Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 07:59

 

Dixiefrog 2009

 

 

  Ceux qui ne savaient pas, ceux qui étaient passé à côté de ses incroyables talents de showman, ceux qui n’avaient jamais vu le Bluesman Eric Bibb en concert, ceux-là n’ont plus de raisons de se désespérer et de se lamenter en entendant leurs copains dire que c’est pas possible t’as loupé quelque chose t’aurais dû voir le gars  il est monstrueux t’es con t’aurais dû venir. Car ceux-là ont désormais au moins une petite lueur d’espoir et peuvent se rabattre sur cet album enregistré en live à Fip. Car cette performance enregistrée en décembre et mars 2008 dans le studios 104 et 105 de Radio France démontre dans toutes ses largesses, l’immense générosité d’Eric Bibb. Remarquablement accompagné par de sacrés musiciens et notamment par un guitariste épatant, Staffan Astner qui s’y connaît comme pas deux pour rajouter un peu d’huile sur les braises que la voix d’Eric Bibb n’éteint pas, il ne faut pas grand chose au bluesman pour allumer une salle. Juste trois accords de base durant plus de 8mn sur un « Needed Time » pour que s’installe une mélodie douce à vous faire chavirer toute une salle. Avec Eric Bibb, tout devient aussi simple qu’une musique un peu facile et dépouillée, navigant sans chichi entre blues, rock et country. Visiblement bien sur scène, Eric Bibb ces deux soirs (surtout le premier) était visiblement heureux d’être là,  parlant avec le public, échangeant avec lui son bonheur de voir une nouvelle ère s’ouvrir à son pays ( quelques jours après l’élection d’Obama), et tout se passait comme si Eric Bibb aurait pu jouer plus de trois heures durant sans s’arrêter. On assiste alors à ces moments magiques où le plaisir d’un artiste à être sur scène se transmet si naturellement à son public que l’on atteint alors à une sorte de relation fusionnelle. Et pour que l’on ne rate rien, le label Dixiefrog a judicieusement inséré un DVD de 20 mn prit entre scène et coulisse. Où l’on voit entre autres moments magiques Eric Bibb dans une attitude enfantine partageant un instant de musique émouvant avec son idole de toujours Richie Havens. Où l’on voit surtout cette façon qui n’appartient qu’aux grands d’attirer la lumière sans avoir à en faire des tonnes. Assurément hors des clichés du blues mais avec un immense respect pour la musique américaine traditionnelle, Eric Bibb incarne une certaine continuité de ce patrimoine musical. Et si l’envie vous prend de vous procurer ce double album vous ne pourrez plus dire « je ne savais pas » puisque par le petit bout de la lucarne d’une certaine manière vous y étiez quand même. Jean-Marc Gelin

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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 08:05

 

 

 À l’occasion de la sortie de son nouvel album chez ECM, Lost on The way autour d’une équipe de jeunes musiciens en partie renouvelée, rencontre avec l’un des maîtres de la clarinette basse, Louis Sclavis. A 56 ans celui qui a gravé avec Texier et Romano l’un des albums de jazz français le plus vendu dans l’hexagone nous livre quelques-unes des recettes de son dernier album où l’on trouve un Sclavis dans un  registre étonnamment bien plus apaisé qu’à l’accoutumée.

 

 

 

Avec cet album, vous apparaissez sous un jour nouveau, beaucoup plus apaisé. C’est un tournant pour vous ?

LS : Je ne crois pas. Tout vient en fait de l’idée sous-jacente de cet album. Tout est dans le titre : «  Lost on the way ». Je voulais partir de cette idée de « se perdre ». De ce que cela peut signifier. Il y a bien sûr l’idée, comme Ulysse de se perdre en route et il est intéressant d’évoquer musicalement ce flottement entre deux eaux. Mais se perdre, c’est aussi se perdre soi-même. Et en ce sens là l’épopée d’Ulysse est quelque chose que nous pouvons reprendre chacun sur le plan personnel. Il y a beaucoup d’humanité derrière.

 

On a le sentiment lorsque l’on entend cet album d’entendre les musiques de la grèce antique, telle qu’elles ont pu nous être restituées.

