allant puiser justement dans la musique traditionnelle, n’est ce pas cela ton syncrétisme ?

YH : Oui c’est un peu cela. C’est un mélange de cultures qui font partie de moi et que, sur scène je trafique inconsciemment. Cela sort de manière totalement naturelle. Ce n’est pas un collage émotionnel ou un collage d’influences. Cela ressort naturellement parce que cela a été digéré et que cela fait partie de ma vie. Cela fait partie d’un tout.

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Propos recueillis par Jean-Marc Gelin
Publié également sur le site All about jazz



     
                     
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