LS : C’est vrai il y a un peu de cela. Je vois à quoi vous faites référence et j’ai déjà écouté cela il y a longtemps. Mais s’il y a des correspondances c’est totalement de l’ordre du subconscient parce que j’y avais jamais songé en écrivant. En fait il n’y a pas de fil conducteur dans l’album. Là encore il est bon de s’y perdre. Mais s’il y a une cohérence à ce travail , elle est préexistante à l’album. C’est quelque chose que nous avons tous mûri ensemble

 

C’est donc un travail collectif

LS : Oui et non. Dans un sens j’amène les compositions et je suis totalement ouvert à chaque proposition des uns et des autres. Mais néanmoins il s’agit de mes compositions et au final c’est toujours moi qui décide. Je sais ce que j’ai en tête. Dans le cas présent nous avons eu pas mal de temps pour répéter et pour travailler ensemble. Chacun a vraiment eu le temps de s’imprégner du projet.

 

C’est pourtant un projet qui repose sur une formation largement remaniée par rapport à la précédente ( celle de « L’ Imparfait des Langues »). Pourquoi ce choix ?

LS : En fait Marc baron voulait se consacrer à d’autres projets. Paul Brousseau aussi voulait se consacrer à d’autres projets. J’avais entendu parler de Mathieu Metzger et Olivier Lété m’a été conseillé par Maxime ( Delpierre) qui le connaît bien. C’est donc sur ces nouvelles bases que nous sommes partis.

 

Quelles ont été vos lignes directrices sur cet album ?

LS :Nous avons beaucoup fonctionné sur le principe d’atelier. L’idée est celle d’un travail qui insiste sur un principe de base avec la répétition d’un système qui décale petit à petit. A d’autres moments, comme dans des bruits à Tisser,  nous avons préféré insister sur un seule note.

 

Vous n’avez pas voulu utiliser des voix qui seraient venues renforcer l’idée du théâtre à l’Antique,

LS : Non, j’ai préféré m’en tenir aux instruments et tourner avec les musiciens ensuite.  Mettre des voix etait tout à fait faisable, mais sur ce projet j’ai préféré rester dans quelque chose de brut. Lorsque LIMOUSINE  est sorti (l’album auquel participait Maxime Delpierre) j’ai été très impressionné par le son qu’ils etaient parvenus à créer et j’ai essayé de m’en inspirer.

 

Dans cet album vous donnez l’impression de jouer avec plus d’espace à la fois dans votre musique mais aussi dans votre propre jeu. Est ce là encore un tournant pour vous ?

LS : Cet espace auquel vous pensez est quelque chose que nous avons voulu créer. Comme on l’a dit, il s’agissait parfois de créer le flottement. Dans ce projet, vous remarquerez que je joue moins et que j’ai voulu donner plus de la place à Mathieu Metzger qui du coup donne le sentiment d’être beaucoup plus présent. Mais ne croyez pas que cela soit un tournant car c’est plutôt assez facile pour moi de laisser de l’espace aux musiciens. J’aime vraiment, comme vous aurez pu le remarquer au travers de mes différents projets, me renouveler à chaque fois. Et lorsque nous sommes en concert je n’en attend pas de résultat immédiat. En fait je laisse une grande liberté sur scène aux musiciens qui m’accompagnent. Il y a un vrai échange. Je laisse faire quitte à ce que parfois il y ait un sentiment de vide.

 

On vous compare souvent avec Michel Portal. Question de génération et aussi d’instrument ( la clarinette basse). Comment le vivez vous

LS : On sait bien cela avec Michel. Mais cela fait tant d’années que l’on nous compare sans cesse que cela a fini par nous amuser.

 

Quels sont vos maîtres ?

LS : Je n’ai aucun maître. Ce n’est pas cela qui me détermine. Je préfère que l’on parle d’influences. Et là il faut élargir le spectre. Ces influences peuvent être picturales par exemple. Ainsi une exposition comme celle récente consacrée à Emil Nolde a eu beaucoup d’importance pour moi. De la même manière en musique parmi les gens que j’écoute ey qui peuvent m’influencer, quelqu’un comme Jim Black fait assurément partie de ceux là.

 

Propos receuillis par Jean-marc Gelin

 

Pour se faire une idée d’une autre facette de Louis Sclavis, il faut absolument visiter son magnifique blog et découvrir ses talents de photographe « mobile » ( entendez par-là les photos prises depuis un portable)où l’on découvre l’œil de Sclavis aussi précis et affuté que ses chorus de clarinette.

 

http://louissclavis.blogspot.com


 

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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 08:02

 

Fresh Sound New talent 2009

Vincent Bourgeyx (p), Matt Penman (cb), Ari Hoenig (dm)

 

 Le petit dernier du pianiste Vincent Bourgeyx, bien nommé «  Again » est, on peut le dire une petite merveille dans le genre trio jazz acoustique piano-basse-batterie. Il y a là tout ce que l’on aime dans l’exercice : un pianiste ouvert et pas nombriliste pour un sou qui semble survoler son clavier avec autant de légèreté que de swing et qui s’entoure d’une section rythmique exceptionnelle. On ne peut manquer d’être séduit par l’art de l’improvisation de Vincent Bourgeyx qui ne prend jamais la tournure de l’exercice de style mais plutôt d’une belle (ré)incarnation de la musique. Variant les plaisirs le pianiste passe avec la même aisance des standards à ses propres compositions ou encore à des thèmes classiques. Qu’il s’agisse du vivifiant Giant Steps, ou de ces trois versions sublimes de Come Sunday, Cry me a river et enfin The Good Life, Vincent Bourgey donne chaque fois le sentiment qu’il est bien, à l’aise dans sa musique au point de la faire vivre en studio comme en club. Totale aisance harmonique et rythmique, aucune pesanteur dans le jeu, aucune urgence non plus. De manière un peu moins convaincante Bourgeyx s’attaque à Chopin ou Fauré jazzifiés à merveille, mais qui semblent un peu relever de l’exercice de style, prétexte à un espace d’improvisation. Suivent ensuite 4 déclinaisons d’un même thème composé par le pianiste, Alice où pour le coup l’exercice très intéressant est loin d’être répétitif ou scolaire et éclaire de 4 facettes différentes une même structure réalisant ainsi une suite cohérente et polymorphe à la fois. Il est vrai aussi que le pianiste peut, comme on l’a dit s’appuyer sur une rythmique exceptionnelle qui donne à chaque thème un relief différent. Matt Penman associé à Ari Hoenig représente en effet l’une des meilleures sections rythmiques qui soit. Association qui joue beaucoup sur l’inventivité exceptionnelle du batteur, certes envahissant mais dont les coups de génie, les phrases rythmiques inventées toujours à bon escient, les contre-temps et la fébrilité sensuelle illuminent tout.  Avec audace Hoenig joue ainsi les chants en contrepoint dans des moments audacieux de pure folie, décalée mais toujours brillante. Quand au contrebassiste ultra solide dans son placement, il affiche une rondeur en totale empathie avec le trio contribuant de manière essentielle à créer ce son de groupe si séduisant qui nous embarque une heure durant dans un swing élégant et brillant. Jean-Marc Gelin

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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /Juin /2009 07:43



Festivals à venir



RENCONTRES IMPROVISÉES DU PRIEURÉ / Joëlle Léandre, Géraldine Keller, Daunik Lazro, Didier Lasserre, Benjamin Duboc, Sylvain Guérineau, Rasul Siddik  
Encore peu d'informations sur ce festival qui aura lieu en Touraine dans le 86 au Prieuré de St Sulpice.
Concerts le samedi 25 Juillet à 16h et à 20h et le dimanche 26 à partir de 14 h.
(Hébergement possible à Dangé Saint Romain, Descartes, Chatellerault... nombreux hôtels, gîtes, chambres d'hôtes, camping... voir le site : http://www.tourisme-vienne.com/)




Festival de jazz de la Petite Pierre
 

du 7 au 16 août 2009, concerts à 14 h 30, 17 h et 21 heures

Programme

Vendredi  7 août 21 heures : OMAR SOSA SOLO
Samedi 8 août 17 heures : SHEZAR
21 heures : AHMAD JAMAL
Dimanche 9 août 17 heures : OMARA PORTUONDO 
21 heures : KOCANI ORKESTAR
Lundi 10 août 21 heures : ENGE ENSEMBLE
Mardi 11 août 21 heures : RINGO LORIER quartet
Mercredi 12 août 21 heures : Ciné Concert “WONDERFUL WORLD” : DE CHASSY/ YVINEC /CARLIER
Jeudi 13 août 21 heures : STIMMEHORN
Vendredi 14 août 21 heures : ERIC LEGNINI TRIO
Samedi 15 août 14 h 30 : lauréat du concours IMPUL’SONS  (connexion : « impulsons.DNA.FR »  )
17 heures : AZZONGA
21 heures : TRIO ROSENBERG
Dimanche 16 août 14 h 30 : DORADO SCHMITT / MARCEL LOEFFLER  ET INVITES
17 heures : BIRELI LAGRENE GIPSY TRIO invite FLORIN NICULESCU



Tarifs de 11 à 22 € selon concerts, possibilités d’abonnements

Renseignements :
OFFICE DU TOURISME DU PAYS DE LA PETITE PIERRE, 2a rue du château 67290 La Petite Pierre
03 88 70 42 30 ou  ot-paysdelapetitepierre.com

 



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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 08:08

Eagle Vision

Rand Breker,  Wynton Marsalis,  Lew Soloff, Jack Walrath, Joe Wilder, Snooky Young (tp), Eddie Bert, Sam Burtis, Paul Faulise,  Urbie Green, David taylor, Britt Woodman (tb), Don Butterfield (tuba), John Handy, jerome Richardson, Bobby Watson (as), Georges Adams, Phil Bodner (ts), Gery mulyan, Roger Rosenberg (bs), Dale Kleps (clb), Michael Rabinowitz (htb), Sir Roland Hanna, Jon Hicks (p), Reggie Johnson, Edwin Schuller (cb), Karl Gerger (vb), Victor Lewis (dm), Daniel Druckman (perc), Gunter Schuller (dir)



 

En 1989 fut donné un concert au Lincoln Center de New -York à l’occasion des 10 ans de la disparition de Charles Mingus. Concert prestigieux s'il en est dans les boiseries de cette salle majestueuse où, sous la baguette de Gunter Schuller, la fine fleur des « vétérans » du jazz se retrouvaient réunis pour interpréter pour la première fois dans son intégralité, l’œuvre magistrale de Mingus. Une œuvre à la dimension de son génie regroupant d'une traite 18 morceaux, près de 500 pages de partitions pour plus de 2h20 d’un concert stupéfiant retransmis dans son intégralité par une production TV anglaise (Channel Four). Certains des thèmes d’Epitaph, étaient déjà connus, déjà entendus et joués par Mingus lui-même. Mais aucun support phonographique n’avait encore donné cette œuvre dans sa globalité. Et c’est d’un moment fondamental dont il s’agit. Car (excusez les superlatifs) l'œuvre à laquelle s'est consacré Mingus pendant plusieurs décennies est assurément une des œuvres majeures de l'histoire du jazz. Un chef d’œuvre devrait-on dire, qui atteint à la dimension Ellingtonienne, foisonnante, complexe, plongeant dans toute l’histoire du jazz. Celle où l’on retrouve toute la musique de Mingus dans une lecture aussi moderne que résolument ancrée dans cette histoire du jazz qui va du gospel au blues, jouant des dissonances, remettant à l’antique les chœurs de trombones et de cuivre sur le devant, maniant les ostinatos comme pour faire émerger ces moments où les voix se mêlent dans des moments de paroxysme très forts et denses. Comme dans tous les chefs d’œuvre Ellingtoniens  Mingus laisse une place essentielle aux solistes, ici magnifiés et qui ce soir-là , tous extraordinaires atteignaient là leur part d’héroïsme gravé dans le marbre ( disons plutôt sur la pellicule). On pense notamment aux envolées spectaculaires de George Adams qui dans cet orchestre "Mingus Epitaph" de Gunter Schuller semblait trouver, trois ans avant sa disparition une dimension hors du commun. Mais il serait juste de citer aussi John Handy ou Bobby Watson et tous les autres qui, à l’assaut  de cette sorte de monumentale vallée du jazz ressemblaient un peu à cette cavalerie fordienne, valeureux vétérans héroïques d’une époque du jazz dont ils transmettaient la flamme et les valeurs fondamentales.

Si l'ensemble de la captation donne un peu une couleur sépia légèrement « ringarde », l'équipe de tournage a réalisé cependant l'exploit de restituer au mieux le son en évitant les effets d'échos et en promenant sa caméra sur des plans rapprochés toujours très efficaces et particulièrement sobres.

Ces images témoignent assurément d'une des plus belles plages de l'histoire du jazz qui atteignent sans conteste la dimension de Black Brown and Beige : un monument !

Jean-Marc Gelin

 

 

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